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FONDATEUR DES CONGRÉGATIONS RELIGIEUSES DE STEYL
Arnold Janssen
Une vie au service de l’Église universelle

Arnold Janssen
(1837–1909)

Fondateur

  • des Missionnaires du Verbe divin
  • des Sœurs Missionnaires Servantes du Saint Esprit
  • des Sœurs de l’Adoration Perpétuelle de Steyl

Canonisé le 5 octobre 2003

« La proclamation de la Bonne Nouvelle
est l’œuvre la première et la plus importante
de la charité fraternelle. »

Arnold Janssen

A.J.

Notes biographiques
5.11.1837 Naissance à Goch / Rhénanie – Allemagne
1848-1855 Lycée à Goch, petit séminaire Gaesdonck
11.07.1855 Baccalauréat à Munster
1855-1859 Études de philosophie, mathématiques, sciences naturelles à Munster et Bonn
1859-1861 Étude de théologie à Bonn et Munster
16.06.1859 Agrégation enseignement secondaire
15.08.1861 Ordination cathédrale Munster
1861-1873 Enseignant au lycée de Bocholt.
1866 Membre de l’Apostolat de la Prière. Début des activités et publications de l’Apostolat de la Prière en Europe germanophone
1873-1875 Vicaire des Sœurs Ursulines à Kempen
1874 Fondation de la revue missionnaire « Petit Messager du Sacré Cœur »
3.12.1874 Autorisation de fondation d’une Maison missionnaire dans le diocèse de Roermond (Pays-Bas)
8.09.1875 Inauguration de la Maison missionnaire « St Michel » à Steyl
27.01.1876 Ouverture imprimerie missionnaire à Steyl
1878 Fondation revue « Stadt Gottes » (Cité de Dieu)
1878 Accueil des premiers Frères postulants
2.03.1878 Envoi des premiers missionnaires en Chine : J. Freinademetz et J.B. Anzer
1884-1886 Premier chapitre général et fondation formelle de la Congrégation du Verbe divin (appelée : missionnaires de Steyl – SVD) Arnold Janssen élu supérieur général à vie. Ouverture de Missions sur tous les continents.
8.12.1889 Fondation de la Congrégation des Sœurs Missionnaires de Steyl
8.12.1896 Fondation de la Congrégation des Sœurs de l’Adoration de Steyl
15.01.1909 Arnold Janssen décède à Steyl
19.10.1975 Béatification par Paul VI d’Arnold Janssen et J. Freinademetz
05.10.2003 Canonisation par Jean-Paul II d’Arnold Janssen et J. Freinademetz

DES SAINTS
PRÉSENCE ET REGARD DE DIEU

Voici un extrait pertinent du Concile Vatican II (L.G.50) :

« C’est en effet dans la vie de ceux qui, tout en partageant notre condition humaine, reflètent pourtant davantage les traits du Christ (2Cor 3,18), que Dieu se fait présent, qu’il manifeste avec éclat son visage. En eux c’est lui-même qui nous parle et nous montre le signe de son Royaume; et c’est vers ce Royaume que, guidés par ces hommes, témoins de la vérité de l’Évangile (He 12,1) nous nous sentons puissamment attirés.

Cependant nous ne vénérons pas la mémoire des saints uniquement pour leur exemple, mais plus encore pour que l’union de toute l’Église dans l’Esprit se fortifie par la pratique de la charité fraternelle (Ep 4,1-6). Car, de même que notre communion de chrétiens en marche vers Dieu nous rapproche davantage du Christ, ainsi la fraternité entre nous et les saints nous unit au Christ, Source et Tête, qui dispense toute grâce, et la vie du Peuple même de Dieu. »

Le but de toute canonisation est de mettre en évidence la présence de Dieu dans nos vies, notre communion avec Jésus Christ, et l’unité de l’Eglise entière comme un signe de l’Esprit du Royaume de Dieu déjà présent sur cette terre. Sans cette prise de conscience, les saints que nous vénérons nous apparaîtraient trop facilement comme des « superstars » aux pouvoirs magiques, juste pour nous dépanner dans toute situation de détresse. Car la première tâche des saints, qui étaient des gens ordinaires comme nous, c’est d’être des signes vivants de la libération et de la guérison par Dieu dans la vie quotidienne, nous qui sommes le peuple et la famille de Dieu. Par leur vie et leurs actions, leurs qualités et leurs faiblesses, ils nous montrent aussi où conduit notre chemin.

Dieu nous parle à travers la vie des saints de façon diverse et inattendue. Telle la vie d’Arnold Janssen, vie toute simple et sans éclats par laquelle Dieu a réalisé des choses extraordinaires.

On pourrait se demander ce qui fit d’Arnold Janssen un saint, de ce caractère tout à fait ordinaire et quelquefois même gauche et difficile. Le cardinal Rossi, postulateur officiel de la béatification d’Arnold Janssen en 1975, a donné cette réponse surprenante mais pertinente : « Arnold faisait des choses ordinaires de façon extraordinaire. »

C’est ainsi que ce professeur d’enseignement secondaire, pas particulièrement charismatique, devint le fondateur d’une famille religieuse missionnaire, qui compte à l’heure actuelle 10.000 personnes, hommes et femmes, de tous continents et cultures.

Dans la vie et l’œuvre de Saint Arnold, Dieu se révèle comme le Dieu de la vie pour tous, un Dieu qui est une « Bonne Nouvelle » pour tout le monde. Vivre ce message et le transmettre en paroles et en actes a été la passion de sa vie et reste son héritage permanent.

« Ce n’était pas moi,
c’était le Seigneur. »
A.J.

Comment Arnold Janssen s’est vu,
comment il a vu son œuvre.

Voici un extrait d’une adresse d’Arnold Janssen à ses missionnaires en Chine en 1886.

« Cette vigne du Seigneur, chers confrères, c’est notre Société avec tous ses champs d’apostolat confiés à ses soins. C’est la main du Seigneur qui l’a plantée et soignée; le soleil, la pluie et la croissance viennent de lui. Je ne peux pas me jeter des fleurs, m’accorder le moindre crédit, à part ma pauvre collaboration, et même cela ne peut être considéré comme du mérite. L’idée n’est pas venue de moi, ni la persévérance de tenir bon contre d’énormes difficultés, ni le puissant secours dans l’accomplissement de la tâche et le soutien malgré la méfiance généralisée. Ce n’était pas moi mais le Seigneur qui a éveillé les vocations et leur a donné le courage et la force de rester fidèles à leur résolution. Et qui aurait pourvu aux moyens financiers nécessaires tandis que les besoins augmentaient de jour en jour si ce n’est le Seigneur ? Vraiment, nous devons tous être convaincus de ceci : la fondation, la sauvegarde et la continuation de la Congrégation n’a d’autre auteur que Celui qui règne dans les cieux et dirige toute chose sur la terre. »

Arnold Janssen en son temps

Quand Arnold Janssen rencontra l’archevêque de Cologne, Mgr Melchers, en 1875, pour lui demander son soutien pour une fondation missionnaire allemande, il reçut cette réponse désabusée : « Nous vivons dans un temps où tout semble perdre son équilibre et couler et te voilà qui demande à commencer une nouvelle expérience ? N’y a-t-il pas assez de païens à convertir à Cologne » ?

La deuxième moitié du XIXe siècle fut un temps troublé et agité : le sommet du nationalisme, du colonialisme, et de l’impérialisme européens. Ce fut un temps d’accomplissements culturels magnifiques ; le temps où la révolution industrielle affirmait une confiance illimitée dans le progrès, stimulée par des inventions, découvertes et innovations sur le plan de la technologie, de la production, de la médecine, de l’agriculture, du transport et des mass media. Ce fut aussi un temps d’agitation dans la société civile causée par l’émergence des syndicats de travailleurs. L’Europe « coloniale » était occupée à se partager presque toute la planète. Ce fut le temps de Karl Marx, Friedrich Nietzsche et Charles Darwin.

Début 1871, l’Eglise catholique d’Allemagne était prise dans le « kulturkampf » du nouvel empire allemand de Bismark. De nouvelles lois restrictives bloquaient continuellement et de façon drastique toute l’activité des prêtres, des ordres religieux et des associations catholiques.

En même temps, un enthousiasme missionnaire croissant se levait sur toute l’Europe. Bon nombre de congrégations missionnaires et d’initiatives semblables datent de cette époque. Sur le plan géographique, l’Église européenne devenait l’Église universelle. Dans cette situation d’agitation dramatique généralisée, Arnold Janssen a su lire les signes des temps. Toute son œuvre fut une réponse concrète et adaptée à sa recherche de ce qu’il reconnaissait comme la volonté de Dieu.


Un peu de biographie

LES PREMIÈRES ANNÉES

Arnold naquit le 5 novembre 1837 à Goch, petite ville de la basse Rhénanie d’Allemagne, non loin de la frontière hollandaise ; il était le deuxième de onze enfants. Ses parents s’appelaient Gérard Janssen et Anne Catherine. Son nom de jeune fille n’est pas mentionné. Voici comment il décrit lui-même sa maison paternelle : « A part quelques lopins de terre qui lui appartenaient, mon père avait la plupart de ses terres en location. Pour les cultiver il avait deux chevaux. A part ses travaux des champs, il faisait du transport et, en principe, une course à Nimègue (Hollande) chaque semaine. Quand on attendait le retour de papa, maman nous envoyait un bout de chemin à sa rencontre. » Dans cette famille nombreuse, Arnold apprit très tôt le sens du service, qu’il faut se contenter de peu et aimer l’effort.

La vie familiale des Janssen était caractérisée par une vie de prière profonde et une grande fidélité à l’Eglise catholique. Ceci se voit surtout dans leur dévotion à la sainte Trinité et leur vénération du Saint Esprit. En mourant en 1870, Gérard Janssen léguait cette spiritualité familiale à tous ses enfants : « Ne manquez jamais la messe du dimanche en l’honneur de la Trinité, en action de grâce pour toutes les bénédictions de la semaine, et assistez à la messe du lundi matin en l’honneur du Saint Esprit pour implorer les bénédictions pour la semaine qui vient. » De sa mère, Arnold disait simplement : « Elle avait un grand amour de la prière. »

Quand Arnold eut dix ans, le vicaire de la paroisse, Henri Ruiter, persuada ses parents de l’envoyer à l’école secondaire, à Goch d’abord, puis au petit séminaire diocésain de Gaesdonck. Ses cours préférés étaient les mathématiques et les sciences naturelles. En juillet 1855, il obtint son baccalauréat à Munster.

1837
Arnold Janssen
naquit à Goch.
Sa mère
Anne Catherine
« avait un grand amour
de la prière. »


« Arnold Janssen »… Entrée au registre des baptêmes de Goch

Années d’études
Son objectif : être prêtre enseignant

1857
Arnold Janssen (centre)
entouré de compagnons.
Il étudia
les sciences naturelles,
la philosophie
et la théologie
à Munster
et à Bonn

Après son baccalauréat, Arnold se rend à Munster pour commencer l’étude de la théologie. Mais déjà à la fin du second semestre, il écrit : « Voici que, me trouvant devant la décision de commencer la théologie maintenant ou plus tard, je vais me décider à entamer d’abord l’étude des mathématiques et des sciences naturelles afin d’obtenir d’abord un diplôme et de me mettre à la théologie par la suite.»

Ceci confirmait clairement le choix qu’il s’était fixé à l’entrée de l’école secondaire diocésaine. Il envisageait de devenir prêtre enseignant. Son évêque lui donna son accord. Il commença donc ses études à Munster au dernier trimestre de 1855, pour continuer après à Bonn l’étude des mathématiques, des sciences naturelles et de la philosophie avec le sérieux et la détermination qui étaient les siens. En 1859 il obtint le diplôme pour enseigner ces matières, mais il entra au grand séminaire de Munster pour commencer l’étude de la théologie. Le 15 août 1861 il fut ordonné prêtre.

« Digne d’éloges
est la vie de celui qui donne tout. »

De sa vie d’étudiant aucun événement particulier n’a été rapporté. En 1858 il participa à une compétition en mathématiques à l’université de Bonn, où il obtint le premier prix et qui fut retenue comme sa thèse d’examen pour son diplôme d’enseignant. Il invita son père âgé à la cérémonie de la distribution des prix. « Papa était ravi du succès de mon travail », écrivait-il. Son éducation et sa formation à la maison et au petit séminaire lui avaient appris comment échapper aux dangers de la vie estudiantine. Ce qu’il écrivait en 1857, de Bonn au recteur du petit séminaire, donne l’impression d’une vie proprement ascétique d’un point de vue moderne : « Ma vie à l’université du lieu est d’une extrême simplicité et monotonie. Chaque jour je vais à l’église, puis j’étudie jusque vers neuf heures. Après cela je descends la belle avenue qui conduit au collège de Poppelsdorf, et deux heures plus tard je rentre. A quatre heures j’assiste à un séminaire qui présente des discussions ou des conférences. Je ne fréquente pas de bistrots ni de réunions d’étudiants. Notre unique détente est une promenade au village voisin, un beau dimanche après-midi ; nous y prenons une tasse de café et jouons un peu aux dominos. J’ai souvent la nostalgie du beau temps de Gaesdonck. En effet, maintenant que je dispose d’une totale liberté académique ici, le souvenir de Gaesdonck m’est d’autant plus précieux. »

PRÊTRE ET ENSEIGNANT
À BOCHOLT (1861-1873)

1865
1895 Arnold Janssen
Jeune prêtre
et enseignant
au lycée de Bocholt.

À l’âge de vingt-quatre ans, le tout jeune prêtre Arnold Janssen se lança dans l’enseignement à l’école secondaire à Bocholt en octobre 1861. À cette époque l’école était en complète réorganisation. Pendant ses premières années à Bocholt cette activité prit tout son temps, surtout qu’il n’y allait pas par quatre chemins. On lui avait aussi confié la bibliothèque du personnel, ainsi que la collection des ouvrages scientifiques qu’il développa et agrandit en connaissance de cause ; en outre, il donnait un coup de main à la pastorale de la paroisse. Arnold Janssen était qualifié pour l’enseignement des mathématiques et des sciences naturelles dans toutes les classes du secondaire, chose plutôt rare parmi les prêtres du diocèse de Munster. Néanmoins, durant ses douze années comme enseignant, il ne fut jamais sollicité par aucune des écoles plus prestigieuses. De même il ne fut jamais responsable de classe, bien qu’il donnât souvent la moitié des cours dans les classes supérieures.

Il était le « petit prêtre », comme les gens de Bocholt l’appelaient. Il mesurait à peine un mètre soixante-cinq et était de constitution fragile. A l’examen physique pour le service militaire, il fut déclaré « inapte, dû à la faiblesse générale du corps et de la poitrine. » Bref, il n’en imposait pas par son physique. Puisant dans ses souvenirs, le directeur de l’école de Bocholt raconte : « Il préparait bien ses cours, gardait les instruments du laboratoire en bon état, réalisait les essais de ses expériences avant de se présenter devant la classe, et corrigeait soigneusement les devoirs de ses élèves. Mais il ne savait pas comment gagner le cœur de ses étudiants. Ils avaient horreur de ses punitions. »

Il y a encore un autre aspect à son caractère. Arnold était connu pour être un homme de prière infatigable. « Ainsi, toujours selon de directeur de l’école, le père Janssen était un homme de prière mais pas très sociable ni accessible. Généralement, il arrivait en retard pour le déjeuner parce qu’il aimait faire un Chemin de croix entre les classes et le repas. » Un ancien étudiant se souvient : « Nous autres, étudiants, nous savions quand il avait prié toute la nuit. Il arrivait alors qu’il s’assoupit pendant la leçon de français. Alors on se disait : Janssen a encore fait une nuit blanche. Mais cet homme ne manquait pas de nous impressionner. Il nous disait : Priez, priez toujours, priez beaucoup. Chaque jour on le voyait faire ses deux « Chemin de croix », une fois avant et une fois après le déjeuner. Je pense que c’est cela qui lui donnait cet esprit apostolique. »

Il n’est donc pas surprenant qu’il ait commencé à douter d’être à sa place à Bocholt. En faisant un retour sur le temps passé à Bocholt, Arnold Janssen révéla le fond de sa pensée par ces mots : « Jadis, quand j’étais à Bocholt, je me demandais : pourquoi ai-je choisi l’enseignement ? Pourquoi pas quelque part ailleurs où on pourrait faire plus de bien ? Mais mon évêque me disait : « c’est la Providence qui te guide. » Ainsi, je ne broyais pas du noir et faisais ce qu’il m’incombait de faire. Des années plus tard, lors de la fondation de la première Maison missionnaire, la vérité se fit jour dans mon esprit : après tout j’avais été à la bonne place pour me préparer à mon travail futur. » Sur le plan matériel, Arnold Janssen vécut très modestement durant ses années à Bocholt. Tout d’abord, il devait rembourser sa bourse d’études pour Bonn et Munster. Et à partir de 1865 il paya les études de son frère Jean, son cadet de seize ans, à l’école et à l’université. Cela représentait plus de dix pourcent de son salaire. A partir d’avril 1866, il dépensa des sommes considérables pour ses voyages et l’Apostolat de la Prière qu’il avait assumé en plus de son professorat. De cette activité secondaire, au fond, sa vie va recevoir une nouvelle direction inattendue.

HOMME DE PRIÈRE ET APÔTRE ITINÉRANT
PROMOTEUR DE L’APOSTOLAT DE LA PRIÈRE

Dès le début, la prière a eu une signification profonde dans la vie d’Arnold Janssen ; d’abord par l’exemple de ses parents, puis au petit séminaire et enfin pendant ses années à l’université. Comme prêtre enseignant, son attitude fondamentale a été celle d’un homme de prière continuelle. Cela lui permit de voir au-delà de ses insuffisances humaines, d’être fort face aux contretemps et malentendus, d’abandonner des semblants de sécurité, et d’affronter de nouveaux défis. La conviction que « ce n’était pas lui mais le Seigneur », était comme le foyer qui constituait le centre de sa vie et de son activité – pas seulement en considérant ses réussites, mais aussi, et surtout, en acceptant ses échecs sur le plan humain.

L’Apostolat de la prière a été fondé par un groupe de Jésuites, professeurs et étudiants, au sud de la France en 1844. Leur but était de conduire des gens quelconques à la prière comme école d’entraînement vers une foi vécue. Le Messager du Sacré Coeur de Jésus était le bulletin d’information de ses membres. Le premier numéro de ce bulletin a paru en juin 1861, juste avant l’ordination d’Arnold Janssen. En avril 1866, il s’y affiliait. Son certificat d’affiliation déclare : « Arnold Janssen a été accepté comme promoteur de la vénération du Sacré Cœur de Jésus et de l’Apostolat de la prière. »

Mais cela ne lui suffisait pas. Voici ce qu’il dit à ce sujet : « Lors de l’assemblée générale des Associations catholiques d’Allemagne, qui eut lieu à Innsbruck en Autriche en 1867, je suis allé faire un grand tour par là. A cette occasion, je fis la connaissance du père Malfatti s.j., directeur de l’Apostolat de la prière pour l’Allemagne et l’Autriche. Il m’a demandé de prendre la coordination de l’association dans le diocèse de Munster, ce que j’ai fait. Pendant l’arrière-saison, j’ai visité le tombeau du curé d’Ars et l’Exposition industrielle à Paris. A partir de ce moment-là, je me suis davantage intéressé à l’Apostolat de la prière… J’ai utilisé mes jours de congé pour promouvoir l’apostolat dans le diocèse de Munster. Les autorités du diocèse m’ont officiellement confirmé comme directeur de l’Apostolat. Je me suis surtout efforcé de faire croître l’esprit de la prière d’intercession, par exemple le rosaire, aux intentions du cœur de Jésus…L’Apostolat de la Prière a été introduit dans presque tout le diocèse de Munster. Il n’y a sans doute pas un curé auquel je n’ai pas rendu visite dans ce but. »

« Tout devient possible
par la force de la grâce de l’Esprit Saint »
A.J.

Toute cette activité pour promouvoir l’esprit de prière, qu’il vivait lui-même à fond, fit d’Arnold un « apôtre itinérant ». Dès le début des congés scolaires, il était en route, souvent même à pied. En 1873 il avait déjà visité 300 des 350 paroisses du diocèse – et souvent dans les territoires à l’entour. A l’imprimerie à Paderborn, il écrivait en 1872 : « J’ai fait une tournée de cinq semaines pendant ce congé afin de promouvoir la prière du chapelet selon la méthode retenue sur la carte de prière. Le succès du projet m’a conduit successivement à travers les diocèses suivants : Cologne, Trèves, Luxembourg, Metz, Strasbourg, Suisse alémanique, Augsbourg, Munich, Salzbourg, Passau, Regensbourg, Mayence, etc. »

Le succès de ce projet dévoile, en effet, un autre talent, jusqu’ici quelque peu caché, d’Arnold Janssen et qui s’est révélé au cours des années où ’il travaillait à l’Apostolat de la prière, notamment son aptitude à écrire et à publier. Immédiatement après son engagement dans l’Apostolat, il publiait, à Dusseldorf une petite brochure sous le titre : « Association de l’Apostolat de la prière pour la pratique de la prière d’intercession au Sacré Cœur de Jésus. » Le livret parut simultanément dans Sud de l’Allemagne et en Autriche. Il envoya tout de suite un exemplaire à sa famille avec le commentaire : « Depuis longtemps, j’ai désiré écrire. J’ai toujours attendu ce moment. Lisez attentivement ce petit livret, qu’il vous inspire dans vos prières. Lisez et priez encore et encore jusqu’à ce que vous compreniez tout. » Une année plus tard parut une deuxième édition (tirage : 15.000 ex.), sous le titre : « Livret d’admission à l’Apostolat de la prière et à la fraternité du Cœur Sacré de Jésus. » En 1880, quatre éditions supplémentaires parurent, portant le total à 90.000 exemplaires. En plus de cela il publia une autre série de brochures et de feuillets de prière, parmi lesquels une introduction à la prière du rosaire, qui fut très populaire.

Le principe qui sous-tendait tout cela était le suivant : par leurs prières coutumières comme le chapelet, les gens doivent être guidés vers une attitude de prière d’intercession, de façon à engager une conversation avec Dieu à propos des grandes et petites intentions de la vie et de l’Église ; ils s’ouvriront ainsi plus facilement à Dieu et seront conduits vers un amour concret et agissant du prochain.

Évidemment, Arnold Janssen est tributaire de son époque et s’exprime donc dans les termes et le langage théologiques de ce temps. C’est pourquoi on voit fortement soulignée la dévotion au Sacré Cœur de Jésus, très populaire à l’époque ; cela le conduisit de plus en plus vers la contemplation du mystère trinitaire. Et il fut aussi tributaire de son temps quand il se laissait guider par la grande intention de son époque : « la retour des peuples séparés à la foi. » Avant-gardiste, il voyait cette intégration comme le fruit de l’action et de la grâce de Dieu, que nous devons implorer par la prière.

« Que le Dieu Trine,
la toute-puissance du Père, la sagesse du Fils, et l’amour du Saint Esprit,
soient connus, aimés et loués par tous. »

Au mois de septembre 1869, Arnold Janssen prit part à l’assemblée générale des Associations catholiques à Dusseldorf. En sa qualité de directeur diocésain de l’Apostolat de la Prière du diocèse de Munster, il proposa que l’apostolat de la prière soit recommandé à tous les catholiques allemands. Sa proposition fut acceptée d’un commun accord, probablement surtout à cause de son engagement personnel et de son œuvre de publication. Le bulletin de l’Apostolat notait : « Grâce à la recommandation de l’assemblée générale, l’Apostolat de la prière a quitté la cour intérieure de l’ascétisme à laquelle elle était largement confinée et va se faire connaître maintenant sur un plan plus vaste. » Cette parole quelque peu prophétique était applicable à la vie d’Arnold Janssen en personne.

Ces événements révélaient, si ce n’était déjà le cas plus tôt, un Arnold Janssen différent et plus mûr à 33 ans. Cet homme qui passait, à l’école de Bocholt, comme « un homme de prière mais très peu sociable et difficile à aborder », cet homme qui avait l’habitude de ne parler qu’en classe et occasionnellement dans une église, s’était transformé en homme de l’arène publique qui savait faire passer son message et sur le plan personnel et par les mass media. Auparvant, il avait trouvé difficile d’aborder les autres, maintenant il n’avait pas la moindre difficulté à aller frapper à la porte de n’importe quelle paroisse pour parler et intéresser les gens à l’Apostolat de la prière. Il n’éprouvait aucune gène à aborder évêques ou dignitaires avec son message. Ses voyages incessants et la grande diversité de ses contacts élargissaient sa vision et sa réflexion bien au-delà des limites de Bocholt.

Sa situation pendant ces années se révéla des plus compliquées : d’un côté, il ressentait frustration et déception dans son travail de professeur de mathématiques qui ne le satisfaisait pas ; d’un autre côté, il sentait un grand appel au service de l’Apostolat de la prière. Il avait, bien sûr, la sécurité sur le plan financier comme enseignant mais qui ne lui donnait pas satisfaction ; en face de quoi il voyait une vie incertaine dans ce service de l’Apostolat qu’il commençait à considérer, néanmoins, de plus en plus comme sien.

Un conflit avec la direction de l’école à Bocholt, en 1873, provoqua la décision. C’était à propos d’une statue de la Vierge qu’Arnold avait acquise en 1868 et qu’il voulait placer dans le hall de l’établissement. Bien que ce fût une école catholique, on y accueillait également des élèves protestants et juifs. Les avis étaient partagés entre la direction et Janssen. A propos de ce malentendu il avait demandé, en 1870 déjà, que l’évêque de Munster le libère de l’école pour pouvoir se consacrer à des activités purement religieuses. Il n’obtint pas gain de cause. Mais tel ne fut plus le cas en 1873. À cette époque, le Kulturkampf était bien lancé. Dans le nouvel empire germanique sous le drapeau prussien, les activités scolaires de l’Église catholique furent drastiquement limitées vers la fin de 1871. Il n’y avait vraiment plus de place pour une statue de la Vierge. Arnold Janssen en tira les conclusions et donna sa démission en 1873.

DU PÉRIODIQUE MISSIONNAIRE
À LA MAISON MISSIONNAIRE

1874
« Petit messager
du Sacré Cœur.»

Le premier périodique
missionnaire
d'Arnold Janssen.

Arnold Janssen honora ses obligations scolaires jusqu’à la fin de l’année académique 1872/1873. A partir de ce moment-là, à trente-six ans, il fut libre de commencer une nouvelle étape de sa vie. En octobre 1873, il s’engagea comme aumônier des Sœurs Ursulines qui dirigeaient un internat à Kempen. Cela lui donna l’occasion de se consacrer plus à fond à l’Apostolat de la prière. En juillet 1873, il décrivait sa situation comme suit : « J’étais prêt à me donner encore plus à cet apostolat, même d’y consacrer ma vie avec toutes mes forces et mes capacités ; tout ce je que désirais était que le Dieu trois fois saint inonde le monde des richesses de son Esprit de grâce et de prière. »

Mais il voulait réaliser un projet qui était né à Bocholt : publier un périodique mensuel populaire pour la promotion de la prière et pour stimuler la participation aux grandes intentions du Sauveur, en particulier la propagation de la foi. Avec son sérieux habituel il se mit à la besogne. Les nombreux contacts et relations qu’il avait acquis par ses activités au niveau de l’Apostolat de la prière, ainsi que son expérience dans le cadre de la publication lui furent d’une grande aide. Déjà en janvier 1874, parut le premier numéro de son périodique le « Petit messager du Sacré Cœur. » Le titre, il l’avait emprunté au bulletin de l’Apostolat avec l’addition du mot petit.

Au début, Arnold Janssen devait financer la publication de sa propre poche. Voici ce qu’il écrit : « Le but principal, sinon le seul, de l’entreprise est le suivant : informer le monde sur les missions catholiques chez nous et à l’étranger d’une façon intéressante et d’une lecture pas trop difficile. » Mais très vite, dès les premiers numéros, il s’aperçut que ce serait un périodique qui rendrait compte surtout des missions à l’étranger. À cette époque on parlait plutôt de missions « païennes ». À la « une » du numéro de juin apparaissait pour la première fois la prière emblématique d’Arnold Janssen : « Que le Cœur de Jésus vive dans le cœur des hommes. »

Une rencontre capitale -
Janssen et la mission universelle

En mai 1874, un article dans un journal retint l’attention d’Arnold. Le Préfet Apostolique de Hong Kong, l’évêque Giovanni T. Raimondi rendait visite au Dr von Essen, le curé de Neuwerk. A ce propos Janssen écrit ce qui suit : « J’allais le voir pour obtenir un peu plus d’information concernant les missions et autres choses. J’avais le désir d’éveiller l’intérêt pour les missions via le Petit messager du Sacré Cœur. Je lui exprimai ma déception de voir que l’Allemagne, où la vie religieuse était si énergique, n’avait pas une seule maison de formation pour les missionnaires ; tandis que la France, l’Italie, la Belgique et même la Grande Bretagne, où justement la vie religieuse était plutôt faible, en avaient. Moi-même je ne pouvais plus aller en mission à cause de mon âge. »

« Mais cela n’est pas nécessaire, répondit Mgr Raimondi, il y a des prêtres qui doivent rester au pays pour travailler à la cause en Allemagne. » Ma première idée, alors, fut de me mettre à la disposition des personnes qui voudraient se lancer dans une telle entreprise et d’y consacrer toute mon énergie.

Plus tard, j’allais de nouveau voir Mgr Raimondi pour nous entretenir de la même question. Finalement, il me dit que, si aucun autre prêtre allemand n’est prêt à se lancer dans le projet, je devrais commencer moi-même avec l’aide de Dieu et en collaboration avec le Dr von Essen. L’idée de lancer moi-même un tel projet ne m’était jamais venue à l’esprit. Je pensais que cela allait demander trop de mes forces, que je n’en étais pas capable. Plus tard, Mgr Raimondi me rendit visite à Kempen et m’encouragea avec insistance à me mettre à la tâche. Mais, comme auparavant, je gardais mes doutes. Toutefois, l’idée me vint de présenter le plan au public à travers le Petit messager du Sacré Cœur et d’essayer d’éveiller l’intérêt.


Giovanni T. Raimondi, Préfet Apostolique de Hong Kong

LA MAISON MISSIONNAIRE ALLEMANDE
DEVIENT RÉALITÉ

L’idée ne voulait plus quitter l’esprit d’Arnold. Dans le numéro suivant du Petit messager du Sacré Cœur il y revint à plusieurs reprises. L’idée de Mgr Raimondi de collaborer avec von Essen se révéla extrêmement difficile. Un an plus tôt, ce dernier avait déjà reçu l’autorisation de Rome pour fonder une maison missionnaire. Mais le courant entre les deux ne passait pas. Donc A. Janssen se mit à la tâche tout seul. Dans le numéro de novembre de son Petit messager il lança un appel à ses lecteurs : L’établissement en Allemagne d’un séminaire de missions étrangères s’avère de plus en plus indispensable. Actuellement, de nombreux prêtres sont, pour ainsi dire, poussés vers des pays très lointains. C’est pour cela que l’établissement d’un séminaire missionnaire dans un lieu sûr et bien situé est devenu indispensable. Des conseillers bien informés et expérimentés ne manquent pas. La tâche sacrée pourrait être menée à bonne fin si l’on s’y met avec courage. La première et plus grande difficulté est de trouver des fonds. On nous offre une maison bien située avec un jardin. Mais comment l’acheter, comment l’aménager ?

Plus une tâche est sacrée, plus elle doit s’attendre à rencontrer des difficultés. Il en sera ainsi dans ce cas également. S’il est vrai qu’être pieux signifie prier de manière pieuse, cela signifie aussi travailler de la même façon avec les talents qu’on a reçus et même être prêt à des sacrifices dans la mesure où les conditions le permettent.

LE VOYAGEUR

Les mois suivants, Arnold Janssen fut soit en voyage, soit occupé, jour et nuit, par sa correspondance, sans négliger son travail éditorial du Petit messager du Sacré Cœur et ses obligations d’aumônier des Sœurs Ursulines à Kempen. Comme à son habitude, il n’y allait pas par quatre chemins s’attaquant à la besogne carrément avec tous les moyens dont il disposait, ses capacités, ses relations aussi.

En même temps, il se mit à la recherche d’une maison convenable, de moyens financiers et de collaborateurs, tout en imaginant l’organisation de cette maison missionnaire et l’entraînement des futurs candidats. Au cours de longs voyages il obtint successivement la permission et la recommandation d’évêques hollandais, allemands et autrichiens et alla consulter d’autres maisons et congrégations missionnaires en Allemagne et à l’étranger, tels les Bénédictins à Beuron, les missionnaires de Picpus, la congrégation missionnaire de Scheut à Bruxelles et de Mill Hill à Londres.

OPPOSITION ET RÉSERVES

Mais ils étaient peu nombreux à partager son enthousiasme. L’idée en soi n’était pas mauvaise, mais personne ne voyait comment Arnold Janssen allait réussir dans cette entreprise. La remarque que le Père Frugmann, vicaire à Kempen, lui aurait faite un jour exprime bien le sentiment des gens à propos du projet et de son auteur : « Mais oui, Arnold, vas-y, ce boulot est vraiment pour toi : d’abord tu as l’obstination nécessaire, ensuite tu as la piété indispensable, et en troisième lieu, tu es assez maladroit. »

L’évêque de Roermond, Mgr Paredis, qui comptait la localité de Steyl dans son diocèse, aurait dit un jour à propos de sa requête : Le père Janssen, aumônier des Ursulines à Kempen, est venu me voir. Il veut commencer une maison missionnaire. Imaginez - il n’a rien. Ce doit être un saint ou un fou ! »

La réaction de l’archevêque Melchers de Cologne va dans le même sens. Quand Arnold lui présenta son plan d’établir une maison pour missions étrangères, l’évêque le fixa d’abord sérieusement et dit : « Nous vivons dans une période où tout semble chanceler et sombrer. Et te voilà qui viens me dire que tu veux démarrer quelque chose de neuf ? » La réponse de Janssen : « C’est vrai, nous vivons dans un temps où beaucoup de choses s’effondrent, c’est pourquoi il faut du neuf. »

« L’objectif qui remplit toute notre vie :
la consécration à Dieu. » A.J

Le soir de cette visite, l’évêque aurait dit : « Le père Janssen était chez moi aujourd’hui, Il veut lancer une maison pour missionnaires. Il veut convertir des païens. Comme s’il n’y a pas assez de païens à Cologne ! Qu’il les convertisse d’abord ! »

Arnold Janssen décrit ses sentiments intimes durant ces mois d’une façon poignante : « Moi aussi j’ai connu des temps de rudes batailles, j’ai eu l’impression que j’allais être crucifié. En plus de cela j’avais des problèmes de santé et pas mal de contrariétés. Toutefois, j’avais l’impression qu’abandonner serait comme me dresser contre la volonté de Dieu. Voilà pourquoi j’ai continué à aller toujours plus loin dans la direction que je croyais la bonne. Je n’ai aucun doute que Dieu veut cette œuvre et que c’est Lui le véritable acteur qui se sert de nos faiblesses pour atteindre son but. »

ACQUISITION D’UNE MAISON A STEYL
CONSÉCRATION AU SACRE CŒUR

Une telle conception ancrée dans la spiritualité ne pouvait manquer de faire progresser le projet. Grâce à des dons substantiels on put acquérir un vieux bistrot, plutôt délabré, ainsi que le terrain dans la localité de Steyl aux Pays-Bas. À cause du Kulturkampf, l’idée même d’une fondation en Allemagne était hors de question. La date à laquelle Arnold Janssen signa le contrat, le 16 juin 1875, est fortement symbolique ; il y attacha beaucoup d’importance. C’était le bicentenaire de l’apparition du Sacré Cœur à Marguerite Marie Alacoque, qui fut célébré solennellement à travers le monde catholique. Bon nombre d’évêques et de nombreux catholiques se consacraient, ainsi que leurs églises, au Sacré Cœur. Arnold Janssen relate : « Il fut décidé de faire de ce jour le jour de fondation de la nouvelle société missionnaire. Nous prenions la décision que chacun de nous, où qu’il se trouve en ce jour, se consacre au Sacré Cœur de Jésus aux intentions de la maison missionnaire. Nous l’avons tous fait. Et dans l’après-midi, je me rendis à Steyl, près de Venlo, pour conclure les formalités de l’achat de la maison missionnaire. »

A ce moment-là, la « communauté » était composée d’Arnold lui-même et de trois personnes qui s’intéressaient à cette affaire de projet missionnaire : le pasteur Peter Bill au Luxembourg, Jean-Baptiste Anzer, séminariste à Regensburg, et François Xavier Reichart, séminariste de Vorarlberg qui étudiait à Louvain, mais qui, sur le conseil de son confesseur, n’avait pas fait la consécration. Mais ce fait n’empêcha pas Arnold de raconter à l’intention de ses lecteurs, dans le numéro d’août 1875 du Petit messager du Sacré Cœur, le jour mémorable : « La maison missionnaire n’oubliera jamais ses origines. Son but est la réalisation des intentions du divin Cœur de Jésus, intentions porteuses de grâce, s’il en est. Ce sont ses origines qui la forcent à faire, constamment, appel au Sacré Cœur de Jésus de façon toujours plus intense, et par conséquent, à faire sienne la devise que voici : Vivat Cor Jesu in cordibus hominum ! Que le Cœur de Jésus vive dans le cœur des hommes ! Ainsi soit-il. »

Après avoir posé, en quelque sorte, l’infrastructure spirituelle de la fondation, il se mit à développer la structure interne de la maison missionnaire. Au début de février 1875, à peine quelques mois après sa décision de se mettre à la tâche lui-même et même avant que d’autres eussent montré le moindre intérêt pour son projet, il présenta son plan à la Propagation de la Foi à Rome. Dans cette lettre apparaît clairement que ses idées allaient bien au-delà d’une « maison missionnaire allemande » de style classique : « Je pense que nous ne pouvons pas faire l’économie de la fondation d’une congrégation religieuse », et un peu plus loin : « Pour cette raison j’aimerais, si possible, que le centre du projet se trouve toujours à Rome. » N’ayant toujours rien de concret en main, il dépassait les idées contemporaines d’institut de mission « national ». Il avait clairement la vision d’une congrégation religieuse « internationale » avec des racines bien au-delà des pays germanophones.

Au mois de juillet 1875, Henri Erlemann emménagea à Steyl comme premier occupant du bistrot délabré. En charpentier qualifié, ce premier candidat missionnaire d’Arnold passa ses premières semaines à ravaler et meubler la maison. Il fut bientôt rejoint par François Reichart. Le 5 août 1875, Arnold Janssen, le père Bill et François Reichart se réunirent la première fois en tant que communauté de Steyl. Ils traitèrent de trois points : les futurs statuts de la maison, l’avant-projet d’une lettre aux évêques dont on attendait toujours l’approbation, et l’élection d’un recteur provisoire. L’inauguration fut fixée au 8 septembre 1875. Le 27 août, Arnold Janssen quitta le couvent des Ursulines à Kempen pour s’installer à Steyl. Il emmena son frère capucin, Juniper, dont le monastère avait été dissous. Dans les années qui suivirent, celui-ci s’avéra d’une grande utilité pour Arnold.

Inauguration de la maison missionnaire
Saint Michel à Steyl

À l’occasion de la liturgie inaugurale le 8 septembre 1875, Arnold Janssen déclara dans son homélie : « Si quelque chose doit sortir de tout ceci, Dieu seul le sait. Mais nous exprimons notre gratitude à Celui qui nous a aidés à ces débuts. Nous espérons que cette maison atteindra ses objectifs. La simplicité de ces origines ne devrait pas nous décourager. L’arbre le plus solide commence comme une petite semence et le géant le plus vigoureux est, à ses débuts, un nourrisson gémissant. Nous sommes très conscients qu’avec les ressources à notre disposition actuellement nous ne pouvons pas accomplir notre tâche, mais nous croyons avec confiance que le bon Dieu pourvoira à tout. Il peut disposer de nous à sa volonté. Si le séminaire réussit, nous y reconnaîtrons l’intervention et la grâce de Dieu. S’il échoue, nous nous frapperons la poitrine et confesserons que nous n’étions pas dignes de sa grâce. Cela ferait certainement pitié si nous devions constater que nos efforts ont été vains. Qui sait si quelqu’un aurait le courage de recommencer ? Voici donc mon appel à tous ceux qui sont ici présents : que pouvons-nous faire ? Premièrement, prier, supplier le Seigneur de la moisson. Deuxièmement, faire des sacrifices. »

DÉBUTS PAUVRES

1875
8 septembre 1875 :
journée inaugurale.
Débuts modestes
de la première
maison missionnaire.

Des années plus tard, le père Erlemann raconte l’histoire de cette journée inaugurale : « Le doute et l’appréhension se lisaient sur le visage des prêtres présents, pas seulement de ceux venus de Hollande, mais en particulier ceux d’Allemagne, comme s’ils se posaient la question classique : « Que deviendra cet enfant tout droit sorti d’une idée fixe ? » Cela m’a frappé très fort, car, après la célébration liturgique, tous s’esquivaient en silence, sans même prendre congé des quelques habitants de la misérable « Villa Ronck » délabrée. Durant tout le temps des festivités, il y avait un sentiment contenu, en sourdine qui se cristallisait en toute sorte de questions au recteur et aux membres de la maison. Et qui pourrait leur reprocher leurs doutes en voyant un tel spectacle ? Qu’est-ce qui s’offrait aux spectateurs à ce moment ? Un prêtre chétif et frêle comme supérieur, un apprenti charpentier en salopette bleue (Erlemann lui-même), un frère capucin exilé de son couvent (frère Juniper), et quelques travailleurs rassemblés pour arranger les festivités et, pour finir, une maison pratiquement en ruines. Pour parer au plus urgent, ils avaient emprunté divers meubles et pour garnir la table du banquet ils avaient ramassé à gauche et à droite un peu de vaisselle, et le champ de pommes de terre avait fourni les patates pour le repas de fête…et c’était tout ! Et cela devait être la maison missionnaire germano hollandaise qui fut présentée avec grand tralala dans la presse. »

Faisant un retour sur les premiers mois à Steyl, Arnold Janssen disait lui-même plus tard : « Presque partout les gens disaient que rien ne sortirait de cette initiative, qu’il était tout simplement impossible que quelque chose sorte de là. Personnellement je me rendais vite compte que, partout où j’allais, on me regardait d’un air de pitié comme un individu déséquilibré, aux idées excentriques. »

CRISE ET NOUVEAU DÉPART

Il n’y avait pas que l’opinion publique pour décourager. Durant les premiers mois de 1876, à cause du dénuement sur le plan matériel et l’absence de nouveaux collaborateurs, la vie dans la maison fut difficile, ce qui se traduisit par des conflits dramatiques à l’intérieur de la petite communauté. Cela concernait avant tout la grande vision qui était à la base même de la Maison, et en particulier, les idées ascétiques trop étriquées d’Arnold à propos de la vie quotidienne dans la maison et de sa situation de supérieur. Cela finit par le départ du père Bill et de l’étudiant en théologie, Reichart, fin avril 1876. Restaient Arnold et Jean Baptiste Anzer qui redémarrèrent en mai pour une nouvelle prise de conscience et un accord remis à neuf sur le but et les statuts de la fondation. : « L’objectif de notre société est la propagation de la parole de Dieu, tout spécialement par l’évangélisation des non catholiques, là où cette action porterait plus de fruits. Nous pensons en premier lieu aux peuples païens, en particulier à ceux de l’Extrême Orient. » Et encore : « Notre maison s’appellera Maison missionnaire St Michel à Steyl. Toutefois, la congrégation s’appelle « Société du Verbe divin au service du Roi et de la Reine des Anges », ou en bref : Société du Verbe divin, en latin : Societas divini Verbi.

« Nous ne pourrons pas plaire à Dieu
à moins de devenir petits ;
voilà le grand message de la nuit de Noël. »
A.J.

Les deux hommes sont parvenus à un compromis concernant l’ordre du jour de la maison et leur vie commune comme communauté religieuse ; ils sont tombés d’accord aussi sur le fait d’ouvrir la formation des futurs missionnaires aux sciences académiques.

Le 16 juin 1876, un an après leur consécration au Sacré Cœur, Janssen et Anzer firent les vœux perpétuels sur la base de ces statuts. Ces statuts sont restés en vigueur jusqu’au premier chapitre général de la Société, 1884-1886, quand les premières constitutions furent écrites qui, finalement, obtinrent l’approbation canonique de Rome.

Dans la publication de mai du Messager du Sacré Cœur, Arnold Janssen exprimait ainsi l’idée fondamentale de la nouvelle maison missionnaire : « Certains pourraient penser qu’une croissance rapide en personnel et une expansion sur le plan matériel doivent être notre premier objectif. Nous ne sommes définitivement pas de cet avis. Au contraire, notre opinion est que, avant tout, notre maison croisse en vertu et en profondeur spirituelle. La première qualité d’un missionnaire en pays païen est un esprit qui brille par sa religiosité et sa sainteté. Par conséquent, le premier but de notre maison doit être l’effort vers la perfection. Telle est la base qui prime tout. Puisse la Mère très sainte nous aider et nous envoyer en premier lieu des gens désireux à travailler à leur propre perfection. »


J. B. Anzer et Joseph Freinademetz,
les deux premiers missionnaires de Steyl qui partirent pour la Chine le 2 mars 1879.

Ce nouveau démarrage était stimulé par l’arrivée d’étudiants sortant du secondaire, d’étudiants en théologie et de jeunes prêtres, parmi lesquels Jean Janssen, le cadet d’Arnold, dont il avait financé les études. Jean Baptiste Anzer fut ordonné prêtre le 15 août. Au mois de janvier, ils ouvrirent leur propre petite imprimerie à Steyl et au mois d’août on mit la main à la construction d’un plus grand bâtiment. Malgré toute la confusion et les difficultés du début, la communauté de Steyl avait gagné une certaine stabilité lors de son premier anniversaire, le 8 septembre. Immédiatement après, Arnold Janssen partit pour le Congrès catholique à Munich, où la nouvelle maison missionnaire allemande était chaleureusement recommandée « à l’intérêt et au soutien des Catholiques. » C’est également à Munich qu’il rencontra l’étudiant Jean Baptiste Jordan qui, au début, montra de l’intérêt pour la fondation d’Arnold mais qui finit par fonder sa propre congrégation : les Salvadoriens.

La petite semence commençait à germer. Un an après, le Vicaire Apostolique d’Afrique Centrale, Daniel Comboni, fondateur des missionnaires Comboniens, rendit visite à Arnold à Steyl. (Ce même Comboni sera canonisé le même jour qu’Arnold Janssen et Joseph Freinademetz, le 5 octobre 2003). Six mois plus tard, on reçut la visite de Mgr Paredis, évêque de Roermond et donc de la localité de Steyl.

Au mois d’août 1878, Joseph Freinademetz, un prêtre diocésain du Sud-Tyrol, entrait dans la congrégation. Lui et Jean Baptiste Anzer, partirent un an plus tard, le 2 mars 1879, comme premiers missionnaires de Steyl pour la Chine. Ils commencèrent leur travail missionnaire par un séjour à Hong Kong chez l’évêque Raimondi. Probablement avec un grand soulagement, mais aussi avec une grande fierté Arnold Janssen dit dans son homélie : « Voilà donc que la Maison missionnaire, comme prévu dès le début, a pu envoyer ses premiers missionnaires. Espérons que beaucoup d’autres les suivront ! Quelle belle œuvre de la Providence qui a voulu que l’évêque Raimondi, qui a joué un si grand rôle dans la fondation, soit aussi le premier à recevoir nos premiers missionnaires. »

« Les missionnaires sont les ambassadeurs de l’amour divin.
Leur mission est de révéler les grandes merveilles de Dieu
et d’établir le royaume de l’amour divin. »

Les piliers
de la fondation de Steyl

ÉCOLE ET FORMATION

Début février 1875, Arnold Janssen publiait dans le Messager du Sacré Cœur plusieurs articles concernant le système d’éducation qu’il avait conçu « comme préparation de ses missionnaires au départ outremer. » En novembre 1875, il pouvait annoncer l’arrivée des premiers trois étudiants. La grande importance de l’école pour l’avenir de la maison missionnaire devint vite évidente, puisque « la foule de candidats » qu’on attendait : chômeurs, sans-abri, prêtres et étudiants en théologie exilés par le Kulturkampf, ne se concrétisait pas. Le Messager du Sacré Cœur et les nombreux contacts que Janssen avait établis pendant les années de son apostolat de la prière, s’avéraient une valeur inestimable. Le nombre d’étudiants attirés par la Maison de Steyl allait croissant. Au premier semestre 1879, il y avait déjà 60 étudiants, en 1881 ils étaient 100 et en 1886 plus de 200. Au début, l’école, comme la Maison elle-même, dut faire face à la pauvreté et il fallut improviser. Arnold lui-même et ses premiers collaborateurs jouaient le rôle d’enseignant et d’éducateur à la fois. Ses douloureuses expériences comme professeur et ses souvenirs d’étudiant avaient marqué le début de sa vie. L’école à Goch et le lycée à Gaesdonck venaient d’ouvrir quand il y entra ; il en fut de même à Bocholt où il débuta comme professeur en 1861. Pour faire face au nombre croissant d’étudiants on dut faire appel à des professeurs de l’extérieur. C’est seulement vers le milieu des années 1880 qu’il y eut assez de personnel SVD.


Steyl : La pauvre petite maison des origines est devenue une vaste maison missionnaire.

A cause du nombre croissant d’étudiants, même au beau milieu de la crise communautaire des premiers mois de 1876, on fut obligé d’agrandir considérablement la Maison missionnaire de Steyl. Les travaux commencèrent au mois d’août. Selon son habitude, Arnold, malgré les doutes et l’attitude sceptique de l’entourage, commença la construction en se confiant totalement à la Providence. En mars 1876, il lança un appel aux lecteurs du Messager du Sacré Cœur : « Et même si nous n’avons pas encore le vingtième de la somme nécessaire au projet, cela ne nous empêchera pas de considérer courageusement la nécessité et la possibilité, et de commencer immédiatement, nous confiant totalement à l’aide du Seigneur. Nous avons démarré en pleine confiance ; s’il nous a envoyé le personnel, ne donnerait-il pas les moyens de construire les chambres nécessaires ? Même si une tempête se déchaîne et que beaucoup perdent courage, rien ne nous arrêtera dans notre élan. Nous vivons dans une période où beaucoup a été détruit et où il faut beaucoup de neuf pour le remplacer. Et nous ne voulons pas être freinés par une peur inopportune qui nous empêcherait d’accomplir ce que nous croyons utile et nécessaire. »

APOSTOLAT DE LA PRESSE MISSIONNAIRE

1876
La nouvelle
Maison missionnaire
est bientôt connue
pour sa presse
et ses publications.

En janvier 1876, bien avant l’expansion des constructions, Arnold Janssen lança sa propre imprimerie pour le Messager du Sacré Cœur. À la dernière page du numéro du mois de décembre 1875, il annonce l’événement : « Avec l’aide de plusieurs bienfaiteurs, la Maison missionnaire, à qui la publication de cette revue rend un immense service, est à même d’installer sa propre presse missionnaire. De cette façon il sera possible, à partir de maintenant, de publier ce magazine régulièrement au début de chaque mois puisque l’éditeur, le rédacteur, la logistique et la presse sont rassemblés dans le même lieu. » Un de ses grands bienfaiteurs était Joseph Stute, le compositeur qui dirigea la composition jusqu’en 1882 et sans l’aide de qui l’imprimerie de Steyl n’aurait jamais pris son envol.

Sous la poussée et l’encouragement de collaborateurs extérieurs, Arnold Janssen se risqua à la publication d’un autre périodique. Le premier numéro du « Stadt Gottes » (Cité de Dieu) sortit avec le numéro de janvier du Messager du Sacré Cœur. Il décrivait ainsi le but de la nouvelle revue : « Si l’on veut lancer une bonne idée on doit essayer d’influencer ses compagnons. Pour atteindre son objectif le mieux possible, on se sert des moyens qu’offrent les nouvelles circonstances de l’époque. A l’heure actuelle, un de ces moyens est certainement la presse. La parole parlée passe et disparaît ; la parole imprimée peut être lue et relue indéfiniment…(selon le proverbe latin : scripta manent !) En même temps nous nous sentons obligés de reconnaître avec joie que cette initiative ne vient pas de nous mais de l’extérieur et a été accompagnée de l’offre généreuse de fournir des illustrations accompagnant le texte. Au début nous avions de grandes hésitations pour nous lancer dans ce projet. »

1878
Jusqu’à ce jour,
la Stadt Gottes
est une revue familiale
à grande distribution
dans le monde germanophone,
éditée par
les missionnaires du Verbe divin.

Puis, il donne les raisons qui l’ont convaincu de s’y lancer après tout : « Y a-t-il une seule justification qui permette aux missionnaires de manquer de courage et de confiance en Dieu ? Après toute l’évidence de l’aide divine dont nous avons déjà bénéficié ne serait-ce pas un double péché pour nous ? »

En 1880, l’Almanach St Michel s’ajoutait aux périodiques. L’idée de cette publication venait également de l’extérieur, d’un certain E. Kolbe, un converti originaire de Berlin, qui joua un rôle important dans le projet de la première publication. Dès le début l’Almanach s’avéra une publication à succès. Voici ce que Nicolas Blume, successeur d’Arnold comme supérieur général, raconte à son sujet : « Plus que n’importe quoi, l’almanach répandait l’idée missionnaire et les nouvelles de la fondation de Steyl parmi le monde catholique et recrutait chaque année de nouveaux amis et vocations. » Les magazines de Steyl devaient leur succès tout particulièrement au programme de distribution mis au point par le frère Clément Lanze en 1883. En l’an 1900, la revue Stadt Gottes avait atteint un tirage de 200.000 exemplaires et l’Almanach St Michel de 700.000. L’apostolat de la presse contribua de façon significative à l’éveil de la conscience missionnaire et de la promotion des vocations, tout en produisant l’argent nécessaire à l’expansion prodigieuse de l’œuvre missionnaire d’Arnold Janssen.

« Nous devons
nous efforcer constamment
de maintenir un esprit joyeux
dans l’amour de Dieu. »”

RETRAITES

La formation de missionnaires n’empêchait pas Arnold Janssen de pratiquer une autre vocation, devenue passion qu’il avait développée pendant ses années consacrées à l’apostolat de la prière, c’est-à-dire l’approfondissement de la foi des croyants en général. Au lieu de mettre le nouveau bâtiment à Steyl immédiatement à la disposition des confrères et étudiants, ils décidèrent « de supporter les inconvénients, dus à la pénurie de place, pendant quelques semaines encore et de libérer les lieux pour la plus sainte des tâches que nous puissions imaginer. Ils mettaient donc le nouvel édifice à la disposition des prédicateurs de retraites pour les fidèles d’Allemagne qui avaient dû se passer de ces exercices pendant des années. » Voilà ce qu’écrivait Arnold dans un numéro de 1877 du Messager du Sacré Cœur. Cette année-là, plus de 100 prêtres et laïcs participaient à des retraites à Steyl. En 1884 le nombre dépassait les 500. Et cela devint une tradition à Steyl, un nouveau bâtiment était toujours inauguré par des retraites, comme pour une première consécration ! Ainsi Arnold Janssen acquit une place d’honneur parmi les promoteurs de retraites et du renouveau spirituel. Cet esprit du fondateur s’est transmis à ses disciples ; beaucoup de fondations érigées plus tard par les missionnaires de Steyl furent d’une façon ou d’une autre en rapport avec des maisons de retraite ou de formation, dès le début.

En 1898, le troisième chapitre général décidait que la priorité pour les maisons d’Europe serait « l’organisation d’exercices spirituels, si possible dans nos propres maisons. »

La grande famille religieuse de Steyl

LES FRÈRES DE STEYL


Ouvriers et Frères travaillant à l’agrandissement
de la construction de la Maison de Steyl

Vu l’extension que prit l’œuvre de Steyl, il devint vite nécessaire d’engager des ouvriers laïcs. Il y avait d’abord l’imprimerie, puis les travaux de construction, commencés en 1876, qui concernaient l’ensemble de la maison missionnaire et qui continuèrent pendant des années, et enfin les besoins de la vie quotidienne d’une communauté qui se développait à vive allure. Arnold Janssen était bien au fait des instituts et ordres de frères religieux. En plus de cela, l’évêque Comboni lui écrivit d’Afrique pour lui demander d’envoyer des frères missionnaires. Et voilà qu’à l’été 1875 le premier candidat présentait sa demande.

En mai 1877, Arnold Janssen commença à accepter les premiers candidats frères. A ce moment il n’était pas encore question qu’ils rejoignent un jour la congrégation missionnaire qu’il avait fondée. D’une lettre aux Pères Anzer et Freinademetz de novembre 1879, on peut déduire comment se présentait la situation : « Nous avons pour le moment vingt-cinq ouvriers. Nous avons accepté trois garçons apprentis à l’imprimerie ; ils travaillent bien. C’est dans l’espoir qu’ils deviennent, un jour, postulants. Le jour de la clôture, j’ai donné une retraite aux travailleurs, je leur ai demandé qu’ils se choisissent un senior, un vice senior et un trésorier, et qu’ils fixent une pénalité (5, 10 et 15 pfennigs) pour les retards à la messe. Tout semble tourner bien rond. »

À l’été 1880, huit travailleurs décidèrent de poser leur candidature comme Frères. Au début on suivait la règle du tiers ordre dominicain. Dans les magazines de Steyl on commençait également à faire appel aux vocations de Frères. Leur tâche et statuts, envisagés par l’Église de l’époque, étaient décrits comme suit : « Les missionnaires sont assistés par des Frères qui les soutiennent par leur service en Europe, et selon les besoins, également dans les pays de mission, et qui se lient par des vœux religieux. »

En 1883, les premiers Frères partirent pour la Chine. Le premier Chapitre général (1884-1886) qui traitait spécifiquement de l’établissement de la « Société du Verbe divin », mit également au point la « question des Frères ». D’un côté, ils seraient des membres à part entière de la congrégation et prononceraient les mêmes vœux que les clercs ; de l’autre, ils ne seraient pas représentés au niveau administratif. Cette situation, quelque peu paradoxale, est restée inchangée jusqu’après le 2me Concile du Vatican. Malgré cet état de choses, l’afflux à Steyl de vocations de Frères venant de toutes les origines imaginables, dépassait toutes les attentes. A la mort d’Arnold en 1909, il y avait six cents Frères SVD de vœux perpétuels et quatre cent trente prêtres.

La croissance prodigieuse de la congrégation, la consolidation de sa base financière, ainsi que la construction et l’expansion des établissements en Europe et outremer sont tout simplement impensables sans le service et le dévouement désintéressés des Frères. Jusqu’à la deuxième guerre mondiale il y avait un même nombre de Frères et de prêtres – certaines années il y avait même plus de Frères. C’est seulement après la guerre que la balance a basculé de l’autre côté et est allée pencher vers les prêtres. En 2002, selon les statistiques, il y avait 670 Frères pour 3.830 prêtres.

LES SŒURS MISSIONNAIRES ET
LES SŒURS DE L’ADORATION DE STEYL

Mère Maria,
Bienheureuse Helena Stollenwerk

Mère Josefa,
Venérable Hendrina Stenmanns

Dans les premières publications du Messager du Sacré Cœur Arnold Janssen avait déjà écrit à propos d’éventuelles religieuses missionnaires. A l’automne de 1874, à la publication de son plan d’ouvrir une maison missionnaire, une jeune femme vint le trouver pour des renseignements. Dans ses délibérations sur l’avenir de sa fondation, la question de Sœurs missionnaires se présenta à plusieurs reprises. Mais comme pour toutes ses décisions, Arnold Janssen attendait « un signe sans équivoque d’en haut ». Ces signes vinrent au début de 1882, quand quelques jeunes femmes se présentèrent, désirant participer à son entreprise. Parmi les premières, Hélène Stollenwerk, une fille du monde agricole de 28 ans, héritière de la propriété de ses parents. En mars 1882, elle se rendait à Steyl pour apprendre d’Arnold que, pour le moment, il n’était pas encore question de fondation de congrégation de Sœurs, mais qu’elle pourrait travailler comme servante à la cuisine des Sœurs de la divine Providence à Steyl. (Les Sœurs de la Divine Providence s’occupèrent de la cuisine et de la buanderie à Steyl de 1877 à 1888.) Cette proposition faite à la jeune femme provoqua une tempête de protestations de la part de sa famille et du clergé local. Mais Arnold ne céda pas. Il écrivit à la demoiselle Hélène Stollenwerk : « Vous pouvez entrer dans notre maison comme domestique. Nous devrons laisser les développements futurs dans les mains de Dieu ». A son curé il écrivit : « Pour l’instant je ne peux pas avancer plus dans cette affaire jusqu’à ce que je reconnaisse clairement la volonté de Dieu. Un tel projet ne peut pas être réalisé avec des pierres de construction spirituelles qui ne sont pas encore là ; il faut au moins un nombre suffisant pour un bon départ ».

Hélène tenait à son projet et entra définitivement à Steyl le 30 décembre 1882. Avant Noël Arnold lui écrivit pour lui souhaiter la bienvenue et la mettre au courant de ce qui l’attendait comme future domestique à Steyl – une situation qui allait durer sept longues années : « De tout cœur je te félicite du fait que tu aies, enfin, atteint ton but. Bien que les difficultés n’aient pas manqué, j’ai toujours pensé que cela allait finir ainsi. Je te recommande tout spécialement au Fils incarné de Dieu en sa sainte fête. Sois courageuse ! Notre bon Père du ciel te conduit par la main et dirigera tout selon sa sainte volonté. La sœur d’un de nos petits séminaristes sera ta compagne comme domestique. Vous serez alors trois, vous pourrez prier et travailler ensemble, faire vos lectures spirituelles et vous donner le bon exemple ». En février 1884, Hendrina Stenmanns les rejoignait comme nouvelle domestique.

Aujourd’hui on ne peut pas imaginer la patience et l’endurance de ses jeunes femmes qui venaient à Steyl dans le but de devenir missionnaires et se trouvèrent, pendant des années, comme domestiques à la cuisine et à la buanderie.

Ces années furent des années de croissance miraculeuse dans la Maison missionnaire de Steyl. Ce fut le temps de la consolidation de la vie communautaire au premier chapitre général (1884-1886), la création de nouvelles fondations telles que le Collège Saint Raphaël, la maison d’études à Rome en 1888, et la maison Saint Gabriel en Autriche en 1889 comme nouvelle maison d’études. La même année, les premiers missionnaires furent envoyés en Argentine, qui devenait le second territoire missionnaire de la Société, à côté de la Chine.

Les « domestiques de cuisine » étaient témoins de tout cela et soutenaient ce développement quelque peu chaotique de leur travail désintéressé et de leur vie de prière. Bien que, en 1885, le premier chapitre général « eût discuté et accepté en principe l’idée d’une fondation féminine pour Soeurs missionnaires et de l’Adoration perpétuelle », au début il ne se passait pas grand-chose. Mais le départ des Sœurs de la divine Providence allait forcer la décision. En juillet 1887, Arnold Janssen écrivit à un de ses conseillers les plus appréciés, Medits, prêtre de la congrégation de saint Vincent de Paul, qui se trouvait à Vienne : « Le temps approche à grands pas où il nous sera possible de remercier les Sœurs (de la Divine Providence) et de confier le travail de la cuisine à nos propres Frères. Mais alors se présentera la grande question : Que faire de nos quatre jeunes filles domestiques ? Si nous les gardons, nous devrons construire pour elles une maison avec cuisine tout près, et en admettre d’autres, et ainsi on ne pourra plus échapper à la décision de fonder une congrégation féminine à partir de ces éléments. Cette perspective m’effraie, car cela signifie des charges et soucis supplémentaires, alors que j’ai déjà tant de difficultés à faire face à mes obligations actuelles ».

Quand les Sœurs de la divine Providence quittèrent Steyl en juillet 1888, les quatre jeunes femmes restèrent et emménagèrent dans leur propre quartier menant une vie plutôt monastique. Leur occupation principale consistait à raccommoder le linge de la maison missionnaire, en particulier chaussettes et chemises, une lourde tâche, étant donné le nombre des habitants de la maison à cette époque, 400 à 500 !

Un an plus tard, quand leur communauté eut atteint le nombre de six personnes, une maison dans les environs, occupée par des Capucins français, se libéra. Arnold Janssen la prit directement en location et écrivit à sa mère en novembre 1889 : « Nos Sœurs vont aller demeurer là-bas et nous allons procéder à la fondation d’un institut féminin dans cette maison. » Et c’est ainsi que le 8 décembre 1889 est devenu le jour anniversaire de la fondation des Sœurs missionnaires de Steyl.

Pour Arnold Janssen, l’activité missionnaire sans l’appui de la prière n’avait aucun sens. C’est pour cela que, dès le début, il voyait l’adoration comme activité principale de la branche féminine de sa fondation. Le deuxième chapitre général en 1891, prit la décision de libérer un groupe des Sœurs en vue de la prière perpétuelle ; elles seraient des « Sœurs cloîtrées de l’Adoration perpétuelle ». Après de nombreuses difficultés, la fondation des Sœurs de l’Adoration de Steyl fut érigée le 8 décembre 1896. Hélène Stollenwerk, qui avait toujours voulu aller en Chine comme missionnaire, se dirigeait, deux ans plus tard, vers la branche cloîtrée selon le souhait d’Arnold Janssen.


Des Sœurs de la première génération à Steyl

Les deux congrégations féminines à Steyl se développaient au même rythme que la Société du Verbe divin. A la mort d’Arnold, le 15 janvier 1909, elles étaient plus de 800, novices et postulantes incluses. Les deux communautés étaient établies à Steyl même et dans tous les continents.

En trente ans, la « minuscule semence » des pauvres débuts à laquelle Arnold Janssen avait fait allusion dans son homélie lors de l’ouverture de la Maison de Steyl en 1875, était devenue un « arbre puissant ». La profonde confiance sans bornes « que Dieu pourvoirait à tous les besoins » était devenue réalité au-delà les rêves les plus fous.

LA FAMILLE RELIGIEUSE DE STEYL
aujourd'hui

EUROPE AMÉRIQUES AFRIQUE A ses origines,
la famille
religieuse de Steyl
était surtout
composée
d’Allemands et
de ressortissants
européens.
Aujourd’hui,
plus de la moitié
des 10.000 membres
de la famille
arnoldienne
(sœurs, frères et prêtres)
viennent de
l’hémisphère sud,
notamment
de l’Indonésie,
des Philippines et
de l’Inde.
Unis à l’Église universelle,
ils sont devenus
une communauté
internationale
et multi-culturelle.
■▲ Autriche Anguilla ■▲ Angola
Belgique ■▲ Antigua Bénin
Biélorussie ■▲● Argentine ■▲ Botswana
Croatie ■▲ Bolivie Congo Rép.Dém.
■▲ République Tchèque ■▲● Brésil Éthiopie
■▲ Angleterre Canada ■▲ Ghana
France ■▲ Chili Kenya
■▲● Allemagne Colombie Madagascar
Hongrie Costa Rica ■▲ Mozambique
■▲ Irlande ■▲ Cuba ■▲ Rép. Afrique du Sud
■▲ Italie Équateur Tanzanie
■▲ Moldavie Jamaïque Tchad
■▲● Pays-Bas ■▲ Mexique ■▲● Togo
■▲● Pologne Montserrat ■▲ Zambie
■▲ Portugal Saint Christophe et Nevis Zimbabwe
■▲ Roumanie Nicaragua    
■▲ Russie Panama ASIE
Serbie ■▲ Paraguay ■▲ Chine
■▲ Slovaquie ■▲● USA ■▲● Inde
■▲ Espagne Venezuela ■▲● Indonésie
■▲ Suisse     ■▲ Japon
■▲ Ukraine OCÉANIE ■▲ Corée du Sud
    ■▲ Australie ■▲● Philippines
    Nouvelle-Zélande ■▲ Taiwan
    ■▲ Papouasie-Nouvelle-Guinée Thaïlande SVD
        ■▲ Timor Leste SSpS
        ■▲ Vietnam SSpSAP

CROISSANCE DE LA FAMILLE RELIGIEUSE DE STEYL
JUSQU'À LA MORT D’ARNOLD JANSSEN

Durant les années suivant la fondation de la congrégation des Sœurs de l’Adoration en 1896, jusqu’à sa mort, le 15 janvier 1909, à l’âge de 72 ans, Arnold était surtout occupé à la consolidation matérielle et spirituelle de sa famille religieuse qui s’étendait à un rythme étonnant à travers le monde. La « Société du Verbe divin » (dénomination déposée) fut reconnue définitivement par l’Église en 1900.

Sur beaucoup de plans, Arnold Janssen était un avant-gardiste. Dans la préparation de ses missionnaires, Arnold mettait l’accent surtout sur l’étude et la culture des peuples vers qui ils étaient envoyés. Certains membres de la congrégation ont obtenu une reconnaissance internationale sur le terrain de l’ethnologie et de l’anthropologie. Depuis les années 1906, le père Wilhelm Schmidt, de renommée mondiale, a lancé la revue Anthropos, qui jusqu’à ce jour, est la revue anthropologique de référence. Dès les débuts, l’ouverture respectueuse aux valeurs et cultures des autres peuples a fait partie de la conscience identitaire de la Congrégation.

La première année de grande expansion 1888/1889, qui vit naître les fondations à Rome et la construction de Saint Gabriel à Vienne (Autriche), était suivie, en Europe, de la fondation de Sainte Croix à Nysse, Silésie en 1892, Saint Wendel, en Sarre en 1898, et Saint Rupert, à Bischofshofen près de Salzbourg en 1904. Les origines modestes en Chine, l’an 1879, commencées par Freinademetz et Anzer, furent suivies des implantations en Argentine en 1889, au Togo en 1892,et, les années suivantes, en Équateur, au Brésil, en Nouvelle Guinée, aux USA, au Chili, au Japon et aux Philippines.

Durant les dernières années de sa vie, Arnold Janssen a beaucoup souffert du diabète. Par conséquent, il a été obligé de se retirer petit à petit des affaires administratives. « Digne d’éloges est la vie de celui qui donne tout », avait-il écrit à un confrère en Chine en 1904. Saint Arnold a vécu cette vérité qu’il annonçait à fond, et lance ainsi un défi à notre façon de concevoir la vie aujourd’hui. « Ce n’est point moi, mais le Seigneur » était sa règle, la fondation de sa vie.

Le père Nicolas Blum, successeur d’Arnold comme supérieur général, écrivit dans son journal, en 1902, ce qui suit : « C’est étrange. D’autres congrégations ont leurs saints dès leur début. Chez nous pas la moindre trace. Il se peut que les débuts d’autres congrégations aient été quelque peu « retouchés » par les publications. Enfin soit, mais parmi nous jusqu’à ce jour – et ça fait presque vingt-sept ans – pas la moindre trace d’un saint ! »

Sans doute qu’Arnold et son successeur auront quelques échanges à ce propos au ciel en vue du 5 octobre 2003 (canonisation d’Arnold Janssen)

ARNOLD JANSSEN …
UN SAINT POUR NOTRE TEMPS

Les Saints sont des indicateurs de la présence de Dieu dans nos vies, mais ils ne sont pas toujours désirés et très souvent dérangeants.

  • La vie et le travail d’Arnold Janssen illustrent, de façon étonnante, cette parole de Jésus : « Cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice, et le reste viendra tout seul, vous sera donné par surcroît ». (cf Mt 6,33) La façon dont il a vécu montre l’importance capitale de la prière et de la recherche de la volonté de Dieu qui soulignent clairement sa confiance sans faille en Dieu, son Père.
  • Sa recherche presque obsessionnelle de la volonté de Dieu a ouvert sa vision « aux signes de son temps » tout en ouvrant son esprit, ce qui lui permettait de distinguer, à coup sûr et très vite, les occasions qui se présentaient et d’attendre avec patience aussi longtemps qu’il n’y voyait pas clair.
  • Saint Arnold, homme sans prétentions, au caractère quelque peu gauche et maladroit, montre bien que Dieu aime se servir de personnalités apparemment faibles et insignifiantes pour réaliser de grandes choses dans son Royaume.
  • Homme de prière il devint apôtre itinérant, fondateur de congrégations religieuses il devint homme de l’Église universelle. « De sa nature, l’Église, durant son pèlerinage sur terre, est missionnaire, puisqu’ elle-même tire son origine de la mission du Fils et de la mission du Saint Esprit, selon le dessein de Dieu le Père ». (AG 2) Sa relation et sa dévotion profondes à la Sainte Trinité, ont aidé Arnold sur le chemin de la compréhension de l’Eglise universelle et missionnaire.

LES MISSIONNAIRES DU VERBE DIVIN
aujourd'hui

Voici comment les Missionnaires du Verbe divin se définissent aujourd’hui, en fidélité inventive à leur fondateur Arnold Janssen, en accord avec leurs Constitutions (version 1983/2000) et les résolutions récentes du dernier chapitre général :

Notre Appel

En accord avec les paroles de Jésus Christ : « La paix soit avec vous ! Comme le Père m’a envoyé je vous envoie » (Jn 20,21), nous sommes prêts à quitter notre pays, notre langue et notre culture et aller là où l’Église nous envoie. Cette disponibilité est la caractéristique essentielle de notre vocation missionnaire.

Notre Congrégation

Nous faisons partie d’une congrégation catholique religieuse, composée de prêtres et de frères laïcs religieux vivant dans des communautés internationales et multiculturelles. Ainsi nous donnons témoignage à l’Église universelle et aux relations fraternelles. Par des vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance nous nous lions à cette congrégation missionnaire.

Notre Mission

Nous travaillons de préférence dans des régions où l’Évangile n’a pas encore été proclamé ou pas suffisamment proclamé, et où l’Église locale n’est pas encore bien établie. L’exemple de Jésus, le Verbe incarné, nous guide dans notre mission. Ouverts aux traditions religieuses et culturelles du monde entier et par respect pour elles nous sommes prêts au dialogue avec tous et partageons la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu avec eux.

En particulier nous cherchons à entrer en dialogue avec des gens qui :

  • n’ont aucune communauté de foi ou qui sont en quête de foi,
  • sont pauvres et marginalisés,
  • sont de cultures différentes,
  • sont de religion différente ou adhèrent à une idéologie séculière.

LES SŒURS MISSIONNAIRES
aujoud'hui

L’Esprit Saint qui a allumé le feu missionnaire au cœur de nos premières Sœurs, nous appelle à répondre comme communauté de femmes, disciples de Jésus, aux défis de la mondialisation.

Notre Appel

Jésus Christ nous appelle à « être avec Lui et à être envoyées par Lui ». (cf Mc 3,14) Notre première tâche est la proclamation de la Bonne Nouvelle. Nous sommes prêtes à servir la mission universelle de l’Église, même si cela signifie que nous aurons à sacrifier notre propre langue, notre pays et notre milieu culturel.

Notre Congrégation

Nous sommes membres d’une congrégation catholique, religieuse et vivons en observant nos vœux de chasteté célibataire, de pauvreté évangélique et d’obédience apostolique en des communautés internationales et multiculturelles qui constituent un signe de la présence de Dieu dans notre monde.

Notre Mission

Ouvertes aux circonstances et besoins de notre temps, nous exerçons notre ministère là où se fait sentir le besoin du service des femmes et où l’évangile n’a pas encore été proclamé ou insuffisamment proclamé, ainsi que là où l’Église locale a encore besoin d’assistance. L’activité missionnaire est l’œuvre du Saint Esprit. Nous nous plaçons sous sa conduite. Nous respectons les traditions et convictions de tous les peuples. Par toute notre vie nous rendons témoignage à l’évangile de l’amour divin. Nous nous engageons:

  • envers des gens à la recherche de Dieu et d’une vie qui ait du sens,
  • envers les femmes et les enfants dans des situations de détresse,
  • envers les pauvres,
  • envers tous ceux et celles touchés par le sida,
  • pour l’intégrité de l’environnement et de la création.

Nous voyageons à travers le monde accompagnant des milliers d’hommes et de femmes qui s’identifient à nous et qui, comme chrétiens, vivent chaque jour une vie missionnaire.

LES SŒURS DE L’ADORATION
aujourd'hui

Assisté de Mère Marie Michèle, Arnold Janssen fonda en 1896 la congrégation des Sœurs Servantes du Saint Esprit de l’Adoration perpétuelle – en bref Sœurs de l’Adoration – comme troisième branche de la famille des congrégations de Steyl.

Notre Appel

Par la force de son Esprit, Dieu nous a appelées à la vie contemplative et au service d’une adoration ininterrompue. De cette façon nous soutenons l’activité missionnaire de l’Église, la propagation de la foi et la consécration des prêtres.

Notre Congrégation

Selon les paroles de Jésus : « Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruits ; car sans moi vous ne pouvez rien faire », (Jn 15,5) nous nous considérons comme une communauté de sœurs, réunies par le Saint Esprit et vivant en union avec le Christ et à travers eux unies au Père. Par les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance nous sommes liées entre nous, comme membres d’une congrégation, et à notre mère, l’Église catholique.

Notre Mission

Afin que « tous aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10,10) nous nous consacrons, dans un esprit missionnaire, à l’adoration et à la louange du Dieu trine par la prière d’intercession et par toute notre vie pour l’œuvre du salut. Selon le souhait de Saint Arnold, notre intercession incessante de jour et de nuit vise en premier lieu les missionnaires du Verbe divin ainsi que leurs Sœurs missionnaires.

En même temps nous sommes conscientes que notre vie contemplative sera d’autant plus fructueuse qu’elle sera comme aspirée dans l’amour et l’offrande de Jésus Eucharistie. Cette mission de notre vie contemplative comme Sœurs cloîtrées se fera également dans les régions du monde où l’Église du Christ n’est pas encore solidement établie, afin de collaborer effectivement par l’aspect contemplatif de notre vie à la construction et l’épanouissement de l’Église.

INFORMATION

Pour plus d’information sur les Missionnaires du Verbe divin et les Sœurs Missionnaires du Saint Esprit voir internet :

 

  • Publié par : Societas Verbi Divini - Société du Verbe divin (Rome)

  • Compilé par : Stefan Ueblackner SVD

  • Traduction : Jacqueline Mulberge SSpS

  • Traduction française: Émile Vanderlinden SVD

  • Graphique et maquette : Brigitte Rosenberg (Vienne)

  • Tirage maquette : WMP, A – 2340 MOEDLING

  • Imprimé par : GESP, Città di Castello (PG) Italie

Bibliographie :

Les citations sont tirées de diverses publications sur la vie d’Arnold Janssen

  • Joseph Alt SVD : Parcours de la Foi, La vie missionnaire d’Arnold Janssen, Rome, 2002

  • Joseph Alt SVD : Père Arnold Janssen - Lettres aux missionnaires en Chine (Vol I) Rome, 2003

  • Fritz Bornemann SVD : Arnold Janssen, Fondateur de trois Congrégations missionnaires, Rome, 1975

  • Fritz Bornemann SVD : Nous souvenant d’Arnold Janssen, Livre des souvenirs, Rome, 1978

Les missionnaires sont les ambassadeurs de l'amour divin