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Date: 25 May 2005, 03:31:19 PM
Subject: infos

Bénin-Togo: Assassinats, disparitions forcées et viols poussent les Togolais à fuir leur pays

(IRIN, Cotonou, Bénin, 25 mai 2005)

n mois après le scrutin présidentiel contesté, les forces de sécurité togolaises continuent de perpétrer meurtres, viols et enlèvements, poussant la population à quitter le pays, rapportent les réfugiés et les associations de défense des droits de l'homme.

«Il y a eu plusieurs centaines de victimes», a déclaré lors d'une entrevue à Radio France Internationale Sidiki Kaba, président de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH). «Il y a une chasse à l'homme».

Nombreux sont les Togolais qui ont fui le pays qui compte cinq millions d'habitants après que les élections présidentielles du 24 avril dernier aient officialisé la passation de pouvoir du père au fils.

Selon l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 1 500 réfugiés ont quitté le petit pays d'Afrique de l'ouest ces trois derniers jours et se sont réfugiés au Ghana et au Bénin limitrophes pour échapper à la répression exercée contre les militants suspectés d'appartenir à l'opposition.

L'agence a indiqué que 33 385 Togolais étaient réfugiés dans ces deux pays à la date de lundi, contre 31 964 à la date de vendredi.

Dans la seule journée de lundi, le bureau du HCR basé à Cotonou, la capitale du Bénin, a enregistré 162 personnes fuyant les violences politiques, a déclaré à IRIN le représentant du HCR au Togo, Rafick Saidi.

«Ils viennent de tout le Togo. La plupart des arrivées récentes sont des jeunes gens qui préfèrent venir à Cotonou afin de trouver de quoi faire, chercher du travail, car contraints d'abandonner leurs études». Selon Rafick Saïdi, «les réfugiés justifient leur arrivée au Bénin par des enlèvements et des persécutions qui continueraient toujours dans le pays.»

La FIDH préoccupée par les violations «graves et systématiques» des droits de l'homme

Dans une lettre adressée aux Nations unies et à l'Union africaine, la FIDH a dénoncé lundi dernier les violations des droits de l'homme au Togo qualifiées de «graves et systématiques» et a appelé l'ONU à établir une commission internationale d'enquête.

Après plusieurs jours de confrontations entre militants de l'opposition et les forces de l'ordre en fin avril, le calme est revenu dans les rues de Lomé. Mais les leaders de l'opposition et les groupes de défense des droits de

l'homme affirment que le gouvernement continue de s'en prendre violemment aux membres de l'opposition.

Errant dans les rues de Cotonou, Agboti Yao, un jeune homme de vingt ans aux cheveux ébouriffés et vêtu d'un pantalon en denim délavé, explique à IRIN que son père a dû fuir au Ghana en avril lorsque l'armée a réprimé une marche de protestation de l'opposition dans la ville d'Aklakou, au sud.

«Maintenant, c'est notre tour», a dit Yao. «À défaut d'arrêter nos parents, ils viennent nous enlever à l'école. J'ai mon voisin de classe qui a été emporté par les militaires le jeudi dernier et depuis pas de nouvelles. Alors j'ai pris peur et moi aussi j'ai pris la fuite deux jours après».

«Notre péché, c'est d'être les fils de militants de l'opposition», a-t-il dit.

Coffi Agbonou, son ami, a déclaré que dans sa ville natale d'Aného, près de la frontière béninoise, les forces de sécurité «passent de maison en maison la nuit pour tabasser et massacrer les gens à coups de machettes. Il y a même un de mes cousins blessé à la tête qui a succombé à ses blessures, faute de secours».

Une femme, serrant un nouveau-né sur sa poitrine, affirme que les abus sexuels sont aussi légion. Elle est originaire d'une ville au centre Togo, à 180 km au nord de la capitale.

«Je viens d'Attakpamè», explique Mawule Adjevi. «Je suis arrivée à Cotonou le lundi dernier. Je vis chez une compatriote sour qui s'est mariée ici. J'ai subi toutes sortes d'atrocités et j'ai été humiliée en tant que femme».

Le HCR a établi deux camps de réfugiés à Come et à Lokossa, au sud du Bénin. L'agence a récemment lancé un appel de fonds de 4,97 millions de dollars américains pour venir en aide aux réfugiés. Plusieurs d'entre eux vivent chez des proches à Cotonou ou ailleurs.

Kaba, le président d'origine sénégalaise de la FIDH, a déclaré que l'organisation basée à Paris continuait de recueillir des témoignages d'exécutions sommaires et de disparitions forcées perpétrées par les membres des forces armées et la gendarmerie nationale, avec le concours de miliciens affiliés au Rassemblement du peuple togolais (RPT).

«Nous voulons une commission internationale», a-t-il dit. La situation est extrêmement grave».

Furieux, les jeunes militants veulent prendre les armes

Jean Kouassi, enseignant de 38 ans, a confié à IRIN qu'il a abandonné sa classe d'élèves du niveau primaire et fui à Cotonou.

«Si j'ai abandonné mes élèves pour me rendre à Cotonou, c'est parce que je me suis opposé à l'enlèvement d'un de mes élèves dont le papa est un militant de l'opposition et j'ai organisé sa fuite. Donc pour me protéger, j'ai dû prendre la route de l'exil », explique-t-il.

Joseph Kossi, étudiant de 20 ans à l'Université de Lomé, est très critique vis-à-vis de la communauté internationale, et particulièrement la Communauté économique des états d'Afrique de l'ouest (CEDEAO) qui a entériné les résultats du 24 avril en les déclarant «globalement satisfaisants».

Pour lui, la seule solution est une rébellion armée contre Gnassingbé et le RPT.

«C'en est assez, nous avons trop souffert, nous voulons que l'opposition nous arme comme c'est le cas de la rébellion armée [du leader des rebelles des Forces nouvelles] Guillaume Soro en Côte d'Ivoire».

«Notre souhait est que l'opposition trouve une nouvelle stratégie de lutte», poursuit-il. «Car on ne peut pas continuer d'affronter les mains nues des gens armés».

La FIDH, une fédération de 141 associations de défense des droits de l'homme a déclaré que «cette situation révèle la perpétration de violations des droits humains qualifiables, selon la FIDH, de 'graves et systématiques' menaçant au surplus la paix et la sécurité de la sous-région».

En réponse à la menace d'une enquête internationale, le gouvernement de Gnassingbé a déclaré sur son site web [www.republicoftogo.com] que les allégations de violations des droit de l'homme étaient une «pure invention et opération de manipulation organisée dans le seul but de mobiliser la communauté internationale contre le nouveau pouvoir en place à Lomé».

La Ligue togolaise des droits de l'homme (LTDH) - une association affiliée à la FIDH et liée à l'opposition - a affirmé la semaine dernière que près de 790 personnes ont été tuées dans les violences post-électorales.

Un autre rapport du Mouvement togolais de défense des libertés et des droits humains (MTDLDH), une organisation proche du gouvernement, évalue le nombre de décès à seulement 58.

La semaine dernière, les négociations d'Abuja entre Gnassingbé et les principaux partis d'opposition relatives à la formation d'un gouvernement d'union nationale ont échouées en dépit des efforts déployés par le président nigérian Olusegun Obansanjo et d'autres chefs d'état ouest-africains pour mettre un terme aux violences.

Obasanjo, qui préside également l'Union africaine, a exhorté les deux parties à honorer l'engagement pris 24 heures avant les élections présidentielles de partager les pouvoirs quel que soit le vainqueur.

Mais les leaders de l'opposition refusent de concéder la victoire à Gnassingbe.

«Les chefs d'état africains veulent nous voir conclure rapidement un accord avec Gnassingbé, et ne tiennent même pas compte des allégations de fraudes aux élections», a déclaré à IRIN un partisan de l'opposition après la rencontre d'Abuja. «C'est absolument inacceptable», a-t-il ajouté.


L'Afrique est touchée "plusieurs fois par an par un tsunami silencieux"

(AFP, Nairobi, Kénya, 25 mai 2005)

L'Afrique qui compte plus de la moitié des 25 millions de déplacés dans le monde souffre en silence alors que le continent a subi plusieurs crises tout aussi violentes que celle provoquée par le tsunami dans l'Océan indien en 2004, a déclaré mercredi un haut responsable de l'Onu à Nairobi.

"Le sort des populations déplacées est l'un des problèmes humanitaires les plus graves et le plus négligé, particulièrement en Afrique", a souligné Dennis McNamara, directeur de la division de l'Onu pour les personnes déplacées.

"Les 13 millions de déplacés africains sont les populations les plus négligées de la terre en dépit des efforts pour récolter des fonds et attendent désespérément une aide d'urgence, souvent plus que ceux qui se réfugient hors de leur pays pour fuir un conflit ou la persécution chez eux", a-t-il ajouté.

Alors que le sort des réfugiés préoccupe la communauté internationale, celui des population déplacées reste ignoré, a-t-il dit.

"Tous ces gens dont nous parlons sont sans aucun soutien", a indiqué M. McNamara lors d'une conférence de presse à Nairobi au retour d'une mission en Ouganda et au Burundi.

"Ils sont très faibles, sans ressources, abandonnés et ne reçoivent pas l'aide que reçoivent les réfugiés dans les camps, parce qu'il n'y a pas de Haut commissariat de l'Onu pour les déplacés", a-t-il relevé, en référence au Haut commissariat aux réfugiés (UNHCR), ajoutant: "Ils sont souvent invisibles".

Dans la seule Afrique du centre et de l'est (Soudan, République démocratique du Congo, Somalie, Nord de l'Ouganda et Burundi), il y a dix millions de déplacés, ce qui représente plus que le nombre total de réfugiés, a encore affirmé M.McNamara.

Il a regretté que les déplacés ne soient pas traités avec la même attention et ne reçoivent pas autant d'aide que les victimes de la catastrophe qui a frappé l'Océan indien le 26 décembre 2004, tuant près de 290.000 personnes.

"En quelque sorte, le tsunami a faussé les perspectives de l'aide internationale", a-t-il remarqué, laissant entendre que les besoins des victimes du tsunami avaient éclipsé ceux des personnes déplacées.

"L'Afrique est touchée plusieurs fois par an par un tsunami silencieux. Si vous regardez les conflits en cours, vous avez l'équivalent d'un tsunami tous les mois au Congo, au Soudan et dans plusieurs autres pays", a-t-il dit.

"Mais les tsunamis silencieux dans les forêts du Congo ou les coins reculés de Somalie ne sont visibles pour personne", a conclu M.McNamara.