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To: "SVD webmaster SVD"
Date: 20 Jul 2005, 06:18:43 PM
Subject: Togo

Démocratie à la togolaise...

e travaille au Togo presque dix ans comme missionnaire. Après quelques années au nord du pays, depuis cinq ans je suis à Lomé.

Ce matin, pour approvisionner la maison de ma communauté, comme d'habitude, je suis partis dans une ferme pour acheter la viande du porc. A mon retour, à la rentrée de la ville de Lomé dans le quartier de Kuegué, je devais m'arrêter au barrage habituel où les militaires arrêtent les voitures et font la fouille. Parfois ils laissent passer sans qu'on est obligé de s'arrêter. Cela dépend de la bonne volonté des soldats ou de leur chef qui reste assis à quelques pas et observe. Souvent on nous demande de l'argent, certains sont gentils, d'autres moins.

Aujourd'hui j'étais derrière un camion. Le soldat discutait avec le chauffeur et j'avais compris d'après son signe qu'il fallait passer. Mais quand je commençais à avancer il a sauté devant ma voiture en m'obligeant avec un doit pointu vers moi de reculer et d'attendre. Je l'ai fait avec politesse.

Quand mon tour est arrivée, alors le soldat avec une arme dans la main a commencé d'abord par me tutoyer: "toi, c'est quoi, ouvre ton coffre, qu'est ce que tu as là-dedans..." Je me sentais mal à l'aise et humilié. Je n'était ni son copain, ni même connaissance mais j'ai obéit aux ordres. Dans le coffre il y avait la glacière avec la viande. Il m'a obligé de l'ouvrir (je pense que dans plusieurs Etats de Droits, pour fouiller le coffre de la voiture, il faut avoir un mandant judiciaire). Les questions se sont poursuivies: "Tu as de la viande! C'est pour faire quoi?, donne-nous une partie!" J'avais la facture avec moi alors je savais que je n'ai rien fait contre la loi. Cette fois-ci, tout en gardant ma patience,j'ai répondu gentiment que c'est la viande pour la maison et j'ai fermé le coffre. Puis j'ai ajouté: "Monsieur, vous n'êtes pas gentil". Il n'a pas aimé ma remarque et riposta: "toi, pars!!!". Alors j'ai encore ajouté: "je vous dois tous mes respects, mais s'il vous plaît..." Il m'a coupé la parole en disant: "pars, si non, on dira à nos chefs que tu transportes les armes et tu verras...!" J'ai compris qu'il fallait partir et se taire. J'ai compris qu'avec une arme dans la main on peut tout dire, tout faire, s'en ficher de l'autre sans parler du respect, et même te mettre en prison pour quelque chose que tu n'a jamais commis, ni même imaginé de le faire...

Certains disent que l'ordre est revenu au Togo, mais si ma petite histoire de ce matin on peut appeller "ordre", alors j'ai certains doutes... On nous dit dans les médias officiels que les Togolais et les expatriés sont en sécurité... Devant les hommes armés, mêmes tout jeunes dans la vingtaine, nous ne sommes que des petits enfants qui ne doivent pas ouvrir la bouche de peur d'être corriger, et comment... A vous de le juger.

Quand à moi, avec ma seule arme qui est la Bible, je fais une prière pour celui qui m'a humilié et m'a manqué du respect ce matin...

Si jamais un responsable militaire trouve ce texte, alors je donne des précisions: c'était au barrage de Keugué, le 20 juillet 2005 vers 12h05;

Un missionnaire expatrié au Togo