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MANUEL POUR PROMOTEURS DE JUSTICE PAIX INTEGRITE DE LA CREATION

SECTION I
LIRE LES SIGNES DES TEMPS

1.1. INJUSTICES PAR RAPPORT À L'HUMANITÉ

Quelques événements clé de l'histoire récente qui ont affecté l'histoire humaine:

  • 1945: Alliés et U.S.A. gagnent la Seconde Guerre Mondiale.
  • U.S.A. et Alliés mettent sur pied les Institutions dites de Bretton Woods. La Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI), les Accords Généraux sur les Tarifs et le Commerce (General Agreement on Tariffs and Trade - GATT) fixent la réalité financière et commerciale du monde après la guerre. Le dollar américain va devenir la référence.
  • Dans les années 1940 - 1970 : Indépendance de nombreux pays d'Afrique et d'Asie.
    L'indépendance politique de ces pays conduit progressivement à une plus grande dépendance économique.
  • 1989: Chute du Mur de Berlin et événement de la Place Tienanmen en Chine.
    Fin de la Guerre froide? Qui gagne? Fin de l'Union Soviétique? Fin du courant socialiste? L'intérêt économique se tourne maintenant vers l'Europe de l'Est et les "Tigres" d'Asie. On considère les pauvres du monde comme un problème.
  • 1991: Guerre du Golfe.
    Les États Unis, seule super puissance du monde, prennent le relais de l'ONU. Nous avons désormais un nouveau concept d'Empire - non plus celui d'un État Nation mais celui d'une puissance d'Argent. Le Capital possède désormais une aile politique et une branche armée.
  • 1992: "Célébration des Cinq Cents Ans" - de Quoi? Célébration de la présence européenne aux Amériques?
  • 1993: Fin de l'Apartheid en Afrique du Sud.

1.1.1 L'ordre économique mondial actuel

Un programme néo-libéral

Des commentaires récents font clairement ressortir que le néo-libéralisme est établi comme doctrine absolue à une échelle jamais égalée historiquement tant par son étendue que par son pouvoir. Dans le "nouvel ordre mondial", on tend vers un discours unique pour discuter des problèmes du monde : l'économie néoclassique. Il apparaît qu'il y a une unique voie de "salut" pour tous les peuples, sans prendre en compte leurs propres traditions, valeurs, histoire et coutumes, qu'ils soient du Nord ou du Sud, et cette voie est la voie du MARCHE. Le langage économique est le langage humain dominant de notre temps et il donne le ton à toute vie collective sur la planète. Les sociétés sont devenues les institutions dominantes qui gouvernent la planète. Peut-être est-ce plus exact de dire que le système dominant qui gouverne la planète est le système financier, plutôt que les sociétés elles-mêmes. Ces sociétés ont à rendre compte au système global de la finance qui s'est transformé de façon très importante et troublante et que l'on décrit même maintenant, sans trop exagérer, comme une "immense salle de jeux". Tous les marchés financiers mondiaux sont raccordés entre eux par un système informatique unique. Cette nouvelle "réalité" est en train de changer le visage de la communauté internationale et de créer de plus en plus de pauvreté, et aussi de détruire la nature.

C'est partout la même litanie. L'unique voie du progrès est le "libre marché" mondial. Pour être compétitifs dans le système de la nouvelle économie:

  • les sociétés doivent devenir plus compétitives en réduisant et en restructurant leurs forces de travail;
  • les impôts et réglementations de l'État doivent maîtriser les initiatives trop audacieuses;
  • les programmes de sécurité sociale gouvernementaux tendent à générer la dépendance;
  • il faut moins d'État, les capitaux doivent être privatisés, les budgets réduits, les déficits éliminés;
  • les principaux objectifs sont la protection sociale, avec des mesures d'"assistance" pour la classe ouvrière pauvre;
  • les droits syndicaux et d'autres législations ont de plus en plus d'incidence sur les conditions de travail.

Dans les pays en voie de développement du Sud, que l'on désigne maintenant parfois du terme "Deux-Tiers du Monde"1 un tel programme apparaît comme "obligé" dans le contexte des Programmes d'Ajustement Structurel (PAS) imposés par la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) (voir Annexe 1 pour plus amples explications), comme condition pour re-échelonner le paiement de la dette. En plus des PAS, la politique choisie prévoit de favoriser les importations et les investissements étrangers, et de maximaliser les exportations. Cette théorie est si généralisée dans les centres de décision à l'échelle mondiale que, pour la fin du millénaire, on pense qu'un tel système aura vraisemblablement changé radicalement la vie de beaucoup plus de gens et de nations que toute autre idéologie dans l'histoire.

Dicté par de puissants intérêts financiers et politiques, le système économique du monde actuel crée de la richesse pour une minorité et développe la pauvreté d'une majorité au lieu d'être au service de tous les habitants de la Terre. Même si cette globalisation de l'économie revêt des formes diverses selon le pays dans lequel on vit, elle a une emprise de plus en plus directe sur notre vie quotidienne:2

  • Sur les 5,7 milliards3 d'habitants du monde, 1,5 milliards sont dramatiquement pauvres.
  • 20% de la population mondiale, les plus pauvres, reçoivent 1,4% du Produit National Brut (PNB) tandis que 20% de la population, les plus riches, profitent des 84,7%.
  • Plus d'un milliard d'être humains s'efforcent de survivre avec à peine 1 dollar par jour, trois milliards avec un peu plus de deux dollars. Pendant ce temps, 358 individus ont accumulé une richesse personnelle d'environ 762 milliards de dollars, soit un revenu équivalant à celui de 2,35 milliards de pauvres.

Aujourd'hui, un milliard de pauvres dans le monde vivent en zone rurale. On prévoit qu'en 2005 une personne sur deux vivra en zone urbaine, entraînant une urbanisation croissante de la pauvreté.

Le chômage et la précarité: environ 30% de la population active du monde, estimée à 2, 5 milliards de personnes, n'a pas d'emploi productif.

Coût de la vie élevé: alors que l'économie de marché à l'échelle mondiale est partout montrée comme la référence idéale, 4 personnes sur 5 n'ont pas de pouvoir d'achat.
Faim: 1/5 de la population du monde souffre de la faim et 3 millions d'enfants meurent tous les ans de malnutrition.

La majorité de la population pauvre dans le monde est féminine. Les enfants et les groupes vulnérables et désavantagés tels que les populations indigènes, les handicapés, les personnes âgées, les réfugiés, les migrants, les sans-travail à l'état chronique sont les catégories les plus touchées par la pauvreté.

Privation du droit à l'éducation: la fréquentation scolaire a chuté considérablement, surtout en Afrique.

Violation du droit à la santé: la privatisation des secteurs de la santé et les atteintes portées aux systèmes de protection sociale sont cause d'une inégalité intolérable sur le plan des soins de santé.

Pénurie de logement et absence de conditions de vie "normales": 1/4 de la population du monde n'a pas accès à l'eau potable et 1/3 vit dans l'extrême pauvreté.

L'Agriculture est un secteur sacrifié au Nord comme au Sud. Au Nord, les politiques agricoles sont basées sur des critères de profit et de productivité. Cela rend impossible aux petits exploitants agricoles de se maintenir en activité, et les travailleurs agricoles perdent leur emploi. Au Sud, le manque d'investissement en agriculture et l'absence de réforme agraire (rendre la terre à ceux qui la travaillent) entraînent un mouvement migratoire des zones rurales vers les villes et l'abandon des campagnes.

La dégradation de l'environnement met en péril la vie des générations présentes et à venir.

Le Rapport 1996 sur le Développement Humain nous rend attentifs à d'autres points:4

La Croissance Économique a joué au désavantage d' 1/4 de la population du monde: elle a contribué à accroître le chômage, la dureté de la vie, le nombre des sans voix et sans racines.

  • Pour 89 pays, la situation économique a empiré depuis dix ans ou plus.
  • Dans 70 pays développés, les revenus sont plus bas que dans les années 60 ou 70.
  • Dans 19 pays, le revenu par habitant est inférieur au niveau atteint en 1960.

Un Chrétien ne peut pas approuver en silence un système qui exclut les pavres tout en revendiquant une option préférentielle pour les pauvres. Je dis "approuver en silence", parce que notre absence de prise de position équivaut à une approbation. Nous avons besoin de prendre conscience aujourd'hui que "l'option préférentielle pour les pauvres" implique nécessairement la lutte contre un sysème économique qui continue à engendrer de plus en plus en plus de victimes.

Une foi qui n'a rien à dire au sujet de la vie dans ses dimensions les plus élémentaires de nourriture, de boisson, de terre, d'abri, de sécurité, etc. ne peut pas être une foi porteuse de vie.»5

1.1.1.1. Développement: vers un nouveau modèle

La réflexion qui suit sur l'Économie Politique a été faite par Catherine Mulholland du Conseil Mondial des Églises:

Un nouveau système de valeurs est une condition préalable à tout changement dans l'économie. Au cours des vingt dernières années, il apparaît très clairement que, pour tous les systèmes économiques qui se sont développés, il conviendrait de pratiquer un test selon le critère suivant : mettent-ils - et jusqu'à quel point - la personne au centre du processus de développement, et la personne comme sujet de ce processus, et non pas comme simple objet. Parmi les valeurs et critères de plus en plus acceptés comme références, on peut citer les suivants:

  • Rejoindre des besoins humains fondamentaux.
  • Justice et participation : ces besoins sont-ils honorés équitablement?
  • Durée: le système économique préconisé est-il amené à durer sur un plan écologique et social, pour être transmis aux générations futures?
  • Autonomie: le système économique préconisé permet-il aux personnes d'accéder au sens de leur propre valeur, de leur liberté et de leurs capacités, plutôt que de les enfermer dans une dépendance par rapport aux décisions venant d'autres personnes?
  • Universalité: le système économique et la politique économique préconisés mettent-ils l'accent sur les points ci-dessus dans la perspective d'une famille humaine mondiale, au-delà des frontières politiques de type national ou régional?
  • Paix: le système économique préconisé cherche-t-il à construire une paix fondée sur la justice?

Développement durable et utile

Un développement durable et utile est un développement en faveur des pauvres et des femmes, en faveur de la nature et des emplois. Il met l'accent sur la croissance qui génère des emplois, respecte l'environnement, confère et répartit le pouvoir, une croissance qui se fait avec équité.

Ces points exprimés ci-dessous correspondent à la présentation faite récemment à "Habitat II" lors de la Conférence sur les formes de développement dans la durée et le service par Kinda Gray.6

1.1.2. L'ordre politique mondial actuel

  • Les démocraties actuelles tendent à faire moins de place à la voix du peuple qu'à la défense des intérêts de divers partis politiques et de leurs intérêts économiques.
  • Le parti au pouvoir comme l'opposition ont tendance à passer plus de temps dans la lutte pour se maintenir au pouvoir ou pour le reconquérir que dans la recherche du bien commun national.
  • Les programmes politiques nationaux sont de plus en plus influencés par des perspectives néo- politiques générales.
  • Le même modèle unique de démocratie est imposé partout dans le monde.
  • On tend à pratiquer l'exclusion sur le plan politique selon des critères de race, de religion, de groupe ethnique, etc.
  • LE CAPITAL possède désormais une aile politique et une branche armée
  • Les pays capitalistes autant que les pays communistes sont responsables de l'excès de bureaucratie et du manque de vraie liberté.
  • Cent dix pays pratiquent encore la torture pour des motifs politiques.

Témoignage d'une femme victime de la torture au Moyen-Orient

Depuis la fin de mon adolescence j'ai été directement impliquée dans les activités de mes parents et de mes frères et soeurs en opposition au régime de mon pays. Il y a six ans, ma soeur a été arrêtée, un an plus tard, ce fut le tour de mes parents et de mes frères. Je n'ai pas eu de leurs nouvelles depuis.

Après leur disparition, je me suis engagée dans la lutte pour la démocratie. Je suis vite devenue suspecte et un soir, au moment où je quittais la boulangerie où je travaillais, je fus prise et poussée dans une voiture qui attendait. J'ai essayé de m'échapper à un feu, mais on m'a tiré dessus et touchée à la jambe. Je saignais abondamment et je souffrais beaucoup. On m'a bandé les yeux et jetée en prison. Là j'ai été interrogée et battue sans interruption pendant quatre ou cinq heures. Ils m'ont d'abord battue avec les poings, puis avec une sorte de gourdin à pointe d'acier. Quand j'ai commencé à perdre connaissance, on m'a jetée dans une cellule, les mains attachées derrière le dos. Mes tortionnaires ont continué à me battre avec des câbles électriques sur la plante des pieds. Finalement ils m'ont fait une piqûre et laissée seule.

Le lendemain, ils m'ont interrogée à nouveau et amenée à la cellule voisine avec l'idée de convaincre les prisonnières de parler. Quand les gardiens se sont rendu compte que nous ne disions toujours pas la "vérité", ils m'ont emmenée dans une autre salle, m'ont attachée à une croix et m'ont arrosée d'essence. On m'a laissée là pendant des heures sous la menace d'être brûlée et violée par un des gardiens. Deux jours plus tard, mes reins étant bloqués, j'ai été hospitalisée. Comme j'avais plusieurs fractures aux jambes, ils ont dû mettre des clous en acier pour lier les os ensemble. Quand j'ai été un peu mieux, on m'a ramenée en prison et attachée pendant des heures dans une position non naturelle. Jour après jour, les tortures continuaient. J'ai été suspendue au plafond par une main; j'ai été battue et brûlée à la cigarette; j'ai presque perdu la vue. Puis j'ai été forcée d'assister à la torture et au viol de prisonnières. Beaucoup d'entre elles sont mortes. Quand on m'a renvoyée à l'hôpital, j'ai réalisé qu'ils ne voulaient pas me tuer, mais seulement me détruire mentalement et physiquement.

Pendant mon séjour à l'hôpital, un des infirmiers a drogué les gardiens et m'a aidée à m'échapper. Il m'a conduite à la frontière, voyageant la nuit et nous cachant le jour.

1.1.2.1. Militarisation et commerce des armes

  • Entre 1960 et 1990, les dépenses militaires sur le plan mondial ont augmenté de 150%, la croissance la plus forte étant enregistrée dans les pays du Sud. Actuellement ces pays représentent 20% des dépenses militaires contre 7% en 1960.
  • Le Supermarché de l'armement: les pays riches s'enrichissent grâce au commerce des armes et les pays pauvres s'appauvrissent en achetant ces armes. Les armes qui sont livrées remplacent la nourriture, les soins de santé, l'éducation, l'approvisionnement en eau, etc. des pays en voie de développement.
  • En moyenne on compte 19 soldats pour un médecin dans les pays pauvres. La militarisation détruit les personnes et l'environnement.
  • Aujourd'hui, les dépenses globales en armement sont 2 400 fois plus fortes que les dépenses liées au maintien de la paix sur le plan international.
  • Un demi-million de scientifiques dans le monde font de la recherche et développent les technologies militaires.
  • Les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité des Nations Unies (Chine, France, Russie, Royaume Uni et États Unis), sont les cinq plus gros exportateurs d'armes aux pays en voie de développement.
  • Des armes chimiques sont gardées en réserve sous terre dans 215 villes américaines: leur destruction coûtera $16 milliards, et l'opération pourrait bien demander 40 ans!
  • Au-delà des causes de violence dans notre monde, qui ont un fondement politique, social et économique, il est clair que la prolifération des armes intensifie la portée de cette violence. Selon le rapport sur le Développement Humain de 1994, publié par le UNDP, l'insécurité touchant les humains et due à la violence est maintenant un phénomène "global". Dans les pays en voie de développement, des montants considérables de fonds sociaux sont détournés pour acheter des armes, alors que les risques de mourir de malnutrition et de maladies que l'on pourrait éviter sont 33 fois plus grands que de mourir dans une guerre due à une agression externe.
  • En 1996, on compte 39 guerres locales et 2 guerres régionales, et beaucoup de ces conflits ont utilisé les services de mercenaires étrangers.

1.1.2.2. Mines antipersonnel

Les mines antipersonnel ne peuvent pas être acceptées comme un fait de vie. Elles sont un fait de mort.

Juge Michael Kirby, Rapport des Nations Unies sur les Droits de l'Homme au Cambodge

Des faits à propos des Mines antipersonnel

  • 110 millions de mines antipersonnel ont été posées; 100 000 seulement ont été enlevées sur les 2,5 millions qui ont été posées en 1993.
  • 15 000 personnes sont tuées ou blessées chaque année par des mines antipersonnel.
  • Le coût moyen d'une mine antipersonnel est de $3 à $30. Le coût du déminage, à l'unité, est de $300 à $ 1 000
  • Au Cambodge, 500 amputations sont pratiquées chaque mois; un habitant sur 236 a été amputé d'un membre.
  • La plupart des victimes sont des civils - en majorité des femmes et des enfants.

Deux jeunes hommes ont fait le voyage à Rome récemment - ils ont eu un entretien approfondi avec le Pape et lui ont expliqué certains aspects de la technologie militaire moderne. Ils ont rendu visite aussi au Supérieur Général des Jésuites et lui ont donné des conseils sur les lieux de mission pour les Jésuites, et ils ont eu pour finir une rencontre avec la presse et d'autres délégués officiels. L'un de ces jeunes hommes, Keo Sovann, est physiothérapeute; l'autre, directeur d'une entreprise qui se développe très vite. Son nom est Tun Channareth; il est cambodgien, il dirige une usine qui fabrique des fauteuils roulants; il a 6 enfants et n'a plus de jambes, toutes deux ayant été arrachées par une mine.

Il résumait ainsi le désir de son peuple de vivre sans mines antipersonnel:

« ... notre peuple serait très heureux. Il aurait la terre pour repiquer le riz, il aurait la liberté et la sécurité pour bâtir ses maisons, pour voyager sur route et sur chemin de fer, la possibilité de gagner de l'argent et de se suffire à lui-même.»

II semble qu'il s'agirait là de peu de choses à demander, et pourtant comment, dans des pays si éloignés du Cambodge et d'autres nations infestées de mines, trouver une réponse à cette violence si révoltante et si aveugle? Le groupe que nous constituons veut souligner ici l'approche qui a été faite de cette question par les Soeurs de Lorette (Institut de la Bienheureuse Vierge Marie), pour traiter le problème des mines antipersonnel dans son ensemble. En 1992, la Campagne Internationale pour Bannir les Mines antipersonnel a été lancée par une poignée d'Organisations Non Gouvernementales (ONG) et des Droits de l'Homme, avec l'objectif de développer assez de prise de conscience dans l'opinion publique pour changer le paysage politique et faire disparaître cette arme conventionnelle des arsenaux mondiaux.7 En l'espace de trois ans, ce point est devenu l'une des campagnes générales les plus importantes jamais lancées. Plus de cent ONG sont maintenant engagées et un nombre de pays sans cesse croissant est en faveur d'une interdiction totale de production, de stockage, de commercialisation et d'usage de mines antipersonnel. Les Soeurs de Lorette, dans leur engagement particulier envers les marginalisés, particulièrement les femmes et les enfants, et dans leur désir d'apporter des réponses non violentes à la guerre et à la violence, ont pris la décision de s'associer à cette campagne contre les mines antipersonnel. On trouvera ci-après les grandes lignes de la démarche qu'elles ont suivie.

  • La congrégation, étroitement liée au Service Jésuite pour les Réfugiés, une des ONG impliquées dans la campagne, était tout à fait disposée à collaborer avec eux, à recevoir d'eux les informations et les ressources pour pouvoir agir, et aussi à établir des liens par leur intermédiaire avec les autres groupes impliqués dans la campagne: Mines Advisory Group (GB), CAFOD (GB); Australian Catholic Relief; Vietnam Vétérans de la Fondation Américaine; Mani Tese (Italie) et Pax Christi (Irlande); Handicap International.
  • Un séminaire a été organisé pour une centaine de membres de la congrégation, et des représentants d'ONG et de partis politiques ont été invités aussi (un ancien ministre participa à l'ouverture).Un délégué de Mines Advisory Group (MAG) nous a parlé, expliquant les types de mines, les buts recherchés et les résultats obtenus par les diverses catégories de mines anti personnel et il nous a fait part de son expérience en tant que démineur. Une soeur de la Congrégation a fait le lien entre la campagne des Mines antipersonnel et les grandes lignes de leur Institut pour la mission.
  • Une après-midi de ce séminaire a été réservée pour prévoir en petits groupes l'action à mener.
  • Des schémas de mines antipersonnel, avec les renseignements nécessaires sur ces mines et sur la campagne à mener, des propositions d'actions, des lettres-type avec des adresses de responsables mondiaux, ont été distribués aux participantes et envoyés à toutes les provinces de la congrégation.
  • Une prise de position publique pour la presse, donnant des précisions sur la réunion et sur la position de la congrégation a été envoyée à tous les journaux importants (publiée dans un).
  • Des copies des présentations faites à ce séminaire ont été distribuées dans toutes les communautés de la congrégation.
  • Des lettres venant de l'Administration générale ont fait référence à cette campagne sur les Mines antipersonnel, ainsi que des présentations faites dans le bulletin de nouvelles sur la justice sociale diffusé par la congrégation. Les membres de la congrégation ont été encouragées à écrire à la coordinatrice, pour donner les grandes lignes des actions entreprises.
  • Des mises à jour de renseignements divers sur les Mines antipersonnel ont été envoyées à toutes les communautés, donnant: des informations sur les divers rapports des Nations Unies; des détails sur les actions entreprises par des personnes et des groupes; un état sur l'évolution enregistrée quant au nombre de pays engagés pour une élimination totale; des suggestions pour des actions ultérieures.
  • La coordinatrice est restée en contact étroit avec le Service Jésuite pour les Réfugiés, est entrée en contact avec un autre promoteur de la cause, a tenu informé des activités menées le directeur de la Campagne Internationale sur les Mines antipersonnel, et a utilisé de la documentation en provenance de plusieurs services.

Actions menées:

  • II y eut un effort concerté pour écrire des lettres aux leaders politiques locaux, aux ministres de la défense, aux chefs des états producteurs et/ou diffuseurs de mines antipersonnel.
  • Certaines ont contacté "Amnesty International", Fax Christi et d'autres groupes militant pour la paix, ou encore se sont associées à des campagnes nationales ou organisées par l'Église.
  • Des pétitions ont été lancées avec collecte de signatures.
  • Une information a été distribuée auprès des populations où nous sommes insérées.
  • Des activités pour susciter une prise de conscience créative ont été introduites dans les écoles.
  • Une chaîne de prière internationale, centrée sur les mines antipersonnel, a été lancée parmi les soeurs âgées, avec information et encouragement à écrire.

"Il y eut peu de contacts directs avec des responsables politiques pour faire pression sur eux: peut-être trop de directives venant d'en haut, et d'autre part il est difficile d'évaluer combien de membres de la congrégation ont été de fait activement engagées dans la campagne. Cependant certaines se sont mises en marche, des actions ont été menées, un certain nombre de soeurs sont mieux informées sur le problème général, et la congrégation elle-même, grâce à son engagement dans une action de collaboration, a acquis quelques savoir-faire en matière de collaboration, de coordination d'une action, en communication et en recherche de ressources... Si en Angola, en Afghanistan, au Rwanda, au Soudan ou dans les pays à risque, nous pouvons, d'une certaine façon, permettre que les hommes puissent cultiver les champs, que les femmes puissent aller chercher de l'eau, que les enfants puissent gambader dans les rizières en paix et en toute sécurité, nous aurons fait beaucoup." (Le Conseil Général, au Séminaire).

Si le Monde cessait ses dépenses d'Armement:8

  • on pourrait sauver la vie de 5 millions d'enfants qui meurent de diarrhée chaque année: le coût en est estimé à $ 700 millions, soit ce que le monde dépense pour l'armement en 6 heures;
  • on pourrait pourvoir 80 000 villages pauvres en pompes à eau: le coût en est estimé à $ 12 millions, soit ce que coûte un essai nucléaire;
  • on pourrait sauver les forêts tropicales: le coût en est estimé à $ 1,4 milliards par an pendant 5 ans, soit ce que le monde dépense pour l'armement en 12 heures;
  • on pourrait empêcher la désertification: le coût en est estimé à $ 5,6 milliards, soit ce que le monde dépense pour l'armement en 2 jours.

1.1.3 Démographie dans sa réalité actuelle

  • Entre 1950 et 1996, la population des régions économiquement les moins développées a augmenté de 168%, alors que cette même croissance dans les régions économiquement plus développées est de 45%.
  • Entre 1950 et 1955, la croissance annuelle moyenne de la population mondiale a été de 47 millions. Entre 1990 et 1995, ce même taux de croissance est passé à 81 millions, dont 69 millions pour l'Afrique et l'Asie.
  • La population du monde est aujourd'hui de 5,7 milliards.

1.1.4 Enfants

Faim

  • Un enfant sur trois, du monde en voie de développement, souffre de malnutrition.
  • Chaque jour, plus de 40 000 enfants meurent de malnutrition et de maladies facilement évi tables.
  • Chaque minute, 30 enfants meurent par manque de nourriture et de médicaments de base peu coûteux.

Santé

  • 120 000 enfants naissent chaque année avec un handicap intellectuel en raison du manque d'iode, carence à laquelle on peut remédier facilement et de façon peu coûteuse.
  • 250 000 enfants perdent la vue chaque année par manque de vitamine A.
  • 4 enfants sur 5 en zone rurale n'ont ni eau ni installations sanitaires adéquates.
  • 4 enfants sur 5 n'ont pas accès aux soins médicaux modernes.

Éducation

  • 90%"des enfants des pays en voie de développement s'inscrivent à l'école, mais seulement 68% arrivent à 4 ans de fréquentation.
  • En 1993,130 millions d'enfants (entre 6 et 11 ans) ne fréquentaient pas l'école.

Guerre

  • En 1995, dans la seule Afrique, au cours des 10 premiers mois de l'année, 1/2 million d'enfants sont morts à cause de conflits armés.
  • A cause de la guerre, au cours de ces dix dernières années, 6 millions d'enfants sont devenus invalides et 12 millions ont perdu leur maison.
  • Dans le seul Libéria, on compte 15 000 enfants soldats.

Problèmes plus aigus concernant les enfants

  • Le travail des enfants comme exploitation économique: on estime que 200 millions d'enfants sont forcés à travailler.
  • Prostitution des enfants: un million sont contraints de se prostituer chaque année, la plupart devenant séropositifs ou malades du SIDA.
  • Enfants des rues: plus de 100 millions au-dessous de 15 ans.
  • Commerce de bébés.
  • Commerce d'organes d'enfants.
  • La moitié de la population des réfugiés est composée d'enfants.

"Enfants en danger": une réponse concrète

Notre engagement dans le Mouvement des "Aides-Ménagères" ("House Workers") à travers toute l'Inde nous a fait découvrir la réalité de ces enfants engagés dans des travaux domestiques. Nous avons pris une conscience plus aiguë de la situation critique de ces petites filles au travail, réduites au silence et cachées, qui sont souvent des travailleuses forcées, appelées "notre" enfant, "adoptées"... Ce sont des petites filles qui rêvent aussi de jouer ou de porter un uniforme selon la coutume de celles qui vont à l'école, mais qui sont punies si elles ouvrent un manuel des enfants de la famille.

Sunita était une de ces fillettes au travail. Son père était en prison et sa fille fut mise au travail à Bombay à l'âge de 9 ans. Un responsable de la Solidarité avec les "Aides-Ménagères" de Bombay a réussi à la sortir de son lieu de torture. Sunita avait alors 11 ans, de beaux cheveux noirs mal coupés, un regard profond, exprimant la peur. Elle portait sur tout le corps des marques de brûlure. Pour de petites fautes ou parce qu'elle était incapable de faire le travail commandé, son employeur la battait avec une tige brûlante. Le juge pour enfants nous a mis devant un choix: soit gagner le procès et Sunita devrait alors rejoindre le Foyer pour Mineurs jusqu'à ce qu'elle ait dix-huit ans, ou renoncer à l'action en justice et prendre sur nous de nous occuper d'elle.

Nous avons choisi la deuxième solution. Aussi avons-nous pris Sunita chez nous, puis nous avons trouvé une solution de tutelle pour elle, et lui avons trouvé une école.

Quelques jours plus tard, Artahi est arrivée, victime d'un kidnapping. Et puis, Monica, échappée de la prostitution. Jessie a été victime d'un viol collectif à l'âge de 7 ans. Tous des enfants profondément blessés, traumatisés...

Nous répondons essentiellement au cas par cas, dans des situations tragiques. Nous sommes en lien avec des avocats et avec diverses Congrégations et foyers d'enfants pour réinsérer ces enfants dans la société. Dernièrement, nous avons été particulièrement concernées par la recherche de solutions avec un groupe de personnes et de communautés motivées pour sauver des victimes de l'exploitation commerciale du sexe dans la cité de Bombay.

Cette recherche tout comme l'engagement des personnes, sont très positifs, mais on ne voit pas clairement la solution... La Commission Sociale Indienne de la Conférence Épiscopale soutient aussi cet effort. Il s'agit d'un engagement à différents niveaux, dans un effort de collaboration pour donner à nos enfants un "avenir de justice et de paix".

Jeanne Devos, ICM, Inde

1.1.5 Les Femmes

Les secteurs de préoccupation cruciaux concernant les femmes aujourd'hui:

  • Pauvreté: 60% du milliard de pauvres en zones rurales sont des femmes.
  • Éducation: sur 960 millions d'illettrés adultes, 70% sont des femmes. Sur les 130 millions d'enfants sans enseignement primaire, 70% sont des filles.
  • Santé: 500 000 femmes meurent chaque année des suites d'une grossesse.
  • 500 femmes meurent chaque jour par suite d'un avortement fait dans de mauvaises conditions.
  • Violence: 1/3 des femmes sont victimes de violences physiques. Toutes les 8 secondes, une femme est brutalisée. Toutes les 6 minutes, une femme est violée. 110 millions de filles et de femmes ont été mutilées (organes génitaux); 2 millions sont encore mutilées chaque année. Plus d'un million de bébés meurent chaque année de malnutrition, de négligence ou de mauvais traitements, tout simplement parce que ce sont des filles.
  • Conflits armés et autres: les femmes représentent 80% des 100 millions de personnes déplacées (dans leur propre pays), et des 29 millions de réfugiés dans le monde. On dépense tous les ans 800 milliards de dollars US pour l'armement, et la communauté internationale n'a pas 6 milliards de ces même dollars qui seraient nécessaires pour donner à chaque fillette l'éducation à laquelle elle a droit.
  • Participation économique: les femmes sont payées de 30 à 40 % moins que les hommes, à travail égal. Les femmes font les 2/3 de la masse totale de travail dans le monde, mais ne reçoivent que 10% du revenu correspondant et possèdent seulement 1% de la terre. Si l'on accordait une valeur économique au travail non payé des femmes au foyer, cela ferait quelque 11 millions de millions de dollars, et cela augmenterait de 70% le revenu global.
  • Partage du pouvoir et prise de décision: en 1996, la proportion de sièges parlementaires dans le monde occupés par des femmes était de 12% (15% en 1988).
  • Le bilan des actes de violence envers les femmes, dans certains pays, dans les années 1990, était le suivant:
    • États-Unis: 1 femme adulte sur 5 a été violée.
    • Pérou: 70% des crimes dénoncés à la police concernent des femmes battues par leur mari.
    • Norvège: 25% des patientes en gynécologie ont été victimes de violences sexuelles de la part de leurs partenaires.
    • Thaïlande: dans le plus grand bidonville de Bangkok, 50% des femmes mariées sont régulièrement battues.

1.1.5.1 Exemples d'engagement pour la cause des femmes

Extraits de documents de Chapitres:

"Notre ministère spécifique en tant que femmes, et que Comboni considérait comme indispensable à la mission d'évangélisation, fait de la promotion de la femme une priorité pour nous. Il faut que les femmes prennent conscience de leur valeur, de leur dignité et du rôle essentiel qu'elles sont appelées à tenir dans la famille, dans l'Église et dans la société."

Soeurs Comboniennes

"...Parce que nous sommes femmes, nous voulons travailler avec et pour les femmes pour trouver la façon de faire entendre notre propre voix dans la société et dans l'Église. La façon féminine que nous avons d'apprécier la vie nous pousse à avoir un profond respect pour chaque être humain et pour la terre qui nous nourrit tous. Nous désirons acquérir cette perspective et cette disposition du coeur qui nous font voir Dieu en tout, nous rendent solidaires des pauvres et nous invitent à essayer de comprendre le monde à travers leurs yeux. Avec compassion et avec courage, dans une vision qui ne peut venir que de la contemplation de l'évangile et de la lecture des signes des temps, c'est ensemble que nous recherchons sans nous lasser, pour nous et pour les autres, la conversion, afin de pouvoir oeuvrer à l'avènement de la justice et de la paix."

Société de Sainte Ursule

Un exemple d'action efficace menée par des femmes:

Les hommes de Cattiparambu (village de pêcheurs) étaient fortement portés sur la boisson. Leurs maigres salaires passaient à boire, ce qui conduisait à des disputes dans les familles, des divisions et même des meurtres. Les femmes du village avec plusieurs organisations travaillant avec elles décidèrent de mettre un terme à ce mal. Nous avons organisé une "dharna" (manifestation), et informé la police et les autres autorités de notre projet. Nous avons pris position assises en groupes devant tous les débits de "arrack" (boisson locale) du village, jour et nuit. Cela a duré plus de trois mois. Pendant ce temps aucun homme n'était autorisé à rentrer dans les tavernes et l'approvisionnement en "arrack" frais était également empêché. Une fois, un homme est entré de force et est ressorti ivre. Les femmes l'ont pris, l'ont déshabillé, l'ont attaché à un cocotier et l'ont battu, lui disant qu'elles avaient suffisamment souffert dans le passé. Elles le laissèrent dans cet état pour que les autres hommes le voient. Après cela personne d'autre n'osa entrer dans la taverne. Comme les femmes n'ont pas pu travailler pendant ces longs mois, toutes les familles ont fait l'expérience de la faim.

Nous avons rencontré des oppositions, nous avons connu de grandes difficultés, nous avons été menacées de mille façons... Nous avons aussi expérimenté ce qu'était la faim, nous avons passé des nuits sans dormir... Dans tout cela, nous sommes restées unies jusqu'à ce que les représentants du gouvernement soient amenés à retirer les licences de vente d'alcool et à fermer tous les débits d'arrack dans le village...

Pour moi ce fut là un "signe de Dieu"... J'ai fait l'expérience du soutien de ma communauté, ma vocation de FMM a été consolidée et mon engagement pour la justice s'est approfondi.

Soeur Cecily George, FMM, Inde

Conscientisation des femmes, source de changements...

Voici l'histoire d'un groupe de paysannes à Culong, Guimba, Nueva Ecija, (Philippines). La plupart d'entre elles font partie de la Communauté Chrétienne de Base, animée par une femme dynamique, faisant autorité localement. Un jour de septembre 1994, à l'invitation de cette responsable, l'équipe du Programme Féminin de l'Institut Socio-Pastoral fut invitée à organiser une session de formation, sans que l'on sache très bien quel type de formation était désiré à la base. Une rencontre préparatoire fut organisée: un séminaire d'un jour en vue de déterminer les grandes lignes de la formation envisagée, utilisant pour cela une approche expérimentale. Trente-cinq femmes y ont participé.

Ce séminaire fut une expérience très révélatrice pour tout le monde. Les participantes se découvrirent en tant que personnes, avec leur beauté, leurs talents et leur valeur en tant que FEMMES. Elles prirent conscience de la situation et du statut de la femme à la maison, dans la société et même dans l'Église: la femme est subordonnée, exploitée, marginalisée et exclue quand il s'agit de prendre une décision. Au cours de ce séminaire, elles approfondirent leur appréciation du rôle de la femme comme celle qui porte l'enfant au monde, celle qui nourrit la vie; mais elles ont aussi découvert que la femme est donneuse de vie de bien d'autres façons qu' en mettant un enfant au monde.

Nous ne nous imaginions pas à quel point cette rencontre allait marquer le début de notre marche commune, jusqu'à ce jour de janvier 1997. Ce séminaire fut pour ces femmes comme l'avant-goût de ces eaux vives venant du fond d'elles-mêmes. Elles avaient soif de découvrir la vie en tant que femmes...

Les rencontres qui suivirent ont apporté des clarifications entre sexe et genre. Elles ont pris conscience du rôle stéréotypé attribué aux femmes comme aux hommes et transmis de génération en génération par une culture patriarcale injuste. Elles ont découvert, en outre, le grand don de la FOI qu'ont les femmes - en elles-mêmes, dans les autres, et surtout en Dieu. Elles ont développé un sens plus profond de l'interdépendance avec la nature - croyant qu'une vie en bonne santé a une relation avec un environnement qui est aussi "en bonne santé", et que les humains existent en relation symbiotique avec la terre. Elles ont prié et exprimé l'espoir que leurs maris puissent aussi désirer et avoir la même formation.

RÉSULTATS : elles se sont formellement organisées en tant qu'association de femmes. Leurs maris ont eu une première rencontre et ils demandent à continuer. La conscience féminine de leur spécificité en tant que genre féminin devient plus aiguë. Elles ont éliminé l'usage de pesticides et d'engrais qui ne soient pas organiques. Elles développent maintenant une agriculture biologique. Elles ont choisi d'utiliser le "carabao" dans l'agriculture, pour éviter la pollution, utilisent du lait de "carabao" pour leurs enfants et contribuent à faire reculer la menace d'extinction d'espèces liée à la mécanisation de l'agriculture. Elles REVENT du temps où les femmes et les hommes, avec l'ensemble de la création, vivront en harmonie, dans l'unité, l'équilibre et le respect mutuel!

Josefina Diaz, Soeurs Missionnaires du Coeur Immaculé de Marie (ICM), Philippines

Quelques faits positifs, signes de progrès en Zambie:

  • Des femmes catholiques sont présentes aux funérailles et s'emploient avec succès à protéger la veuve de la violence des membres de la famille du défunt qui veulent tout récupérer.
  • Des femmes s'emploient à soutenir les victimes de violences domestiques, prolongeant l'attitude de la police à leur égard.
  • Des femmes utilisent les résultats de recherches sur les causes de la violence pour la combattre.
  • Des femmes ont aidé les "veuves de la catastrophe aérienne du Gabon" pour obtenir que les fonds qui leur sont dus leur parviennent.
  • Des femmes ont organisé une marche sur le palais présidentiel pour protester contre l'augmentation des viols; des arrestations ont suivi cette action.9

Au premier SOMMET MONDIAL DES MICROCRÉDITS (février 1997), la Reine d'Espagne partage son expérience et ses espoirs de changements:

Prenant la parole à la séance d'inauguration, la Reine Sophie a rappelé sa récente visite au Bangladesh, un des pays les plus pauvres au monde. Avant de faire le voyage, elle s'était renseignée sur la politique consistant à octroyer de petits prêts aux femmes en secteur rural dans le monde, pour savoir si de telles actions bénéficiaient vraiment aux femmes en question et présentaient des résultats pratiques dans la lutte pour éliminer la pauvreté qui règne, au mépris de leurs droits humains naturels.

"...En visitant les villages et en parlant avec les femmes bengali si accueillantes et généreuses, j'ai trouvé la réponse à ces questions. J'ai découvert cette réponse en voyant de près la profonde solidarité entre les femmes marquées par la souffrance à travers des événements personnels dramatiques. A travers leur témoignage et les preuves tangibles de leur travail, débouchant généralement sur des réalisations concrètes et des produits créés par elles, j'ai pu comprendre qu'il était possible de vaincre la pauvreté et de faire en sorte que l'utopie devienne réalité!"

1.1.5.2. Eco-Féminisme

La violence faite aux femmes et la violence faite à l'environnement sont en étroite interdépendance. Le terme "éco-féminisme" veut faire référence à tous les problèmes qui concernent tant l'environnement que les femmes. Ce terme a été employé pour la première fois en 1974 par un écrivain français, Françoise d'Eaubonne, pour désigner la capacité qu'ont les femmes d'agir pour changer la politique relative à l'environnement.

La prise de conscience croissante des problèmes des femmes est étroitement liée à la prise de conscience croissante de la destruction de la nature. Tant les femmes que la nature sont victimes de violences. Dans beaucoup de cultures on peut entendre les "gémissements" des femmes, et aussi les "gémissements" de la création. La destruction de l'environnement a un effet particulièrement grave sur les femmes. "Ce sont les femmes qui souffrent le plus, quand font défaut l'eau potable, le combustible et les éléments indispensables à la vie. Les femmes savent ce que veut dire une pénurie d'eau, elles savent combien la santé de leur famille est affectée lorsque les conditions matérielles élémentaires de la vie ordinaire ne sont pas garanties. Elles savent ce que veut dire porter atteinte à l'équilibre fragile de la nature."10

Les femmes dans les pays pauvres sont doublement touchées par la crise écologique, car elles ne peuvent pas se permettre d'acheter de l'eau en bouteilles ou des produits alimentaires écologiques, pas plus qu'elles ne peuvent payer les soins de santé. Les injustices qui sont faites à la nature aggravent les injustices qui sont faites aux femmes, particulièrement aux pauvres.

Le mouvement éco-féministe actuel a contribué à une meilleure compréhension de l'interdépendance entre tous les éléments de la création. On peut dire que le mouvement éco-féministe actuel cherche à promouvoir un nouveau type de relations entre les femmes et les hommes, entre les êtres humains et la nature, une relation basée sur le respect mutuel, une relation porteuse de VIE

On trouvera ci-dessous des extraits du questionnaire préparatoire envoyé aux participants clé la 11° Assemblée Générale de la Rencontre des Religieux d'Asie (Asian Meeting of Religions - AMOR) qui s'est tenue en Inde en juin 1997:

Racines de l'Eco-Féminisme:

  • Fondements dans l'histoire humaine, où l'interrelation de l'ensemble de l'écosystème a été vécue dans sa plénitude.
  • Perception de ce que la Terre, comme la femme, engendrent la vie nouvelle: le féminin révéré comme "Déesse Mère".
  • Corrélation entre écologie et féminisme et notre façon de la comprendre.
  • Les valeurs communes qui favorisent la vie et qui la soutiennent dans la communauté humaine se sont érodées progressivement en raison des attaques portées par les valeurs et les idéologies de type patriarcal et capitaliste.
  • La "maîtrise" exercée sur la femme et sur la terre, vécue sous forme de contrôle ou de domination, particulièrement vis-à-vis des femmes et de la nature; la violence et la destruction de la vie illustrent les forces qui sont à l'oeuvre dans le contexte actuel.

"Réussites" de l'Éco-Féminisme:

  • Esprit de modération - de frugalité (Robert Muller, ex-Assistant du Secrétaire Général des Nations Unies, actuellement Chancelier de l'Université de la Paix au Costa Rica).
  • Une compréhension du "développement" et du "progrès" où la communauté des personnes et le soin porté à la terre sont placés au centre.
  • La protection de la nature, contre une exploitation aveugle guidée par des intérêts capitalistes et par des droits acquis, est essentielle pour la vie humaine.
  • Une plus grande appréciation du rôle de la femme comme donneuse de vie et nourricière de vie dans le contexte actuel qui est plutôt destructeur de la vie - tant de la vie humaine que de la nature.

1.1.6 Réfugiés

Le fait qu'il y ait tant de réfugiés est signe que notre monde ne tourne pas rond. Il n'est pas possible de voir ces réfugiés et la façon dont la communauté internationale les traite sans réaliser que leur présence est un signe que quelque chose va dramatiquement mal dans le système international.

  • On estime à 29 millions le nombre de réfugiés et à ce chiffre il faut ajouter 100 millions de personnes déplacées (soit dans le pays d'origine, soit à l'extérieur). Une petite minorité seulement réussit à quitter le pays en guerre; la majorité reste "piégée" dans le pays, souffrant des horribles conséquences de la guerre.
  • Le nombre de réfugiés est en croissance en raison des violations des Droits de l'Homme, qu'elles soient de nature politique, économique, liés au cadre de vie ou à l'origine ethnique. Un commerce des armes en croissance, des pratiques commerciales injustes, des politiques d'accumulation de la dette inhumaines, une exclusion de type politique, culturel, religieux, le racisme, la désertification et d'autres désastres écologiques, tout cela continuera à intensifier le nombre de réfugiés au XXIe siècle.
  • Ils se retrouvent "à la merci" du plus fort: des témoins oculaires confirment cela dans les rapports faits sur les réfugiés rwandais.

Définition d'un réfugié

Selon la loi internationale un "réfugié" est une personne qui:

"En raison d'une crainte fondée d'être persécuté pour motifs de race, de religion, de nationalité, d'appartenance à un groupe social ou à un courant d'opinion politique particulier, vit hors de son pays, et ne peut pas ou ne veut pas (en raison de telles craintes) se fier à la protection de ce pays; ou encore qui, n'ayant pas de nationalité et vivant hors du pays de résidence habituelle antérieure, en raison d'événements dramatiques, ne peut pas, ou par peur, ne veut pas y retourner."

Cette définition ne prend pas en considération ceux qui sont déplacés pour motifs de violence ou de guerre, sans avoir fait l'objet d'une persécution individuelle déterminée.

La réglementation internationale de protection des réfugiés ne fait plus l'unanimité. Cette réglementation était caractérisée par un consensus reconnaissant aux réfugiés un droit particulier par rapport à la communauté internationale, reconnaissant qu'il relevait de la responsabilité de la communauté internationale de leur fournir protection et assistance - et que cette responsabilité n'incombait pas seulement aux gouvernements des pays d'accueil. Aujourd'hui un tel consensus n'est plus évident. Les trois éléments pris en compte pour fixer cette réglementation - définition légale du réfugié, Convention du Réfugié proprement dite, et UNHCR, principal acteur de la réglementation qui avait cours - évoluent vers un changement d'appréciation de la notion de réfugié:

  • Des applications restrictives de la définition classique du réfugié par des gouvernements
  • nationaux ont été introduites dans la Convention des Nations Unies de 1951 et dans le Protocole de 1967.
  • On se pose de plus en plus de questions sur l'opportunité de la définition à une époque où la plupart des réfugiés le sont en raison de guerres et de violence, plutôt que sous l'effet d'une persécution personnelle, et où la distinction est de plus en plus floue entre les raisons de fuir de nature économique ou politique.
  • affaiblissement du pouvoir et de l'influence du Haut Commissaire pour les Réfugiés des Nations Unies pour protéger et assister les réfugiés.

Les enjeux entraînés par une telle érosion du système international sont lourds. 90% des réfugiés du monde viennent des pays du Sud et 90% d'entre eux restent dans ces pays du Sud. Des gouvernements de pays beaucoup plus pauvres que ceux des pays d'Europe ou d'Amérique du Nord - pays qui hébergent un grand nombre des réfugiés - se demandent pourquoi ils devraient fournir le nécessaire pour ces réfugiés alors que les pays plus riches ferment leurs portes. L'échec des trois solutions traditionnelles au problème des réfugiés (rapatriement volontaire, intégration locale et nouvelle implantation dans un pays tiers) entraîne que le Nord comme le Sud sont concernés par ce problème.

Un réfugié partage son expérience:

«Je suis arrivé en Australie en juillet 1995, venant du Burundi, cette nation d'Afrique centrale déchirée par la guerre. Ce fut un grand changement pour moi du fait qu'il n'y avait guère de point commun entre la vie dans ces deux pays. Bien que le Burundi ait fait la une des médias au cours des deux dernières années, et malgré sa célèbre musique rythmée, jusqu'à présent le pays reste ignoré de beaucoup. Les gens me demandent toujours où il se situe. Je me contente de dire que c'est le pays voisin du Rwanda et alors ils se rappellent les tristes images du génocide de 1994.

Maintenant en Australie, je mène une vie différente, comme nouveau membre de la famille des réfugiés. J'ai dit adieu à l'été sans fin, particulièrement au Lac Tanganyika qui a façonné ma vie au moment où la violence faisait irruption dans ma ville. Je n'ai pas eu la possibilité de dire au revoir à mes amis ni même à mes parents. Mais ce qui me fait le plus de mal c'est le sentiment cruel qui revient sans cesse: le sentiment que je risque de ne jamais les revoir. Beaucoup de ceux qui sont rentrés disent que j'ai de la chance. Mais ils ne s'imaginent pas combien c'est dur de vivre loin, et surtout d'être seul...

Ils ont du mal à imaginer que je suis maintenant comme une feuille portée par la rivière. Il est difficile de répondre à l'éternelle et embarrassante question: 'Quand vas-tu rentrer à la maison?' Mais quand vous savez que vous n'avez pas d'autre choix pour vivre, vous fermez les yeux et vous acceptez la décision.

Le plus grand défi pour quiconque est dans mon cas est de s'adapter au nouvel environnement. Pour y arriver, le facteur majeur est l'indépendance financière. C'est certainement là un préalable dans le cas d' un réfugié plus encore que pour quelqu'un d'autre, pour être au moins partiellement accepté par la communauté.

J'ai appris de ma petite expérience que j'ai 'à travailler comme un réfugié' pour survivre. Je me suis maintenant rendu compte qu'un réfugié doit être fort à la fois physiquement et psychologiquement. Oui, même s'il vous arrive de pleurer, il vous faut laisser les larmes couler sur votre coeur. Il vous faut laisser la fierté et la tristesse à l'intérieur, et ne pas cesser de sourire. La terre continue de tourner et le soleil brille pour tous. A la fin du jour vous n'avez qu'à soupirer et à chanter, espérant qu'une fois, quelque part, quelqu'un s'arrêtera pour vous regarder et faire cas de vous.»11

Mieux vaut Prévenir que Guérir

Les mouvements de réfugiés ne sont pas inévitables, mais ils peuvent être prévenus si on mène des actions pour réduire ou faire disparaître les menaces qui poussent les gens à quitter leur pays et à chercher refuge ailleurs. C'est là un principe fondamental de l'approche que l'on peut faire du problème des déplacements de populations. L'idée de prévention implique des actions telles que:

  • contrôler et anticiper,
  • intervenir diplomatiquement,
  • investir dans le développement économique et social,
  • résoudre les conflits,
  • protéger les droits humains des minorités,
  • diffuser une information auprès des personnes à la recherche d'éventuels refuges.

Cela suppose que l'on cherche à remédier à la cause immédiate de la fuite, à la racine…

II est demandé aux pays d'origine de remédier aux causes des départs et de faciliter le retour des réfugiés ou des personnes déplacées. On constate une tendance croissante à vouloir que la communauté internationale s'occupe des conditions qui jusqu'à présent avaient été considérées comme des problèmes internes: violation des droits de l'homme, répression des minorités, alignement de tous sur la même règle, violence et persécution.

Une action en 10 étapes

  • Étape 1 Développer sa conscience du problème
  • Étape 2 S' impliquer
  • Étape 3 Comprendre les principes du système international
  • Étape 4 Comprendre les enjeux politiques dans son propre pays
  • Étape 5 S'efforcer de faire avancer la paix et la justice
  • Étape 6 Faire preuve de solidarité
  • Étape 7 Pratiquer l'hospitalité: "accueillir l'étranger"
  • Étape 8 Prendre part au débat sur l'immigration
  • Étape 9 S'engager dans la défense des causes
  • Étape 10 Offrir des services qui répondent à des besoins matériels sociaux et spirituels

Conclusion

Même si beaucoup de gens, dans notre société passent toute leur vie à ignorer l'existence d'étrangers au milieu d'eux, il est des chrétiens et quelques Eglises qui choisissent de se placer du côté des déracinés. Il y a des églises qui se sont identifiées aux étrangers et aux exilés pendant des siècles. Des signes d'espérance se manifestent ici ou là à travers des initiatives de groupes spirituels pour créer de nouveaux ministères, de nouvelles voies de coopération oecuménique et de nouveaux moyens de promouvoir la dignité humaine et de crée une communauté viable.

Nous invitons les fidèles, par leur témoignage et le service à tous les niveaux de la vie de leur communauté, à redécouvrir leur identité comme "Église de l'Étranger."12

1.1.7 Personnes âgées et handicapés

  • Ils sont parfois mis de côté de façon subtile;
  • La société a tendance à considérer seulement les personnes qui "produisent";
  • II arrive qu'ils soient tolérés, plutôt que d'être l'objet de soins prodigués avec amour;
  • La société et certaines familles tendent à adopter un système de valeurs qui les exclut.

1.1.8 Injustices de type culturel et religieux

  • Une distinction apparaît clairement entre le concept de "culture" des peuples indigènes et le concept moderne de "culture": dans le premier cas, personne n'est exclu; dans le deuxième il y a une sorte de culture d'exclusion inhérente à la modernité.
  • Les "exclusions" de type culturel et religieux ont coûté la vie à 120 millions de personnes pour le seul XXe siècle.
  • II arrive que des personnes soient si peu considérées pour des motifs culturels, linguistiques ou religieux qu'on ignore leur existence même.
  • II y a des pouvoirs politiques qui ont secrètement un programme d'élimination de groupes minoritaires ("non-persons"), parce qu'ils sont considérés comme des personnes "superflues".
  • Jusqu'à une date récente, les 41 millions d'indigènes d'Amérique Latine et d'ailleurs étaient considérés comme des "non-persons": leur situation en certaines régions n'a pas beaucoup changé.
  • Des groupes et sectes fondamentalistes sont parfois utilisés et trompés par ceux qui ont le pouvoir politique. Il en résulte qu'ils sont considérés par les autres groupes comme des "menaces".
  • On peut dire qu'une nouvelle culture est en train de naître, avec un nouveau système de valeurs, remplaçant les valeurs culturelles et religieuses traditionnelles. Les mass-media sont le facteur principal de ce phénomène.

1.1.9 Racisme

  • Au moyen de pratiques erronées en matière éducative, législative, légale, médicale et religieuse, et au moyen d'arrangements linguistiques ou autres habilement étudiés, des catégories d'êtres humains sont systématiquement dépouillées de leur humanité et de leurs espérances, en raison de leur race.
  • Le racisme est un mal qui existe dans tous les secteurs de la société et de l'Église.

Exclusion:

Jusqu'à présent nous parlions de groupes marginalisés, mais le phénomène nouveau, c'est l'exclusion de ces groupes. Il est facile d'identifier les exclus, mais plus difficile d'identifier ceux qui excluent.

Extrait d'un document de Chapitre Provincial:

L'universalité - héritage de Marie de la Passion - est tout d'abord une attitude spirituelle d'ouverture qui nous conduit au-delà des frontières, des groupes ethniques, des castes, des nationalités. Au point de départ, il faut prendre le chemin de la conversion et reconnaître notre propre ethnocentrisme, en vue de dépasser cette disposition et d'aller vers les autres. Dans la situation actuelle où les populations sont brassées et où les nationalismes se manifestent avec virulence, nos communautés inter culturelles et internationales sont appelées à être des signes et des instruments de communion.

C'est justice de reconnaître et de respecter l'égalité de chaque personne et de chaque culture, et de travailler sans cesse à extirper nos préjugés dans une attitude de conversion permanente. C'est pourquoi les membres du chapitre provincial nous demandent d'approfondir notre prise de conscience des maux liés au racisme et à l'ethnocentrisme - dans notre propre vie - dans nos communautés FMM, dans les secteurs où nous exerçons notre ministère, et dans le monde en général, nous efforçant d'enlever les barrières qui nous empêchent de nous rassembler à la table de Dieu.
Que, dans chaque communauté, les membres se considèrent comme coresponsables pour appeler chacune à faire de cette déclaration une réalité dans le quotidien.

Franciscaines Missionnaires de Marie, USA

Action contre le Racisme

« Je travaille avec des femmes émigrées du Sud-Est Asiatique à Vancouver, Canada, depuis 1993. Les femmes ont pris conscience de ce que les organisations de services sociaux sont surtout des groupes qui s'engagent pour intervenir sur des questions urgentes, et font, en conséquence, peu de prévention. Les femmes se sont donc organisées en un grand nombre de groupes pour faire avancer des causes qui leur tenaient à coeur comme l'éducation, le soutien mutuel, le développement de réseaux stratégiques avec les autres femmes pour entraîner les changements structuraux souhaités sur le plan légal et social .

Le principal problème est la non-reconnaissance des diplômes étrangers et des qualifications pour le travail au Canada.

Les types de discrimination constatés sont par exemple: un niveau de licence permet d'accéder seulement en première année d'université. Un diplôme élevé ne permet à une femme de trouver qu'une équivalence à un degré bien plus bas.

A propos de discrimination sur le lieu de travail: Sirjit dit que "dès qu'ils voient la couleur de votre peau, vous êtes considérée comme quelqu'un qui ne sait rien, qui a un problème de langue ou qui ne fera pas son travail correctement." C'est ainsi qu'ils considèrent les femmes indiennes; les emplois sont pour les personnes du cru, et on vous dit que "vous n'avez pas l'expérience du Canada."

Devi dit ceci: "II faut que vous soyez la première parmi les premières pour réussir aussi facilement qu'une Canadienne de souche."

Pushpa dit ceci: "C'est dur d'être étrangère; il me faut être performante à 100% pour avoir un emploi. Les déclarations faites à propos des femmes sont enveloppées de racisme et de sexisme, un a priori d'ignorance en raison de la couleur de la peau; un a priori faisant penser qu'une femme indienne n'a rien à apporter ou que si elle sait faire quelque chose c'est sans valeur. 11 y a un racisme déguisé dans cette attitude qui consiste à demander des performances supérieures de la part d'une femme immigrée qui est visiblement différente."

Action: Chercher à faire reconnaître les qualifications étrangères. Organiser des ateliers et des guides pratiques comme par exemple "Comment devenir enseignant dans l'état de Colombie britannique". Ateliers productifs d'Education antiraciste et anti-sexiste et projets pour promouvoir l'application de la loi de 1993 sur le Multi-culturalisme en Colombie britannique.»

Helen Ralston RSCJ, Canada

Il existe un programme de formation sur l'antiracisme au Lycée du Sacré-Coeur de Bonn. A Berlin, une RSCJ est déléguée pour les questions des migrants auprès du Cardinal Archevêque. Cela l'amène à être en contact avec la presse et les politiciens qui font la loi et agissent sur l'opinion pour tout ce qui touche les émigrés. Elle a animé des groupes d'étudiants dans un travail sur un projet de loi sur l'immigration, avant sa présentation au parlement.

Société du Sacré Coeur, Allemagne

Extrait du rêve de Martin Luther King voyant une terre unifiée par l'amour et l'Esprit, lorsque ne feront plus obstacle les barrières de couleur et de race:

« ...Je fais le rêve que mes quatre jeunes enfants vivent un jour dans un pays où ils ne seront pas jugés sur la couleur de leur peau mais sur la qualité de leur personne. C'est là mon espoir. C'est là ma foi... Avec cette foi, nous pourrons tailler dans la montagne du désespoir la pierre de l'Espérance.»

1.1.10 Violence

Sans exagérer, nous pouvons dire que nous vivons dans une culture de violence. Le Pape Jean-Paul II dans son encyclique "L'Évangile de la Vie" énumère quelques manifestations de cette culture de Mort. C'est au fond la même chose, parce que toute forme de violence est destructrice.

La violence peut toucher la personne, la société ou être globale. Elle peut être organisée et structurelle. Elle peut être politique, économique, culturelle et religieuse. Elle peut être institutionnalisée. Nous en faisons l'expérience dans les familles et dans les communautés. Nous sommes conscients de ses nombreuses causes et expressions.

Bob Kearns, Joséphite, curé de paroisse aux USA, nous fait part de son expérience avec un groupe de jeunes élèves. Parlant du 5° commandement, il leur demande: "quel type de violence connaissons-nous de nos jours?" Et voici ce qui est sorti spontanément de la bouche de ces enfants de huit ans:

"Viol collectif, battre les gens, poignarder, tuer à l'arme à feu, empoisonner, se suicider, kidnapper des enfants, poser des bombes et mettre le feu, torturer les animaux, abuser sexuellement des enfants, tuer des personnes âgées, avorter, SIDA."

Kearns demande: "Et les fois où vous vous mettez en colère contre vos frères et soeurs, ou vous battez à coups de poings?"

Michael Crosby,13 cherchant à définir la violence, dit que c'est "toute action de force qui inflige une blessure". Selon sa définition, elle comprend trois composantes:

  • elle est liée à toutes sortes de forces;
  • elle n'est pas désirée;
  • cette force inflige une blessure.

La "force" et la "blessure" peuvent être physiques ou mentales, individuelles ou collectives, psychologiques ou sociologiques, concrètes ou idéologiques, religieuses ou spirituelles, etc. Si on réfléchit sur la base de cette définition, on en vient à penser qu'il faut insister sur cette "force" qui inflige la blessure, plutôt que sur les deux autres composantes. Ceci nous amène à nous arrêter sur la cause alors que nous avons tendance à nous occuper de l'effet.

Ceci nous conduit à nous demander quels sont les divers types de "forces" et de "blessures" qui agissent dans notre monde.

A ce sujet, voici ce qu'a écrit Thomas Merton dans son livre "Foi et Violence":

« Le véritable problème moral de la violence au XXe siècle est voilé par des préjugés archaïques et mythiques. Nous avons tendance à voir la violence comme liée à l'individu, à ce qu'on appelle désordre, à ce qui dérange sur le plan physique, à ce qui fait peur aux personnes.... Certes, ce n'est pas sans fondement, mais cela tend à influencer exagérément notre appréciation du phénomène. Cela nous conduit à penser que le problème de la violence se limite à ce domaine restreint, et nous empêche de voir le problème beaucoup plus important de cette violence présente sur un plan plus abstrait, plus global, plus organisé, à une échelle massive de groupes constitués. La violence aujourd'hui est une violence de cols blancs, c'est la destruction de l'être humain systématiquement organisée à travers la bureaucratie et la technocratie»

Nous avons encore tendance à limiter notre compréhension de la violence à quelque chose de physique et d'individuel, et nous ne l'associons pas à ces formes de violence organisées, bureaucratiques, systématiques qui sont responsables de la culture de mort dont nous souffrons aujourd'hui.

Concrètement, la violence se manifeste sous les formes suivantes dans notre monde aujourd'hui:14

  • dans la façon dont nous traitons les pauvres et les marginalisés, les femmes et les enfants, les personnes âgées et les handicapés;
  • dans le lourd fardeau de la dette supporté par les pays les plus pauvres;
  • dans l'austérité des Programmes d'Ajustement Structurel;
  • dans l'économie entièrement basée sur le profit;
  • dans une certaine forme de consumérisme;
  • dans la privation de travail totale ou partielle;
  • dans un accès inégalement réparti aux terres arables et aux autres ressources de base;
  • dans le système monétaire international qui a cours actuellement;
  • dans la destruction de l'environnement.

Quelques exemples d'une option déterminée pour la non-violence prise par les Sœurs Franciscaines de la Pénitence et de la Charité Chrétienne:

"Les soeurs de notre province se sont investies intensément cette année sur la question de la "non-violence". Au cours de la Visite des couvents, les encouragements, incitations, réflexions communes ont porté sur cela."

Les échanges sur ce point ont tourné autour de questions et d'aspects tels que ceux-ci:

"Comment se manifestent un comportement violent et un comportement non-violent dans notre vie?
En quoi consiste un comportement non-violent envers nous-mêmes, par rapport à l'écoute de notre propre vérité intérieure?
La non-violence comme expression de la tolérance?
Le respect de la dignité et de la croissance des autres personnes?
La non-violence - attitude franciscaine -, le principe de subsidiarité, principe lié à une structure de fonctionnement où la non-violence a toute sa place."

Témoignage personnel15

Michacl Crosln/, OFM cny.

Pour accompagner et prolonger cette documentation, je suggère quelques points qui m'ont aidé dans mon effort permanent pour devenir davantage non-violent:

  • Me respecter moi-même tel que je suis, et les autres tels qu'ils sont, renonçant au besoin de contrôler les autres et, respectueusement, ne pas les laisser me contrôler.
  • Dans tout échange qui peut comporter des éléments de conflit, suivre les quatre étapes: me manifester; être attentif; dire ce que je dois dire; renoncer à vouloir manipuler le résultat.
  • Être conscient de ce sur quoi je m'appuie lorsque mon pouvoir, mes possessions et mon prestige sont menacés. Qu'est-ce que je fais pour les protéger, ainsi que mes frontières? Qu'est-ce qui me met sur la défensive?
  • Prendre conscience de mes peurs et de ce que je fais consciemment ou inconsciemment lorsqu'elles se présentent. Comprendre comment elles peuvent m'empêcher de prendre des risques.
  • Me demander si j'éprouve de la dureté envers quelqu'un dans mon coeur. Si oui, chercher à me réconcilier en demandant pardon ou en exprimant du regret. Être ouvert aux autres lorsqu'ils cherchent à se réconcilier avec moi.
  • Être reconnaissant pour les petits actes de non-violence et les apprécier; me réjouir et être heureux en promouvant la paix.
  • Chercher à devenir un mystique-contemplatif dans la prière; cela soutiendra et authentifiera les défis prophétiques qu'impliqué la résistance.
  • Me rendre compte que toute réconciliation doit se baser sur la justice, trouver des moyens créatifs pour lancer un défi aux institutions, "ismes" et idéologies qui soutiennent l'injustice. Ne pas simplement les dénoncer; chercher des alternatives.
  • Développer des façons de penser qui me décentrent de moi-même et me solidarisent davantage avec les victimes de la violence, y compris la terre.
  • Essayer de vivre selon les six principes du Voeu de non-violence de Pax Christi (voir Annexe A3.3); le promouvoir dans toutes mes interventions de type "prédication".
  • Me demander: "est-ce que je me préoccupe vraiment" de ceux dont je ne partage pas le point de vue, à qui je pose question et qui me posent question?
  • Être conscient des sources de ma colère quand elle est destructrice (par exemple: projection, blâme, bouc émissaire).
  • Alimenter des communautés de non-violence et de résistance et me laisser alimenter par elles.
  • Trouver au moins une cause pour laquelle je suis prêt à me sacrifier; m'engager dans une action pour cette cause.

1.1.11 Facteurs d'une mondialisation manipulée

• Sociétés transnationales

Les Acteurs PRINCIPAUX, ceux qui ont le pouvoir dans le monde, sont les Sociétés transnationales (compagnies multinationales) qui n'ont de compte à rendre à personne, pas même aux états-nations. La plupart des pays industrialisés sont endettés, mais pas les sociétés multinationales. Elles constituent les moteurs de la mondialisation. Les États comme les "politiques" travaillent pour elles actuellement.

• Technologies de la Communication

Les ordinateurs sont devenus l'instrument de communication de la vie moderne. INTERNET est amené à devenir une référence qui modèlera la vie pour beaucovip. Les transactions financières se font à la vitesse de l'ordinateur et on sait que l'argent devient le "seul langage humain vrai". Que nous le voulions ou non, nous sommes amené(e)s à entrer sur ces autoroutes de la communication.

• Les Puissants de l'Économie

Les riches et les puissants ne font pas particulièrement preuve de civisme par rapport à leur pays ou nation, mais ils obéissent plutôt aux règles tacites de la nouvelle communauté mondiale. Voyages en avion, téléphones cellulaires ou par satellite, ordinateurs et paradis fiscaux échappant aux réglementations permettent aux riches de parcourir le monde comme s'ils y étaient chez eux et sans montrer beaucoup de considération pour leur propre pays d'origine.

• Les médias

Qui en est le maître? Qui les gère? Les médias sont détournés de leur objectif et souvent manipulés pour servir les intérêts de ceux qui exercent un pouvoir politique et économique. Les médias des nations riches acceptent les règles fixées par les sociétés multinationales et essayent de convaincre le reste du monde que c'est là la seule réalité pour laquelle il convient de travailler, l'unique réalité humaine véritable, le vrai sens du progrès.

• Fondamentalisme

En raison d'une certaine insécurité liée à l'individualisme croissant et à ses manifestations, on assiste à un mouvement vers la droite sur le plan religieux, avec le fondamentalisme. Dans certains contextes, le fondamentalisme est aussi utilisé comme une arme pour combattre la modernité.

Selon Félix Wilfred, la Mondialisation semble bien concerner et entraîner l'ensemble du monde. Mais dans la réalité, elle laisse de plus en plus de gens derrière, abandonnés dans le désert de la misère. Elle déracine quantité de gens avec la promesse de l'abondance, mais en fait elle les trompe, les laissant se dessécher et mourir sur le bord de la route, sans pitié. Les pauvres et les faibles dans notre société sont de plus en plus privés de la sécurité que leurs occupations traditionnelles - même si elles étaient limitées - leur permettaient d'avoir. Ils sont incapables d'être compétitifs dans un système dont la règle du jeu même veut que beaucoup soient abandonnés sur le bord de la route dans l'avancée du progrès. Le secteur agricole a été le plus fortement touché par la mondialisation.... Pour le monde rural, la mondialisation veut souvent dire en fait marginalisation...

Il est facile d'entraîner des peuples et nations dans un système économique mondial. Cela conduit progressivement à la perte des aspects les plus nobles de leur culture. Ils sont tous abondamment pourvus d'un succédané de culture mondiale, qui en fin de compte ne fait que servir les intérêts reconnus des puissants.16

1.2. INJUSTICES ENVERS L'ENVIRONNEMENT

1.2.1 Intégrité de la création

"La terre est ma mère. Comme une mère humaine, la terre nous donne protection, agrément, et elle pourvoit à nos besoins - économiques, sociaux et religieux. Nous avons des relations humaines avec la terre: celles d'une mère, d'une fille, d'un fils. Lorsque la terre nous est enlevée, ou est détruite, nous sommes blessés, parce que nous appartenons à la terre et que nous faisons partie de la terre".17

Deacon Djiniyini Goudarra

  • 11 y a une étroite relation entre les injustices de type social et celles qui concernent l'environnement.
  • Les injustices croissantes liées à l'environnement sont la conséquence des injustices sociales. On ne peut prétendre traiter les premières sans s'occuper aussi des autres.
  • Les modèles de production et de consommation actuellement en cours sont la cause principale de la dégradation de l'environnement.

EXEMPLES D'INJUSTICES PAR RAPPORT A L'ENVIRONNEMENT

1.2.2 Les Océans dans le Monde18

  • ils jouent un rôle régulateur pour le climat de la terre;
  • ils fournissent annuellement 100 millions de tonnes de nourriture;
  • ils sont riches en sels et produits minéraux (magnésium, nickel, cuivre);
  • ils peuvent fournir de l'eau douce par distillation.

On est en train de les polluer:

  • par des substances toxiques venant de l'industrie;
  • par les égouts, les détritus venant des secteurs urbains;
  • par des pesticides, des engrais, etc. provenant des méthodes modernes employées en agriculture.

1.2.3 Pollution du sol et de l'air

  • conséquence des combustions diverses liées à l'industrie;
  • émanations toxiques (notamment plomb) dues aux voitures;
  • nombre croissant de réfrigérateurs et de dispositifs à air conditionné (destructeurs de l'ozone);
  • décharge de déchets toxiques.

1.2.4 Érosion des sols et désertification

  • La désertification a des conséquences écologiques, sociales, économiques et humaines.
  • Elle se produit lorsque la terre arable perd ses arbres, ses buissons, ses herbes. La couche supérieure de terrain fertile est alors exposée au vent et aux intempéries. Cette terre privée de sa partie fertile est alors envahie par le sable.
  • Chaque année, environ 37 000 km2 de terre fertile se désertifient. A cela il faut ajouter environ 125 000 km2) de terre cultivable et de pâtures qui sont détruits ou gravement privés de leur substance. Et en fin de compte, ces surfaces deviennent si exposées que le désert finit par prendre le dessus.
  • La désertification gagne surtout en Afrique sub-saharienne, et aussi dans certaines régions d'Asie et encore sur la côte Est des USA et en Amérique Latine.

1.2.5 Déforestation

  • La forêt constitue le milieu vital pour beaucoup d'êtres humains, d'animaux, d'oiseaux et d'insectes. Elle fournit nourriture, médicaments, combustible, charbon de bois, bois et papier.
  • La végétation est le support de la vie humaine et animale de multiples façons. Protéger ce qui pousse sur le sol est la meilleurs façon de prévenir la désertification.
  • Les plantes vertes absorbent le gaz carbonique et dégagent de l'oxygène. Moins d'arbres équivaut à moins de gaz carbonique absorbé; or davantage de CO2 aggrave l'effet de serre.
  • Les forêts tropicales humides constituent les 3/4 de l'ensemble des forêts.

Ces forêts tropicales contiennent 60% des espèces végétales et animales du monde.

  • Les forêts tropicales sont en voie de disparition pour les raisons suivantes:
    • activités minières
    • industrie du bois de construction
    • construction de routes
    • élevage de gros bétail (pour exporter la viande bovine dans le Nord)
    • achat de terre.
  • Pays riches et pays pauvres consomment le stock mondial de bois dans des proportions sensiblement comparables: les pays pauvres l'utilisent pour survivre, tandis que les riches l'utilisent essentiellement pour leur confort (construction: 75% par les pays riches; papier: 87,5% par les pays riches).
    • Plus de la moitié des forêts tropicales du monde a disparu depuis 1950. Des études récentes montrent qu'un espace correspondant à la superficie de la Nouvelle Zélande est détruit chaque année.

Conséquences de la destruction des forêts tropicales:

  • La déforestation est la principale cause de l'élimination:
    • des populations indigènes qui vivent dans les forêts;
    • des espèces: animaux, oiseaux, plantes dont 7 000 composants pharmaceutiques.
    • une espèce disparaît toutes les 12 minutes. (On estime qu'il existe environ 30 millions d'espèces, dont 1,4 millions sont connues);
  • Importants changements climatiques, en raison de la destruction des réserves de carbone (houille, pétrole, bois).

Conséquences du Changement Climatique Accéléré:

  • Cela rend les points de repères que sont les conditions météorologiques plus incertains et les prévisions plus difficiles. Sécheresses, orages, inondations, ouragans seront vraisemblablement plus fréquents et plus dévastateurs que dans le passé. Glace, neige, glaciers tendent à se réduire.
  • Comme le réchauffement de l'atmosphère élève la température de l'océan, ce changement entraînera une montée du niveau de la mer.
  • Les effets sur l'Agriculture seront inégaux mais cependant sensibles. Certaines zones de terre arable seront perdues pour la culture. La désertification gagnera.
  • En conséquence, les changements au niveau de la quantité d'eau nécessaire seront dramatiques.
  • Les changements dans les conditions climatiques perturberont la vie dans les forêts, les pâturages et les autres écosystèmes.

Les effets de changements climatiques qui s'accélèrent accentuent les inégalités sociales dans et entre les pays.

1.2.6 Effet de Serre

  • Combustion de charbon, de pétrole, de gaz,
  • Dégagement de gaz industriel d'origine chimique,
  • Incendies de forêts,
  • Fermentations anaérobiques.

Tout cela augmente la quantité de gaz carbonique et d'autres gaz dans l'atmosphère. Cela entraîne une réduction de la diffusion de la chaleur dans l'espace. En conséquence, la chaleur est comme "piégée" dans une serre, et la terre se réchauffe.

1.2.7 Réduction de la couche d'ozone

• Le déversement (dégazage) des Chlorofluorocarbones dans l'atmosphère entraîne la réduction de la couche d'ozone qui protège la terre des rayons ultraviolets: on estime que cette couche d'ozone a diminué de 4 à 8% au cours des 10 dernières années.

Ce phénomène entraîne notamment les conséquences suivantes:

  • conséquences sur le système immunitaire
  • accroissement des cas de cancers de la peau
  • accroissement des maladies des yeux
  • réduction de la production de bois de construction
  • abaissement de la production de récoltes
  • perturbation du système régulateur des océans
  • dégradation due aux peintures et aux plastiques

1.2.8 Interdépendance des injustices d'ordre social et des injustices liées à l'environnement

  • 1 milliard d'êtres humains sont victimes d'affections et 2 millions meurent chaque année à cause de l'eau polluée qu'ils doivent utiliser pour boire ou pour se laver;
  • en l'an 2000, on prévoit que pour 2,5 milliards d'êtres humains, la consommation de bois sera plus forte que le rythme de sa régénération;
  • les 20% de la population, les plus riches, consomment 85% des ressources en énergies non renouvelables;
  • l'industrie continue à produire 2,5 milliards de tonnes de déchets toxiques chaque année et à les déverser dans les pays pauvres;
  • 17 des principales zones de pêche ont atteint ou dépassé leur seuil de renouvellement naturel, et 9 sont en diminution sensible;
  • la consommation de combustibles fossiles (houille, pétrole, gaz) a augmenté de presque 400% depuis 1950.

1.2.9 Exemples d'engagement en faveur de l'environnement

Un exemple d'action réussie pour un groupe écologique:

Élue au Sénat en 1994, Marina Silva de Souza a atteint la célébrité autant qu'il est possible à une femme de le faire au Brésil. Mais elle n'a jamais oublié ses origines. D'une famille pauvre de onze enfants vivant de la récolte du caoutchouc en Amazonie, elle passa sa jeunesse à chasser, pêcher et récolter le caoutchouc. Dans les années 1980, elle rejoignit Chico Mendes pour organiser des manifestations pacifiques contre la déforestation de l'Amazonie, et l'expulsion des familles vivant de la récolte du caoutchouc, qui dépendaient de la forêt tropicale pour vivre. Le mouvement rencontra une grande résistance de la part des riches propriétaires terriens et des éleveurs, qui s'étaient engagés dans une opération de déforestation à grande vitesse. "Nous nous demandions", disait-elle alors, "si quelqu'un écoutait ce que nous disions". Mais ils ont été entendus et la croisade menée par les "seringueiros" ("rubber tappers") a servi de modèle à des groupes écologiques de base à travers le monde. Depuis la fin des années 80 et l'assassinat de Mendes, Silva a continué à mener le combat, concentrant son effort sur la création de réserves de forêt tropicale protégées de toute tentative d'expansion agricole destructrice et conservées pour continuer à récolter le caoutchouc par les saignées dans les arbres, et les noix d'Amérique. Aujourd'hui, dans l'état d'Acre où elle vit, 1,9 millions d'hectares sont une réserve gérée par les communautés vivant dans les forêts. "Si j'ai la possibilité de voir un peu plus loin que d'autres", dit-elle, "c'est parce que je suis portée sur les épaules de ces géants que sont les paysans vivant de la récolte du caoutchouc, les indigènes Indiens et les scientifiques."19

Dans son récent livre "The Pire in thèse Ashes" (Le Feu sous la Cendre), Joan Chittister écrit que ce dont nous avons besoin aujourd'hui c'est une écologie de la vie, de la justice et de la paix, si l'on veut que la planète puisse survivre et que tous ses habitants puissent vivre une vie digne.20 Pour que la planète survive et que les humains puissent mener une vie digne, il nous faut changer notre système économique et nos critères de consommation qui entraînent le style de vie d'abondance qui est le nôtre.

Les exigences découlant de ce style de vie que nous menons entraînent comme conséquence d'appauvrir les pauvres et de ruiner la terre. Selon Sean McDonagh, "nous sommes la cause de changements importants sur le plan biologique et géologique, et nous commençons seulement maintenant à prendre conscience des conséquences de nos actes."21

L'ampleur même de l'enjeu risque de nous laisser démoralisés, démunis, sans savoir quelle attitude adopter. Et pourtant, pour ceux qui sont concernés par la justice chrétienne, par l'appel à oeuvrer pour la paix et à prendre soin de la création, cette attitude devrait être très claire. Il s'agit essentiellement d'avoir un rôle prophétique. Il faut dénoncer les structures dans ce qu'elles ont d'insoutenable, l'industrie dans ses dérives, et souligner les conséquences de nos pratiques consuméristes. Ce n'est pas le moment d'être pusillanimes. Nous vivons un temps où il faut de l'imagination: de nouvelles théologies prennent naissance; des liturgies inspirées de la création trouvent leur voie dans les églises; et des réponses créatives aux situations présentes peuvent être trouvées dans des lieux inattendus. Il y a beaucoup à faire. Wanagri Maathai, cette grande et courageuse responsable du "Kenyan Green Belt movement" (mouvement de la Ceinture Verte Kenyane) et militante infatigable pour planter des arbres nous invite à l'action:

«II ne faut pas vous contenter de dire que vous allez empêcher la désertification ou la déforestation, comme ça. Ce n'est pas un problème isolé et il n'y a pas une réponse unique. Il s'agit d'un ensemble fait de toutes sortes de problèmes qui s'interpénétrent. Et lorsque nous essayons de résoudre ces problèmes, ils ne vont pas être résolus parce que nous aurons rencontré les politiciens ou parce que nous aurons écrit de beaux documents. En fin de compte, nous ne résoudrons les problèmes qu'en nous engageant dans une action quelle que soit la place que nous occupons individuellement. C'est la raison pour laquelle je voudrais insister sur ce principe de l'action locale, mais en pensant globalement. En fin de compte, chacun d'entre nous doit prendre la décision de passer à l'action. Et laissons tous les discours, tous les documents continuer à être produits. Il en est ainsi depuis longtemps.»

Les problèmes liés à l'environnement peuvent être traités de diverses façons, au niveau de l'analyse des structures, à celui de la collaboration, à celui de l'action pratique locale ou dans une combinaison des trois. Une analyse des structures peut aider à identifier les intérêts dont nous bénéficions en contrepartie de la pollution industrielle que nous subissons, par exemple, etc. Des journées "ville propre" ou des activités "Greenpeace" ou un engagement "World Wildlife Fund" peuvent mettre en rapport avec un réseau, avec une série d'informations, des experts, des groupes de solidarité. L'action locale, chez soi, est ce qui garde notre vie "cohérente" sur un plan écologique, nous permettant de mettre la théorie en pratique. (Dans l'Annexe 2, on trouvera plusieurs suggestions pratiques pour répondre aux défis écologiques quotidiens).

Extraits d'un partage chez les Franciscaines Missionnaires de Marie des Philippines: Ethique écologique en vue d'une Transformation Personnelle et Sociale

  1. Justice aujourd'hui: Assez pour Vivre (SAPAT) pour Tous
    • SAPAT est le mot en langue locale des Philippines pour dire "assez", "suffisant".
    • "Les riches doivent vivre simplement, pour permettre aux pauvres tout simplement de vivre".
    • Accepter et adopter SAPAT comme façon de vivre, comme façon de se comporter en société, invite à une vision du monde et à une attitude dans la vie qui soient vraiment alternatives, qui se trouvent fortement en opposition avec la culture dominante.
  2. Les Principes de SAPAT
    • Premier Principe: Assez de destruction de l'environnement.
    • Deuxième Principe: Prends dans la nature seulement ce qu'il te faut, sans plus.
    • Troisième Principe: Mange et achète seulement ce qu'il te faut et qui te. suffit.
    • Quatrième Principe: Chacun doit avoir assez pour vivre en bonne santé et dans la dignité.

Au fil des ans, des avancées considérables ont été faites dans la direction de la protection de la nature, dans les secteurs où nos soeurs travaillaient. Au cours de l'action de protestation contre le déboisement illégal dans leur secteur, les Mangyans et les soeurs ont fait l'objet de tracasseries et de menaces. Cela a atteint une proportion critique lorsqu'un des responsables Mangyans a été poignardé.

Les Soeurs Comboniennes ont fait le choix suivant:

Pour commencer la campagne du "juste ce qu'il faut", limiter nos demandes personnelles et communautaires et nous contenter du simple nécessaire...

Ci-après une parabole pour susciter Réflexion et Discussion

LA MERE22

I était une fois une mère très aimante, féconde et prévoyante; dans son immense fécondité, elle engendra avec bonheur des centaines, ou plutôt des milliers d'enfants. Elle s'appelait "Terre", et ses enfants "hommes" et "femmes".

Avec un amour et une prodigalité totale, elle les régala d'une eau fraîche et pure, de fruits charnus et juteux, d'une herbe verte et fraîche pour s'y étendre, de nuits et de jours, de mois et de saisons.

Lorsque les hommes et les femmes, les enfants de la Mère Terre étaient petits, ils l'aimaient tendrement. Ils la caressaient nuit et jour de leurs mains et de leurs pieds nus.
Ils étaient si reconnaissants envers Mère Terre qu'ils instituèrent de grandes fêtes pour introduire et célébrer les saisons, la moisson et les récoltes, le commencement et la fin des pluies, des étés et des hivers.

Dans leur simplicité enfantine, ils la priaient même et lui rendaient un culte dans leurs champs, à la maison et dans leurs petits temples.

En grandissant et en devenant instruits et cultivés, les enfants de Mère Terre se montrèrent de plus en plus froids envers elle, et finirent par oublier toutes ses faveurs, et tout son amour et sa générosité. Leurs fêtes et leurs célébrations cessèrent. Leurs prières s'arrêtèrent dans leur gorge. Ils oublièrent son culte, et considérèrent avec horreur et mépris leurs anciennes prières, fêtes et célébrations. Et en devenant encore plus "civilisés", ils apprirent à arracher de son sein, par ruse et par force, les trésors qu'elle cachait pour les hommes et les femmes encore à naître!

Finalement, maintenant, en atteignant le point culminant du développement, les hommes ont changé d'attitude envers leur douce mère. Mère Terre est maintenant une rivale à conquérir, une bête sauvage à prendre au piège et à soumettre, une avare à dépouiller totalement. C'est ainsi que ses enfants la "dépècent" brutalement, la mutilent, la dépouillent de son manteau de beauté et la polluent. Et pendant ce temps-là, dans le monde entier les intellectuels, les philosophes et les grands penseurs ne cessent de répéter: "Nous avons fini par conquérir la terre. Nous connaissons les secrets de la nature. Nous avons émancipé les hommes de l'obscurantisme, de la peur des phénomènes naturels et de la superstition. Nous voici maintenant riches et prospères. Un avenir brillant nous attend. Plus besoin de prier ou d'honorer qui que ce soit!"

Mais je demande: "En est-il vraiment ainsi ? Pouvons-nous vivre sans notre Mère?"

QUESTIONS:

  1. Qui sont les enfants du monde ? Est-ce là seulement une figure de style poétique ou bien est-ce que cela exprime une réalité? Expliquez.
  2. Que ressentaient les "primitifs" (hommes et femmes) à l'égard de la terre et de la nature ? Comment l'exprimaient-ils?
  3. Est-ce qvie les fêtes, célébrations, rites et mythes des humains "primitifs" avaient quelque valeur? Laquelle?
  4. Est-ce une perte ou un avantage que ces fêtes aient disparu? Pourquoi?
  5. Qu'éprouvent les humains modernes à l'égard de la terre? Qu'est pour eux la terre?
  6. Comment se fait-il que leur attitude à l'égard de la terre ait changé si radicalement?
  7. De nos jours que font les humains modernes à la terre?
  8. La terre peut-elle supporter encore longtemps d'être malmenée, pillée, violée dans ses ressources? Pourquoi?
    Quelles seront les conséquences de tout cela?
  9. Comment des êtres humains "raisonnables" devraient-ils user (non pas abuser) des richesses et des ressources de la terre pour empêcher ces conséquences catastrophiques?

UNE PARABOLE

Pour la Réflexion Personnelle

l était une fois une classe,
où les élèves exprimèrent leur désaccord avec leur maîtresse.
Pourquoi seraient-ils concernés par
l'interdépendance mondiale, les problèmes mondiaux,
et ce que les autres pensent, sentent et font à travers le monde?
Et la maîtresse leur dit que dans un rêve
elle avait vu un de ses élèves cinquante ans plus tard.
L'élève en question était en colère et disait:
"Pourquoi ai-je appris tant de choses sur le passé
et sur l'administration de mon pays
et si peu de choses sur le monde ? ".
Il était en colère parce que personne ne lui avait dit
qu 'une fois adulte il serait confronté, presque chaque jour,
aux problèmes de l'interdépendance avec la nature sur le plan mondial,
problèmes de paix, de sécurité, de qualité de In vie,
de nourriture, d'inflation, de raréfaction des ressources naturelles.
Notre élève en colère se sentait victime
aussi bien que bénéficiaire.
"Pourquoi n 'ai-je pas été averti?
Pourquoi n 'ai-je pas été mieux éduqué?
Pourquoi mes maîtres ne m'ont-ils pas parlé des problèmes
et ne m'ont-ils pas aidé à comprendre
que je faisais partie d'une race humaine solidaire
Et de plus en plus en colère, notre élève se mit à crier:
"Vous m'avez aidé à développer mes mains
avec des machines extraordinaires,
mes yeux avec des télescopes et des microscopes,
mes oreilles avec des téléphones, des radios, et des sonars,
mon cerveau avec des ordinateurs,
mais vous ne m'avez pas aidé à développer mon coeur,
à faire grandir l'amour, le souci de l'ensemble de la famille humaine.
Oh ! maîtresse, vous ne m'avez donné que la moitié de la miche de pain l".

Rye Kinghorn,
cité par Robert Muller: La Naissance de la Civilisation Mondiale

1.2.10 Remarque de Conclusion

En tant que Religieux/Religieuses et
comme Promoteurs de Justice, Paix et Intégrité de la Création,
il importe que nous prenions très au sérieux
ce "nouvel ordre mondial".
En tant que Chrétien(ne)s, concernées par la construction du Royaume de Dieu,
il faut que nous soyons en état de recherche permanente du Plan de Dieu sur ce Monde.
Cela nous appelle à une relecture des Ecritures (Section II).
Il est nécessaire que les promoteurs/animateurs JPIC
se penchent avec beaucoup d'attention sur les problèmes de Justice
avant de passer à l'action pour les résoudre.
Il est nécessaire qu'ils suivent ce chemin parce
qu'ils ont besoin de comprendre les problèmes dont ils s'occupent.
Une méthode pour examiner ou analyser ces questions de justice
est requise, parce qu'il y a danger que
les situations empirent
si les militants pour la justice ne sont pas pleinement conscients des
facteurs qui sont à la racine de ces problèmes.
Notre action se réalise par le procédé de l'Analyse Sociale (Section III).


1 On éprouve le besoin de repenser une. partie de notre vocabulaire comprenant des termes comme "Premier Monde", "Tiers Monde" etc. D'un point de vue économique, le seul monde créé par Dieu est devenu un monde divisé en quatre, et parfois cinq mondes! Le terme "deux/tiers du monde" pourrait remplacer progressivement le terme "tiers monde", du fait que les peuples pauvres dans le monde d'aujourd'hui représentent plus ou moins les deux/tiers de la population mondiale.

2 Le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens a lancé un Plan Quadriennal (1996-2000) pour promouvoir la Dignité Humaine, pour Restaurer l'Espoir et pour tisser de Nouvelles Formes de Solidarité. Les détails de ce Plan apparaissent dans leur bulletin, INFOR, N° 154, (Bruxelles, Juillet-Août 1996).

3 Cette note concerne seulement l'édition en anglais.

4 Le Rapport sur le Développement Humain apparaît dans une publication annuelle du Programme des Nations Unies sur le Développement (UNDP).

5 Félix Wilfred, "No Salvation outside Globalisation" (Pas de Salut sans Mondialisation), SEDOS (Rome), 1996/305

6 Justice and Peace Magazine, Ecosse, Octobre 1996.

7 Nicoletta Dentico, "Mines antipersonnel: les sentinelles silencieuses de la mort". Conférence donnée lors de la Réunion Publique à perspective Éducative organisée par la Commission JPIC, en janvier 1995.

8 Development and Environment Kit, Norvège, 1991.

9 AMECEA (Service Documentation, Kenya, N° 462, Décembre 1996), p. 5.

10 Aruna Gnanadason, "Vers une théologie de l'éco-féminisme", (CCA News, Mai-Juin 1992).

11 "Resource Kit" sur les personnes déracinées, (Australie) p. 18

12 ibid., pp. 21,24-27

13 Michael Crosby, OFM Cap, "Corning to Terms with Violence", The CMSM Shalom Srategy,, USA, 1996, p. 18-20

14 Terry Miller et Marie Dennis dans leur article sur "The Global Face of Violence" dans The Shalom Strategy, expliquent les différentes formes de violence apparentes dans la société d'aujourd'hui (p. 164-172).

15 Michael Crosby, OFM Cap, "Corning to Terms with Violence", The CMSM Shalom Srategy,, USA, 1996. p. 36-37

16 Félix Wilfred, "No Salvation Outsise Globalisation" (Pas de Salut en dehors de la Mondialisation), in SEDOS, Rome, 96/305.

17 Récognition: The Way Forward (Reconnaissance: Chemin d'Avenir), document produit par thé Australian Catholic Social Justice Council, 1993, p. 20

18 Les exemples illustrés qui suivent sont pris de "The Environment and Development Kit" (Documentation audiovisuelle, Norvège, 1991)

19 Grass Roots Heroes" (Héros au ras du sol") - (Times, 29 avril 1996)

20 Sheed & Word - Kansas City. 1995, p. 102.

21 Passion for thé Earth (Passion pour la Terre), - (Goeffrey Chapman: London) 1994, p. 64.

22 Peter Ribes, SJ, Parables and Fables for Modem Mon , Vol. 4 (St. Paul's: Bombay, 1991) p. 70