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Christian Unity 2005

Einheit der Christen

Christian Unity

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Semaine de prière
pour l’unité des chrétiens

Introduction

Nous avons la joie de vous annoncer la naissance d’une nouvelle ère de collaboration entre le Conseil Pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (Eglise catholique) et la Commission Foi et Constitution (Conseil oecuménique des Eglises). Une nouvelle étape vient en effet d’être franchie en direction de l’unité des chrétiens. Cette année, pour la première fois, le texte pour la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui vous a été remis n’a pas seulement été préparé en commun par le CPPUC et Foi et Constitution mais est aussi conjointement publié par ces deux organismes. Même si certaines années cela avait déjà été le cas de facto, nous avons à présent également adopté un format commun.

Nous vous encourageons à faire bon usage de ce texte, naturellement au cours d’une semaine particulière au cours de l’année mais aussi comme base de votre prière personnelle et de prières publiques pour l’unité tout au long de l’année.

† Brian Farrell, Secrétaire Samuel Kobia, Secrétaire Général
Conseil Pontifical Conseil oecuménique des Eglises pour la promotion de l’unité des chrétiens

TEXTE BIBLIQUE POUR 2005

1 Corinthiens 3, 1-23

Pour moi, frères, je n’ai pu vous parler comme à des hommes spirituels mais seulement comme à des hommes charnels, comme à des petits enfants en Christ. C’est du lait que je vous ai fait boire, non de la nourriture solide : vous ne l’auriez pas supportée. Mais vous ne la supporteriez pas davantage aujourd’hui, car vous êtes encore charnels. Puisqu’il y a parmi vous jalousie et querelles, n’êtes-vous pas charnels et ne vous conduisez-vous pas de façon toute humaine ? Quand l’un déclare : « Moi, j’appartiens à Paul », l’autre « Moi à Apollos », n’agissez-vous pas de manière toute humaine ?

Qu’est-ce donc qu’Apollos ? Qu’est-ce que Paul ? Des serviteurs par qui vous avez été amenés à la foi ; chacun d’eux a agi selon les dons que le Seigneur lui a accordé. Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé, mais c’est Dieu qui faisait croître. Ainsi celui qui plante n’est rien, celui qui arrose n’est rien : Dieu seul compte, lui qui fait croître. Celui qui plante et celui qui arrose, c’est tout un, et chacun recevra son salaire à la mesure de son propre travail. Car nous travaillons ensemble à l’oeuvre de Dieu et vous êtes le champ que Dieu cultive, la maison qu’il construit. Selon la grâce que Dieu m’a donnée, comme un bon architecte, j’ai posé le fondement, un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit. Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place : Jésus Christ.

Que l’on bâtisse sur ce fondement avec de l’or, de l’argent, des pierres précieuses, du bois, du foin ou de la paille, l’oeuvre de chacun sera mise en évidence. Le jour du jugement la fera connaître, car il se manifeste par le feu, et le feu prouvera ce que vaut l’oeuvre de chacun. Celui dont la construction subsistera recevra un salaire. Celui dont l’oeuvre sera consumée en sera privé ; lui-même sera sauvé, mais comme on l’est à travers le feu.

Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu’un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est saint et ce temple, c’est vous.

Que personne ne s’abuse : si quelqu’un parmi vous se croit sage à la manière de ce monde, qu’il devienne four pour être sage ; car la sagesse de ce monde est folie devant Dieu. Il est écrit en effet : Il prend les sages à leur propre ruse, et encore : Le Seigneur connaît les pensées des sages. Il sait qu’elles sont vaines. Ainsi, que personne ne fonde son orgueil sur des hommes, car tout est à vous : Paul, Apollos, ou Céphas, le monde, la vie ou la mort, le présent ou l’avenir, tout est à vous, mais vous êtes à Christ et Christ est à Dieu. Traduction oecuménique de la Bible (TOB)

CELEBRATION OECUMENIQUE

Introduction

La célébration a pour thème : le Christ, unique fondement de l’Eglise.

L’assemblée commence par bénir le Christ pour son oeuvre de salut.

Ce service de prière est centré sur l’ensemble du texte de 1 Co 3 mais seuls les versets 10-13 sont retenus parmi les textes de la liturgie de la Parole. Les autres lectures permettent de développer le thème de la solidité et de la qualité de la construction de l’Eglise sur le Christ, pierre angulaire et fondement de notre unité.

La démarche pénitentielle et la prière pour le pardon sont placées à la suite de la proclamation de la parole de Dieu. Cela permet d’en faire un élément essentiel de ce culte. Certaines assemblées préféreront la laisser à sa place traditionnelle dès l’entrée. Cette partie vise à ce que chaque communauté procède à un examen de conscience collectif devant le Christ (v.4), fondement de l’Eglise une : expressions de repentance, symboles et témoignages y contribueront.

Annonçons-nous ensemble l’Evangile en reconnaissant et en partageant les dons que le Seigneur accorde à nos églises (v.5) ? Acceptons-nous le rôle complémentaire de nos églises dans certaines situations locales ? Reconnaissons-nous la primauté du Christ dont nous sommes les serviteurs ? Travaillons-nous vraiment ensemble à l’oeuvre de Dieu ? (v.9)

Le symbole proposé ici est celui de deux planches ou poutres de bois qui sont assemblées en une simple croix au cours de la célébration. Il entend évoquer à la fois les portes des enfers détruites depuis la Pâque du Christ et les matériaux solides habituellement utilisés pour la construction d’une maison.

Une fois cette croix posée sur le sol, d’autres symboles – de repentance, d’expression de notre foi et de notre appartenance sans équivoque à Christ pour l’édification de son Eglise – pourront au fur et à mesure y être déposés (veilleuses, graines de blé en germination, fleurs, dessins d’enfants, etc.)

Au cours des intercessions, inspirées de 1 Co 3, 1-23, l’assemblée confie au Christ, l’unique médiateur, l’oeuvre des chrétiens et la diaconie des églises dans le monde au-delà du domaine de l’oecuménisme.

Déroulement de la célébration

I. Ouverture de la célébration

Paroles de bienvenue

Chers frères en Christ : Nous voici réunis aujourd’hui pour rendre grâce à Dieu qui nous a appelés à rechercher l’unité. Nous le remercions au nom de tous ceux qui, dans les diverses parties du monde, aspirent et prient pour l’unité des chrétiens. En cette Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, c’est plus particulièrement avec les églises de Slovaquie que nous nous associons dans la prière et la méditation. Dieu leur a accordé de nouvelles opportunités de servir, de se réconcilier et de recevoir des dons spirituels. Stimulés par leur ministère, avec les chrétiens du monde entier, nous réfléchissons au fondement de notre foi commune qu’est Jésus Christ, notre Seigneur.

Alors que ce service de prière débute, deux traverses de bois seront apportées près de l’autel. Elles nous rappellent les portes de l’enfer brisées par le Christ et celles de notre vie nouvelle en lui. Le bois, les matériaux de construction traditionnels nous invitent aussi à réfléchir au fait que nous sommes tous appelés à construire et à promouvoir l’unité parmi les chrétiens. Pendant cette célébration, nous assemblerons ces deux morceaux de bois pour en faire une croix en signe du fondement sur lequel nous bâtissons, Jésus Christ.

(Procession sur fond musical)

Salut

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Amen.

Paroles d’introduction

Quant au fondement, nul ne peut en poser un autre que celui qui est en place Jésus Christ ( 1 Co 3, 11).

Prière d’introduction

Prions ensemble (bref silence).
Seigneur, Dieu vivant, nous te rendons grâce pour les oeuvres magnifiques que tu as accomplies parmi nous. Nous te rendons grâce en particulier pour ton Fils Jésus Christ qui, en acceptant de mourir sur la croix, nous a offert le salut. Garde-nous près de lui, au pied de la croix où nous cherchons le réconfort et la joie, la guérison et la sagesse. Avec tous tes fidèles, en paroles et en actions, nous chantons ta louange, par Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec toi et le Saint-Esprit, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.

Action de grâce

L : Lecteurs : 1, 2
A : Assemblée

Après chaque strophe composée en « Je » – où le sujet parlant est le Christ –, l’assemblée bénit le nom duSeigneur . Elle s’adresse ensuite à lui dans une réponse chantée formulée en « nous ».On peut commencer la lecture par : « Ainsi parle le Seigneur Jésus ».

L1 Parce que je t’aime, ô mon peuple, à Bethléem je suis né.
J’ai reçu le nom d’Emmanuel
Car je suis Dieu avec toi pour les siècles.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 Je suis descendu dans le Jourdain où je fus baptisé dans l’eau en signe du baptême dans l’Esprit qui allait venir pour que toute chair soit purifiée et renouvelée.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 J’ai été conduit au désert par l’Esprit pour y affronter le tentateur, le vaincre et te libérer de ses chaînes.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 J’ai proclamé la bonne nouvelle du règne du Père :
Règne de justice et de miséricorde d’amour et de vérité, de paix et de bonheur.
J’ai accompli les signes des temps nouveaux, mes mains guérissaient les malades,
Ma présence apportait la paix.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Je t’ai rassemblé, petit troupeau, comme la poule rassemble ses poussins, comme le berger rassemble son troupeau.
J’ai voulu te prendre sur mes épaules et te conduire au paradis.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 J’ai rompu le pain et donné le vin nouveau pour faire alliance avec toi et te donner la vie en abondance.
J’ai prié le Père pour que ma joie soit en toi.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Sur le bois de la croix, j’ai rendu l’esprit, je suis mort pour le pardon des péchés et pour rassembler les enfants dispersés du Père, et j’ai ouvert les portes des enfers.
Le troisième jour je suis ressuscité des morts.

A Seigneur, nous te bénissons.

L2 D’auprès du Père, je répands sur toi mon Esprit-Saint.
Il te rappellera tout ce que je t’ai enseigné.
Il est le souffle de vie
Il est lumière et consolation, force de ton témoignage, inspiration de ta prière.

A Seigneur, nous te bénissons.

L1 Ecoute-moi, ô mon peuple, je suis avec toi tous les jours jusqu’à la fin des temps, afin que vous soyez un comme moi je suis un avec mon Père, afin que le monde croie.
Ecoute ma voix, ô mon peuple, et suis-moi pour qu’il n’y ait qu’un seul troupeau et un seul Berger.

A Seigneur, nous te bénissons.

Hymne de l’Assemblée (Réponse chantée)

  • soit Ephésiens 1,
  • soit « Gloire à Dieu au plus haut des cieux »,
  • soit « A Toi la gloire »,
  • ou une autre hymne de préférence au Christ.

II. Liturgie de la Parole

Prière avant les lectures bibliques

Fais luire en nos coeurs, Seigneur ami des hommes et des femmes, la pure lumière de ta divine connaissance. Ouvre les yeux de notre esprit pour l’intelligence de ton message évangélique. Inspirenous le respect de tes bienheureux commandements, afin que, réprimant en nous les désirs de la chair, nous menions une vie selon l’Esprit, orientant toutes nos intentions et toutes nos actions vers ton bon plaisir. Car tu es la lumière de nos âmes et de nos corps, ô Christ Dieu, et nous te rendons gloire, avec ton Père Eternel et ton Esprit très saint, bon et vivifiant, maintenant et à jamais, dans les siècles des siècles.

  • Lectures (Choix 1 ou choix 2)
    • Choix 1 Gn 28, 10-17
    • Choix 2 1 Co 3, 1-23
      Ps 118, 16-24 Ps 118, 16-24
      1 Co 3, 10-13
  • Hymne
  • Évangile : Mt 7, 24-27
  • Prédication (ou témoignages)
    Nous recommandons une prédication brève.
  • Hymne (l’offrande peut avoir lieu durant cet hymne)
  • Confession et Pardon (fond musical)

Deux personnes assemblent les deux traverses de bois pour en faire une croix. Elles disposent la croix sur le sol, dans un endroit bien visible de l’espace cultuel. Entre chaque expression de repentance, les membres de l’assemblée peuvent s’avancer pour déposer sur la croix le symbole du Christ fondement de l’Eglise qui aura été choisi : veilleuse, fleur, graines de blé en germination, dessins des enfants... Ce geste d’apport d’un symbole sur la croix est expressif de notre désir de conversion et de notre appartenance renouvelée au Christ pour l’édification de l’Eglise une.

L1 Seigneur, tu es paix et réconciliation!

L2 D’avoir souvent choisi la jalousie et l’animosité plutôt que la confiance et l’estime entre églises, pardonne-nous Seigneur. (silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu nous combles de tes bénédictions dans l’unité de la foi!

L2 D’avoir parfois choisi de nous replier sur nous-mêmes dans le refus d’être entre Églises, bénédiction les unes pour les autres, pardonne-nous Seigneur. (silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu as donné aux affligés la joie, aux captifs le libération, aux pécheurs le pardon!

L2 D’avoir fermé nos mains et détourné notre visage de ceux et celles qui ont besoin d’aide, pardonne-nous Seigneur (silence – dépôt d’un symbole)

L1 Seigneur, tu nous as rassemblés comme le berger rassemble son troupeau et s’en va chercher la brebis perdue!

L2 De nous être égarés souvent loin de Toi, d’avoir repoussé tes bras et accentué ainsi nos divisions, pardonne-nous Seigneur. (silence – dépôt d’un symbole)
On peut ajouter ici des témoignages d’ouverture à l’oecuménisme, ayant exigé une réelle conversion personnelle ou communautaire.

Prière pour le pardon

Dieu tout puissant, nul ne peut établir un autre fondement que celui qui a été posé. Ce fondement est Jésus Christ. Nous reconnaissons en cet instant que nous n’avons pas été capables de bâtir sur ce fondement de manière à devenir la construction de Dieu. Nous avons parfois même été les instruments de sa dégradation. Même si notre oeuvre devait être perdue, sauve-nous et donne-nous une nouvelle chance de tendre à l’unité. Fais-nous désirer ardemment l’unité de ton Eglise et donne-nous d’y travailler avec efficacité. Amen.

Echange d’un signe de paix

  • La paix du Seigneur soit toujours avec vous
    • Et avec votre Esprit.
  • Frères et soeurs, donnons-nous la paix.

Symbole de Nicée-Constantinople

III. Prières et intercessions

L’apôtre Paul a adressé cette Epître aux Corinthiens pour les encourager. Puissions-nous avoir la même espérance que l’église de Corinthe quand nous prions pour l’Eglise de Dieu et pour tous les hommes.

Dieu saint et éternel, nous te remercions d’appeler chacun d’entre nous par son nom. En toi nous vivons, nous agissons et nous grandissons. Nous prions pour les églises et les chrétiens du monde entier. Rappelle-nous notre fondement commun en Christ. Fais que nous vivions toujours plus dans la foi et l’amour jusqu’à ce que nous parvenions à l’unité que tu veux.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Répands sur nous ton Esprit afin que nous connaissions Jésus Christ et puissions témoigner de notre vie et de notre unité en lui. Puissions-nous connaître son esprit de manière à proclamer la sagesse de Dieu partout dans le monde. Affermis-nous dans notre action en faveur de la paix et de la réconciliation dans l’Eglise et la société.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous prions pour les églises de Slovaquie et toutes celles qui traversent une période de mutation, que celle-ci implique la croissance ou des difficultés, la réconciliation ou des conflits. Inspire-les et affermis-les dans leur témoignage et leur service.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous prions pour ceux qui sont sans abris, sans pays, sans nourriture, sans travail, sans médicaments, sans paix. Puissions-nous reconnaître et servir le Christ à travers ceux qui souffrent et sont dans le besoin.

Rassemble-nous tous en Christ,
Fais de nous ta demeure.

Nous te rendons grâce pour tous les dons de la création. Enseigne-nous à partager avec les autres notre temps, notre énergie, nos ressources, notre amour. Rends-nous plus sensibles et attentifs face aux blessures de la famille humaine et de la création. Puissions-nous être fidèles à notre mission et vivre longtemps sur la terre. Puissions-nous faire don de notre vie entière au Christ car c’est à lui que nous appartenons et c’est en lui que s’unissent toutes les choses de la terre et du ciel. Amen.

(Les fidèles sont invités à proposer des intercessions se référant à leur contexte de vie et à leur expérience personnels).

Le Notre Père (chacun dans sa propre langue)

IV. Bénédiction et renvoi de l’assemblée

Bénédiction (bénédiction d’Aaron)

Que le Seigneur vous/nous bénisse et vous/nous garde ! Que le Seigneur fasse rayonner sur vous/nous son regard et vous/nous accorde sa grâce ! Que le Seigneur porte sur vous/nous son regard et vous/nous donne la paix ! Amen.

Renvoi

Allez dans la paix du Christ .
Nous rendons grâce à Dieu.

TEXTES BIBLIQUES, MEDITATIONS ET PRIERES POUR LES HUIT JOURS

1er Jour: Appelés à la maturité spirituelle (1 Co 3, 1-4)

  • Os 2, 21-25 Je dirai à Lo-Ammi : « Tu es mon peuple »
  • Ps 24 Qui montera la montagne du Seigneur
  • Col 1, 25-28 Le mystère tenu caché tout au long des âges
  • Jn 15, 1-8 Je suis la vigne, vous êtes les sarments

Méditation

Dans son épitre à la communauté chrétienne de Corinthe, où il avait joué un rôle important en y jetant les fondements de la foi, Paul appelle avec ferveur les Corinthiens à la maturité spirituelle. Il loue les dons que Dieu a accordés à cette communauté, mais mentionne en même temps les rumeurs de division qui lui sont parvenues, en les résumant : Moi j’appartiens à Paul – Moi à Apollos – Moi à Céphas. Paul demande, alors de manière saisissante: Le Christ est-il divisé ?

Dans l’Ancien Testament il existe une tradition juive qui veut que Dieu donne à un peuple un nom correspondant à sa nature spirituelle afin de pouvoir l’appeler à la fidélité et à la conversion.

Pareillement, Paul définit les Corinthiens comme des hommes charnels, des petits enfants en Christ en regrettant de ne pouvoir leur parler, pour le moment, comme à des hommes spirituels. Il considère leur souci de fidélité immature e non conforme à l’esprit du Christ. Les paroles de Paul sont brusques, non pas parce que le comportement des Corinthiens est particulièrement mesquin, mais parce qu’il contraste fortement avec la grandeur et l’origine divine de leur vocation chrétienne, car ils sont le temple de Dieu où habite l’Esprit de Dieu. Ils appartiennent à Christ et recevrons toute chose en lui. Cette identité dans le Christ comporte une mission : avec Paul, ils doivent faire connaître le mystère tenu caché tout au long des âges; ils doivent annoncer ce mystère en proclamant la grande action rédemptrice de Dieu dans le Christ et en apportant leur témoignage par leur vie transformée.

Il faut rappeler que les divisions à Corinthe étaient liées aux conflits au sujet de l’accueil de la prédication des Apôtres : Moi j’appartiens à Paul – Moi à Apollos – Moi à Céphas. On peut voir ici le prélude des divisions qui, au cours de l’histoire, ont blessé notre unité en Christ bâtie sur la foi des Apôtres. C’est en effet en essayant d’approfondir la connaissance de la foi de l’Eglise primitive que les chrétiens s’efforcent aujourd’hui de retrouver leur unité. La question de Paul est toujours d’actualité :

Le Christ est-il divisé ? La maturité spirituelle signifie, en partie, savoir récupérer et incarner l’unité qui nous est donnée dans le Christ. En quelle mesure notre désunion dérive-t-elle du fait que nous ne sommes pas encore parvenus à une certaine maturité dans la foi et que nous ne percevons pas encore toute la grandeur de la vision chrétienne ? De quelle façon notre désunion nous empêche-t-elle de poursuivre la mission de salut et de réconciliation du Christ dans un monde déchiré et en peine?

Prière

Dieu de miséricorde, tu nous appelles constamment à une plus grande maturité spirituelle. Tu veux que nous t’appartenions. Ouvre nos coeurs et nos esprits à la grandeur de ton appel et aide-nous à persévérer sur le chemin de l’unité – en communion avec Paul, Apollos et Céphas – en proclamant et en nous engageant au service de ton oeuvre rédemptrice dans le monde. Amen.

2e Jour : Dieu donne la croissance (1 Co 3, 5-9)

  • Gn 1, 26–2,9 Le Seigneur Dieu planta un jardin en Eden
  • Ps 104 (103), 24-31 Tu renouvelles la surface du sol
  • Rm 8, 14-25 La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu
  • Lc 8, 4-15 Ce sont ceux qui entendent la parole et portent du fruit

Méditation

Pour parler aux gens de Corinthe, Paul emprunte l’image, familière pour eux, de la plantation et de la croissance. C’est une image rurale qui est prise pour illustrer l’action de Dieu qui agit directement parmi eux et suscite des serviteurs qui vont coopérer à son oeuvre.

Comme les Corinthiens, nous sommes invités à être des instruments, des serviteurs, des intendants fidèles qui doivent rendre compte de la manière dont ils accomplissent ce service. C’est une charge éminente que d’être dans ce service et d’être investi de la responsabilité du travail qu’on accomplit à la gloire de Dieu. Nous devons offrir nos talents à Celui que nous servons ; mettre nos compétences sur le seul fondement qui est le Christ afin de construire un édifice au service de l’amour.

Dieu a créé ce monde bon. Nous le voyons dans le premier chapitre de la Genèse. Les humains n’ont pas su se cantonner dans leur rôle. Nous avons détruit ce monde parfait. C’est pourquoi nous sommes appelés à un ministère de guérison dans le monde. Ce ministère nous unit. Il comporte de nombreux aspects qui transcendent les barrières confessionnelles et culturelles. Le monde est blessé, comme le voyageur gisant sur la route de Jérusalem à Jéricho. Nous ne devons pas avoir peur de toucher ce qui est détruit dans notre monde. Dieu veut guérir par notre intermédiaire. La création attend avec impatience que vienne de Dieu la guérison.

Dans l’unité recherchée, les chrétiens peuvent échanger leurs expériences propres pour démontrer qu’au-delà de « Paul et d’Apollos », ils sont à Christ. Lui seul peut les faire grandir dans l’amour du Père, au service de l’Esprit de sainteté et d’unité qui veut sauver le monde et ses laissés pour compte.

Prière

O Dieu !
Nous Te remercions pour la confiance et la bénédiction que Tu accordes à ceux qui travaillent à l’avènement de ton Règne dans ce monde. Aide-nous à découvrir de nouvelles possibilités de manifester ton action au service de ceux qui nous entourent; que nous servions, plutôt que de chercher à être servis, et que ton pouvoir de guérison agisse parmi nous. Tiens-nous unis comme une seule famille de ton Fils unique, fais que nous soyons des économes fidèles de ta création afin que, par les hommes et les femmes, les petits et les grands, les choses et les gens, Tu sois reconnu comme vivant et vrai, sauveur et créateur de tout. Amen.

3e Jour : Christ est le fondement (1 Co 3, 10-11)

  • Es 28, 14-16 Je pose une pierre à toute époque, une pierre angulaire, établie pour servir de fondation
  • Ps 118 (117), 16-24 La pierre rejetée est devenue la pierre angulaire
  • Ep 2, 19-22 Jésus Christ comme pierre maîtresse
  • Mt 7, 24-27 La maison bâtie sur le roc ne s’écroulera pas

Méditation

En Christ, Dieu a posé, par l’oeuvre du Saint-Esprit, le fondement commun pour tous les baptisés. Les chrétiens peuvent donc affirmer leur foi en Christ, le seul fondement sur lequel l’Eglise de Dieu est bâtie. Puisque nul ne peut en poser un autre, les chrétiens confessent ensemble que ce que Dieu a réalisé dans le Christ est le fondement sur lequel leur foi est bâtie. Cette conviction est source de gratitude et d’humilité.

Dans leurs effort de s’enraciner dans cet unique fondement, les chrétiens doivent faire face continuellement à des voix qui contredisent et rejettent le Christ. En ces circonstances, les chrétiens sont appelés à être comme le levain de la société, confiants dans l’aide de la grâce de Dieu. Ainsi, devant les épreuves, ils ne doivent jamais vaciller. Puisque Jésus a été rejeté, ses disciples doivent être prêts eux aussi à subir les mêmes souffrances.

En nous appuyant sur le fondement que représente le Christ et son enseignement, nous pouvons affronter les défis de la société contemporaine. En tant que chrétiens, nous ne craignons pas d’utiliser, comme point de départ de notre témoignage dans le monde, ce que d’autres estiment inutile.

Les chrétiens sont convaincus que bâtir sur le fondement solide et commun qu’est le Christ, signifie travailler ensemble en partant du même point de départ et en se dirigeant vers le même but, c’est-à-dire l’unité de tous les disciples du Christ.

Ce que Jésus Christ représente pour nous prédéfinit, de façon unique et profonde, le caractère de toute activité que nous entreprenons ensemble ou séparément. La puissance de l’amour du Christ nous remplit de l’espérance que tout ce que nous créons en son nom est destiné à durer et à survivre au milieu des difficultés, car le Christ est le commencement et la fin.

Prière

Seigneur notre Dieu, à travers l’oeuvre du Saint-Esprit tu as établi dans le Christ le seul fondement sur lequel l’Eglise est bâtie. Nous te remercions de ce que tu as fait pour nous dans le Christ. Nous te remercions également de soutenir continuellement l’Eglise contre toutes les tentatives qui visent à sa destruction. Aide-nous par ta grâce à construire sur le fondement que tu a posé en Christ notre Seigneur. Amen.

4e Jour : Que l’on bâtisse sur ce fondement (1 Co 3, 12-13)

  • Ne 2, 17-18 Allons rebâtir la muraille de Jérusalem
  • Ps 127 (126) Si le Seigneur ne bâtit la maison, ses bâtisseurs travaillent pour rien
  • 1 Co 12, 4-11 Il y a diversité de dons, mais c’est le même Esprit
  • Mt 20, 1-16 Un maître de maison sortit de grand matin, afin d’embaucher des ouvriers pour sa vigne

Méditation

Le Christ est le don de Dieu au monde. En lui sont révélés le salut et la libération de l’humanité tout entière. Il est le fondement et la source de la vie nouvelle que Dieu nous a donnée. Ce don de Dieu est complet. Nous n’avons nul besoin d’y ajouter quoi que ce soit.

Toutefois, cela ne signifie pas que nous devrions rester passifs et détachés. Paul nous exhorte à bâtir sur les fondations. Il souligne quelle est notre vocation et comment nous devons y répondre. Nous sommes appelés à prendre part à l’oeuvre de renouveau que Dieu a entreprise et à travailler dans sa demeure.

Dieu nous a donné différents dons (1 Co 12). Nous devons les utiliser dans un seul but : glorifier le Christ et la puissance de sa paix. Par notre travail, nous devons témoigner de l’amour de Dieu et de notre unité en Christ.

Toutefois, si l’on considère l’histoire des églises, on s’aperçoit que tout ce qui est fait au nom du Christ n’est pas forcément « à l’image du Christ ». Parfois, le Christ et sa réconciliation ont été éclipsés par l’arrogance, les divisions et la lutte pour le pouvoir. « Bâtir l’Eglise » ne signifie pas ériger des barrières confessionnelles les uns contre les autres ou encore bâtir nos propres « monuments ».

Aujourd’hui, les églises doivent enseigner à construire des ponts et à collaborer . Elles témoigneront ainsi de d’espérance et du fruit de leur unité dans le Christ. Les vieilles blessures peuvent être guéries et les nouveaux défis de notre monde en mutation peuvent être affrontés ensemble, chacun respectant les traditions et les dons de l’autre.

Le fondement commun que nous avons en Christ fait de nous des frères et des soeurs. Il est la base sur laquelle bâtir l’unique et véritable Eglise du Christ, pleine d’amour pour les pauvres, les marginaux et qui s’en remet à Dieu et à l’espérance de l’avènement de son Règne.

La réconciliation de Dieu nous engage tous, en tant qu’individus et en tant qu’églises, à être des pierrevivantes de notre unité dans le Christ. Ainsi notre fondement en Christ apparaîtra de façon toujours plus évidente.

Prière

Seigneur, nous te rendons grâces pour le don unique de vie et de paix que tu nous a fait à travers ton fils Jésus Christ. Nos églises ont reçu de toi des dons nombreux et divers. Aide-nous à voir cette diversité comme un enrichissement qui nous permet de bâtir ta maison dans le monde. Fais que nous puissions montrer ce qui sauve notre unité et nous aidera à porter ton amour aux hommes et aux femmes parmi lesquels nous vivons. Amen.

5e Jour Dieu juge nos efforts de bâtisseurs (1 Co 3, 13-15)

  • Gn 4, 2 Suis-je le gardien de mon frère
  • Ps 51 (50), 1-4, 9-13 Contre toi, et toi seul, j’ai péché
  • Ph 2, 1-5 Considérez les autres comme supérieurs à vous
  • Mt 25, 14-30 Un homme confia ses biens à ses serviteurs

Méditation

C’est un miracle perpétuel que Dieu, de tous temps, ait voulu et ait besoin que les hommes participent avec lui à l’oeuvre qu’il accomplit dans le monde. Bien que le fondement, Jésus Christ, ait été posé, nous devons continuer à assumer notre devoir de bâtisseurs. En expliquant cela aux chrétiens de Corinthe, Paul insiste également sur le fait que Dieu mettra à l’épreuve ce que nous bâtissons : il doit s’assurer que nous sommes de bons architectes. Notre salut ne dépend pas de nos oeuvres mais nous demeurons responsables de nos actions devant Dieu. Pour Paul tout cela était fonction du feu purificateur du jugement dernier qu’il estimait imminent. En ce qui nous concerne, nous sommes toujours dans l’urgence – chaque opportunité pourrait en effet être la dernière – et nous comprenons que nous serons jugés sur le bon usage que nous ferons des dons que Dieu nous a accordés pour bâtir son royaume. Les chrétiens de Slovaquie ressentent une urgence particulière à la découverte de nouvelles possibilités qu’ils veulent pouvoir offrir dans leur service chrétien à la communauté. Nous sommes tous responsables de nos actes à la fois devant Dieu et devant nos prochains. En fait, les églises aussi sont responsables les unes envers les autres de la quête de l’unité. Elles sont comme les serviteurs de la parabole auxquels le maître confie ses biens et demande d’en faire bon usage. Nous avons tous reçu un trésor : la vie de notre fragile planète, des frères et soeurs desquels prendre soin partout dans le monde, la précieuse nouvelle de l’Evangile à répandre. Ces biens sont donnés à l’ensemble du peuple de Dieu et sont pour nous une opportunité de partage avec les autres, d’apprentissage de nos succès et de nos défaites. Et notre capacité à bien oeuvrer et à bâtir ensemble est aujourd’hui encore mise à l’épreuve.

Prière

Seigneur, en venant à nous par ton Fils Jésus et en te manifestant à travers des personnes faillibles, tu t’es montré à nos yeux comme un Dieu vulnérable. Nous te rendons grâce pour la confiance que tu a placée dans le service et le travail que nous accomplissons pour bâtir ton royaume. Fais que nous restions attentifs à ta volonté et à ton dessein et éclaire-nous afin que nous puissions voir les besoins véritables des personnes autour de nous. Fais que nous soyons capables d’apprendre les uns des autres afin d’être unis dans notre responsabilité mutuelle et dévoués au service de ton règne. Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen.

6e Jour : Vous êtes le temple de Dieu (1 Co 3, 16-17)

  • Gn 1, 26-27 Dieu créa l’homme à son image
  • Ps 8 Qu’est donc l’homme
  • 1 P 2, 9-10 Le peuple de Dieu
  • Mt 16, 24-27 Si quelqu’un veut venir à ma suite

Méditation

La question de l’identité n’est pas un sujet nouveau. Les êtres humains ont toujours tenté de comprendre et de vivre ce qu’ils sont vraiment et ce qu’ils sont censés être. Aujourd’hui, alors que nous vivons dans un monde caractérisé par des changements constants et un pluralisme diffus, la recherche d’une identité propre est devenue une question d’une importance croissante. Nous sommes confrontés à ce problème non seulement en tant que personnes mais aussi en tant que communautés et églises. Nous essayons de trouver notre propre identité dans ce qui nous distingue des autres et nous rend uniques.

Ce que disait l’apôtre Paul aux chrétiens de Corinthe, il y a 2000 ans, vaut également de nos jours.

Nous devons traiter le problème de l’identité sous une autre perspective : nous ne sommes pas « spéciaux » parce que nous sommes différents les uns des autres mais parce que nous avons reçu le don de l’Esprit-Saint, un don qui est présent en tout être humain étant donné que nous sommes créés à l’image de Dieu.

Nous sommes le temple de Dieu, sacré et digne. Personne n’a le droit de le détruire. Nous sommes ceux parmi lesquels Dieu veut se sentir chez lui – un lieu où son Esprit de bonté demeure. Dieu désire entrer en communion avec nous, ce qui indique et exige que nous soyons en communion les uns avec les autres. Etant donné que cet appel à la communion va bien au-delà des limites de nos communautés chrétiennes, le scandale de nos divisions en tant qu’églises chrétiennes en est intensifié et exige de manière impérative que nous les surmontions. Les différences font aussi partie de notre identité chrétienne car nous vivons dans des situations et des cultures différentes, nous sommes des hommes et des femmes, nous sommes marqués par nos expériences personnelles particulières et par l’histoire des communautés dans lesquelles nous vivons. Mais où que nous vivions, quels que soient les défis que nous devons affronter ou les talents que nous avons reçus, nous sommes unis par l’Esprit-Saint qui nous donne de vivre comme Dieu le désire et comme cela nous a été révélé en Jésus Christ : saints, capables d’offrir notre amour et de recevoir celui des autres.

Prière

Dieu éternel, tu as créé le ciel et la terre, tu a créé l’être humain à ton image en donnant à chacun de nous une identité et une dignité propres. Nous te rendons grâce pour le don de vie – de cette vie qui nous unit à toi et à ta création. Aide-nous, en tant que chrétiens et en tant qu’églises, à recevoir ce don dans toute sa plénitude afin que nous puissions surmonter tout ce qui entrave ou réduit ton don de vie.
Comble-nous de ton Esprit de bonté afin que nous puissions croître dans le Christ et devenir son image dans le monde. Amen.

7e jour : Folie et sagesse : la vie en Christ (1 Co 3, 18-20)

  • Jb 32, 7– 33: 6 C’est le souffle, l’inspiration du Puissant, qui rend intelligent
  • Ps 14 (13), 1-7 Le Seigneur s’est penché vers les hommes, pour voir s’il en est un qui cherche Dieu
  • 1 Co 1, 17-30 Ce qui est folie dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre les sages
  • Mt 10, 17-25 C’est l’Esprit de votre Père qui parlera en vous

Méditation

La démocratie et la liberté nous apportent beaucoup d’avantages, mais aussi des tentations. Cela est vrai pour les individus comme pour les églises. Dans les pays d’ancienne tradition chrétienne, les églises ont souvent été tentées par un accès au pouvoir ou un usage incorrects de celui-ci. En conséquence, leur témoignage s’est révélé moins porteur de la Parole de Dieu que de leurs conceptions humaines. Aujourd’hui, nous pourrions encore être tentés soit de nous appuyer sur des rapports de pouvoir et sur les avantages que peut procurer l’appartenance à une majorité, soit de délaisser les débats de nos sociétés, trop souvent futiles. Or, en tant qu’églises, nous avons reçu le commandement de témoigner qu’il est un fondement commun pour la vie du monde, à savoir Jésus Christ et sa parole, et que nul ne peut le changer.

Les prophètes ont souligné que ce qu’ils proclamaient n’était pas leurs propres paroles, pensées ou positions, mais une parole reçue de Dieu. Job s’entend dire qu’il lui faut chercher la sagesse ailleurs que dans ses propres réserves, dans le souffle de Dieu. L’apôtre Paul a puisé dans cette sagesse pour proclamer à tous le Seigneur Jésus Christ crucifié. Il dit avoir décidé de ne rien savoir d’autre que Jésus Christ. Pour le message/l’évangile du Christ crucifié, il était prêt à passer pour un fou aux yeux des sages de son temps. Il écrit aux chrétiens de Corinthe que la sagesse de Dieu est d’offrir le salut « par la folie de la prédication » : le Christ crucifié. C’était un scandale et une folie pour les gens de ce temps. Mais Paul dit que la folie de Dieu est plus sage que la sagesse humaine, et que la fragilité de Dieu est plus solide que la force humaine. Le Christ que nous montrent les Evangiles n’agit pas en héros mais comme celui dont le pouvoir n’est pas de ce monde. Il se penche sur les laissés-pour-compte, il touche les mourants, il pardonne les péchés, même là où les justes et les gens pieux ne voyaient aucune possibilité de pardon. C’est là le Dieu qui est descendu dans la poussière des chemins des humains.

La parole de la croix nous a été confiée à nous aussi, les chrétiens d’aujourd’hui. Entre nos églises que la folie des hommes a séparées, l’accueil de l’unité peut paraître un projet insensé : au coeur d’un monde divisé, meurtri par les guerres et la violence, la recherche de paix et de réconciliation reste pourtant la seule sagesse. A la lumière de la croix, se dessine ici le fondement de notre témoignage commun. Avec le Christ, Dieu s’est penché vers l’humanité et il nous envoie vers ceux qui Le cherchent pour cette proclamation : le chemin de la vie passe par le Christ crucifié et ressuscité.

Prière

Dieu plein de sagesse et de vérité,
Tu nous as fait connaître la folie de ton amour quand les humains ont crucifié Jésus ton fils, ton unique, et quand tu l’as ressuscité comme Christ, nous avons reconnu ton immense sagesse.

Nous t’en prions : maintiens-nous à la suite de ton Fils sur l’étroit chemin de Vie.

Donne-nous de proclamer la bonne nouvelle du salut par la croix de Jésus Christ qui témoigne de la Vie pour tous. Que ton Eglise aujourd’hui demeure fidèle à Celui qui en est le fondement et qu’elle ouvre toutes les nations à la sagesse de ton Esprit. Amen.

8e Jour : Vous êtes à Christ (1 Co 3, 21-23)

  • Es 44, 1-8 C’est moi le premier, c’est moi le dernier
  • Ps 89 (88), 1-4 Ta bonté est établie pour toujours
  • Ap 4, 1-11 Ils adoraient le Vivant pour les siècles des siècles
  • Mc 9, 33-35 Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous

Méditation

Nous appartenons au Christ. Nous sommes à lui et à personne d’autre. C’est sur quoi se fonde notre unité : par le baptême, le Christ nous a revendiqués pour lui-même et nous a faits un en lui. L’unité à laquelle nous avons part en Christ est plus grande que toutes les différences, passées et présentes, qui divisent aujourd’hui nos églises. De par notre appartenance au Christ, nous appartenons les uns aux autres et sommes responsables les uns envers les autres. C’est pourquoi le Christ nous appelle à édifier ensemble son corps, qui est l’Eglise, comme des compagnons de travail et des serviteurs fraternels. C’est pourquoi les chrétiens et les églises sont appelés à vivre et à oeuvrer ensemble, tels des frères dans leur témoignage de leur foi et dans leur service en faveur des personnes qui sont dans le besoin. C’est pourquoi les divisions, les désaccords, les querelles et les factions qui naissent autour de personnes (qu’elles s’appellent Paul, Apollos ou Céphas), toutes ces fractures rejettent non seulement nos frères et soeurs en Christ mais le Christ lui-même. En tant que temple de Dieu, l’Eglise est un lieu de prière et prier ensemble est la plus puissante expression de notre appartenance commune au Christ. Chaque prière commune est une victoire sur nos divisions et célèbre l’unité que nous avons réellement dans le Christ . Nous nous unissons à tous ceux qui - peu importe le lieu et l’époque - appartiennent ou ont appartenu au Christ et en esprit ont vénéré le Seigneur. Certes, nous n’agissons pas toujours en accord avec l’unité que nous a donnée le Christ.

Lorsque nous ne pouvons prier ensemble, en particulier autour de la Table du Seigneur, notre désunion est évidente à tous. C’est pour cela que toutes les églises sans exception ont encore beaucoup à «construire».

Parce que nous sommes à Christ, nous sommes à Dieu. Paul l’affirme avec audace: « tout est à vous ».

Avec nos compagnons de travail et nos frères dans le service, notre vie et nos actions font partie du plan de Dieu pour toute la création. Dieu accomplit son oeuvre dans le monde, pour le salut et la guérison de ceux qui souffrent, pour la réconciliation de ceux qui sont en guerre, pour le renouveau de toute la création. Dieu nous juge également : nous savons que ce que nous édifions est mis à l’épreuve et que le résultat de nos actions sera rendu manifeste. Nous vivons par anticipation le bilan final qui sera fait de nos actions. Nous ne savons pas exactement quand et sous quelle forme aura lieu ce jugement mais nous savons que notre juge sera Dieu, qui est vie et bonté.

Nous louons Dieu et lui rendons grâces pour les richesses de la création et pour la rédemption dont il nous fait don, lui qui par son Esprit nous unit en Christ. Puissions-nous offrir notre édification commune de l’Eglise du Christ, notre recherche de l’unité comme louange à la gloire de Dieu.

Prière

Seigneur, Dieu de bonté, nous te rendons grâces pour nous avoir fait un en Christ. Renforce notre imagination et notre courage pour que nous puissions bâtir ensemble ton Eglise dans l’unité et dans l’amour. Fais que nos vies et la vie de nos églises soient un témoignage de ton amour pour nous et pour la création tout entière. Seigneur, accorde-nous dès maintenant l’unité. Amen.

Prières supplémentaires de la tradition slovaque

Prière de saint Cyril à l’approche de sa mort

Seigneur Dieu, toi qui as créé le choeur des anges et toutes les puissances célestes, toi qui as porté toute chose du non-être à la vie et qui écoutes toujours les prières de ceux qui font ta sainte volonté et qui, dans la crainte de toi, respectent tes commandements :

Ecoute, Seigneur, mon humble prière ; protège le troupeau des fidèles que tu m’as confié, moi qui ne suis que ton humble et indigne serviteur. Délivre-les de la malice impie et païenne de ceux qui blasphèment contre toi, détruis l’hérésie des trois langues, agrandis ton Eglise et conserve-la fermement unie.

Unis ton peuple dans la profession de sa foi et enflamme son coeur par la vérité de ta Parole. Tu nous a accordé une grâce immense en nous appelant à proclamer l’Evangile de ton Christ et ton peuple est prêt à accomplir ton oeuvre de bonté.
Je remets entre tes mains ceux que tu m’avais confiés – guide-les de ta main droite puissante et protège-les afin que tous chantent ta louange et glorifient ton saint nom, Père, Fils et Saint-Esprit, Amen.

Prière de Noël

Père céleste, source de toute bonté,

Nous te rendons grâce car dans ta miséricorde, tu nous as conduits à nous remémorer le jour glorieux de la naissance de ton Fils et tu nous donnes de le voir avec les yeux de notre foi.

Quelle immense joie ! Né pour nous, riches ou pauvres, il nous offre des dons merveilleux.

Il s’est fait Fils de l’homme pour que nous devenions fils et filles de Dieu.

Dieu éternel, que le firmament chante ta louange et que la paix sur terre nous soit accordée.

Jésus Christ, notre Sauveur, comment pouvons-nous te rendre grâce pour ton amour infini?

Accueille la louange reconnaissante de nos coeurs!

Illumine-nous de ton Esprit-Saint

Afin que nous n’oublions pas que c’est par la grâce de Dieu que nous vient le salut Et aide tous les hommes et les femmes à rejeter les passions impies de ce monde.
Ainsi nous serons transformés et nos vies seront droites et comblées de ta présence. Amen.

Cantique du matin

Dieu, notre Père, nous nous levons pour dire
Que ton nom soit loué en ce jour nouveau.
Pour que nous ayons la santé et la force s’élèvent nos prières,
Accorde-nous tous tes dons bons et parfaits.
Ô Fils de Dieu, nous t’implorons,
Que tout ce que nous désirons, proclamons et réalisons
Soit toujours agréable à tes yeux
Ce choix de prières a été réalisé et est présenté par le groupe local.
Saint Cyril, né en Macédoine et d’origine grecque et slave, traduisit les Ecritures en slave, la langue du peuple.
Ô Esprit-Saint de Dieu, préserve de la crainte
Tous ceux qui vivent ici bas dans la tourmente et la douleur,
Et quand le jour parmi le jour poindra
Couronne nos vies d’une gloire resplendissante.
Ji i Zábojník (1608-1672), pasteur luthérien

(prière traduite en anglais par J. Vajda 1969)

Ô Seigneur, Jésus Christ, notre Berger,
Toi qui nous donnes le salut, la joie et la force,
Avec amour pose ton regard sur nous,
regarde ton troupeau et protège-le.
Les loups nous encerclent et cherchent à détruire ton amour, jour et nuit,
Ils sont nombreux et sans ton aide, nous sommes impuissants.
Ils se rapprochent de nous et ton troupeau est sans défense.
Intercède pour nous, ô Prince de la paix.
Tu est mort pour nos péchés, nous implorons ton secours
Car nous savons que toi seul peut nous sauver.
Car à toi est la gloire et l’honneur pour l’éternité,
Ô bon berger, Dieu merveilleux
Qui nous gardes près de toi et à la fin
Nous conduira au ciel jusqu’à ton Père. Amen.

Prière de la tradition catholique:

Anima Christi - Ame du Christ
Litanie du Sacré Coeur de Jésus
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Situation oecuménique en Slovaquie

La Slovaquie est un nouvel état peuplé d’anciennes ethnies nationales. Les 5,3 millions d’habitants de la République Slovaque sont en majorités slovaques (86 %). Les hongrois constituent la plus importante ethnie minoritaire (11 %) et sont concentrés dans les régions situées au Sud et à l’Est du pays. La Slovaquie, dans cette partie de l’Europe, est la nation comptant en proportion la plus importante population Rom. Celle-ci est en effet estimée à environ 500.000 personnes. D’autres groupes ethniques sont également présents, tels les tchèques, les ruthéniens (ou « Rusyns »), les allemands et les polonais. Les immigrés les plus récents, parfois sans papiers, sont pour la plupart originaires des pays les plus pauvres de l’Europe de l’Est. Des groupes consistants d’immigrés russes, ukrainiens, serbes et bulgares se concentrent dans les villes les plus importantes.

Dans cette région, le christianisme fut tout d’abord introduit sous sa forme orientale au cours du IXe siècle grâce à l’activité missionnaire des saints Cyril et Méthode. Du XIe siècle jusqu’au début du XXe siècle, le territoire slovaque actuel fut dominé par les hongrois et devint ainsi à majorité catholique. Le renouveau national slovaque fut lancé au XIXe siècle par des intellectuels désireux de redonner vie à la langue et à la culture slovaques.

L’aspiration commune des tchèques et des slovaques à s’affranchir de l’Empire des Habsburg sera exaucée lors de la formation de la République tchécoslovaque en 1918, suite à la Première Guerre Mondiale. Le 17 novembre 1989 commencent toute une série de manifestations publiques - la célèbre « Révolution de velours » - qui conduiront à la chute du régime communiste en Tchécoslovaquie. En 1992, les négociations pour la nouvelle constitution fédérale connaissent une impasse sur la question de l’autonomie slovaque mais fin de 1992, un accord est conclu pour séparer pacifiquement la Tchécoslovaquie en deux : la République tchèque et la République Slovaque (RS).

Les conditions socio-économiques de la RS demeurent précaires, bien qu’elles soient en général meilleures si on les compare à celles des pays voisins situés à l’Est de la Slovaquie. Après les importantes élections législatives qui se tiennent en 2002 et qui signent la défaite des partis nationalistes, la Slovaquie pose sa candidature pour devenir membre de l’OTAN et de l’Union Européenne. Celle-ci est acceptée. L’entrée de la Slovaquie au sein de ces deux organisations ne manquera pas d’influencer fortement le développement futur du pays.

Au niveau national, le taux de chômage est supérieur à 15 % et dans certaines régions dépasse les 30 %. Les personnes les plus menacées sont naturellement celles connaissant le chômage à long terme.

Les Roms, les familles monoparentales, les enfants et les familles nombreuses sont autant de catégories vulnérables exposées au risque de pauvreté. Etant donné la précarité de sa situation sociale et sanitaire, la population Rom a une espérance de vie inférieure de 15 % par rapport à la moyenne du reste des habitants slovaques.

En Slovaquie, l’oecuménisme sous ses formes organisées est né dans le milieu des églises protestantes dont le but était de faire valoir leurs intérêts par rapport à la majorité catholique. En 1927 fut fondée l’Union des Eglises évangéliques de Tchécoslovaquie (la Slovaquie en fut membre de 1918 à 1993).

C’est au sein de cette Union que naquirent les premiers contacts avec le mouvement oecuménique international encore très jeune. Les représentants de certaines églises avaient acquis une conscience accrue de l’importance de ce mouvement qui commençait à se développer en Europe et dans le monde entier depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il leur apparaissait clairement que le message de l’Evangile devait unir les églises et non pas les séparer. Le 20 juin 1955 fut fondé le Conseil oecuménique des Eglises de Tchécoslovaquie.

Après la division de la Tchécoslovaquie en deux états différents, l’activité du nouveau Conseil oecuménique des églises de Slovaquie (COERS) débuta lors de sa première assemblée, le 15 avril 1993.

Les chiffres ci-après indiqués, empruntés au recensement effectué en 2001, donneront une idée de la répartition des chrétiens en Slovaquie : catholiques (68,9 %) et gréco-catholiques (uniates) 4 % - total 72,9 %) ; luthériens 6,9 % ; réformés 2,03 % ; orthodoxes 0,93 % ; confessions restantes moins de 0,1 %). Il existe une certaine corrélation entre affiliation religieuse et appartenance à une ethnie. La majorité des chrétiens réformés sont d’origine hongroise et la plupart des orthodoxes sont des immigrés ruthéniens ou ukrainiens. La population totale de la Slovaquie s’élève à 5,3 millions d’habitants. Dans un tel contexte, le Conseil oecuménique représente principalement les « plus petites églises ».

En 2000, le gouvernement slovaque a signé un traité international avec le Vatican réglementant ses relations avec l’Eglise catholique. Au mois d’avril 2002, le gouvernement a également signé un accord avec les onze églises officielles membres du COERS afin que leur soit attribué le même statut que celui dont jouit l’Eglise catholique. Cet accord au niveau national est sensé garantir la reconnaissance, le statut et l’aide financière aux églises et au COERS. Le soutien que l’Etat apporte aux écoles religieuses a également été renforcé.

Le programme de Table Ronde constitue un instrument essentiel pour les églises de Slovaquie dans le renforcement de leur service. Depuis 1996, ce programme a soutenu un grand nombre de projets présentés par les églises membres ou par le secrétariat du COERS. En 2002, 113 projets ont été subventionnés pour un montant total de 210.000 Euros. Les domaines choisis étaient l’éducation, la diaconie sociale, la mission, le travail des médias et le développement de structures.

L’une des principales questions qui sera affrontée dans le futur est la transformation et la décentralisation du système d’aide sociale actuellement dépendant et géré par l’état. Les églises ont conscience de la portée historique de ce défi et sont actuellement en train de vérifier leurs potentiels afin de prendre la suite de certaines institutions dont l’activité sera placée sous la responsabilité de leurs structures diaconales.

L’oeuvre sociale des églises doit aussi tenir compte de la capacité croissante de l’économie slovaque à offrir des aides humanitaires. Le COERS s’emploie actuellement à faire le point de la situation et à évaluer les conditions nécessaires à la création d’un organisme d’assistance indépendant.

Parmi les églises de Slovaquie, un grand nombre de bons exemples d’activités oecuméniques sont entrepris par la base. A titre d’exemple, citons la Communauté oecuménique dans la ville de Kosice, centre industriel et administratif de la Slovaquie orientale. La plupart des églises de Slovaquie célèbrent la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens.